Agent des Eaux, forêts et chasse, Gnido Amandine Assogba Déléké a soutenu sa thèse de doctorat, option écologie et conservation des plantes sur le thème : « Evaluation ethnobotanique, écophénotypique et écologique du faux kapokier (Bombax costatumPellegr et Vuillet, Malvaceae) au Bénin : implications pour la conservation et la domestication ». C’était le lundi 3 juin dernier, dans l’amphi Soukpon du Laboratoire d’écologie appliquée (Lea) de la Faculté des sciences agronomiques (Fsa), devant un jury international composé de six membres.

Le jury a apprécié la thèse de Gnido Amandine Assogba Déléké et l’a déclarée digne de porter le grade de Docteur avec mention très honorable avec félicitations du jury. C’est en substance, la décision du jury présidé par Clément Agbangla, professeur titulaire, généticien,directeur de l’Ecole doctorale Sciences de la vie et de la terre de l’Université d’Abomey-Calavi,au terme de la présentation des travaux de recherche de Gnido Amandine Assogba Déléké, agent des Eaux, forêts et chasse. Elle s’en est sortie ragaillardie, grâce à sa maîtrise du sujet, comme l’ont mentionné les membres du jury, séduits par la qualité de sa thèse. L’impétrante, désormais Docteur de l’Université d’Abomey-Calavi a mené sa recherche,  sous la direction du Dr. Ir. Achille Euphrem Assogbadjo, professeur titulaire de Foresterie à l’Université d’Abomey-Calavi, pour contribuer à la valorisation, à la gestion et à la conservation de Bombax costatum au Bénin et en Afrique de l’Ouest, une espèce retrouvée dans la zone soudano-guinéenne et la zone soudanienne. Espèce agroforestière, Bombax costatum, selon l’impétrante, est menacée dans ses aires favorables au Bénin et en Afrique de l’Ouest, malgré sa très grande valeur économique et socioculturelle.
Dans sa recherche, l’impétrante a procédé à l’analyse critique des potentialités explorées de cette espèce. Elle en a sorti les usages qu’en font les populations, caractérisé la distribution actuelle et future de l’espèce au Bénin. Aussi, s’est-elle intéressée à la dynamique des peuplements afin de contribuer à la gestion et à la sauvegarde de l’espèce dans ses habitats favorables. Les résultats obtenus sont très probants, rassure-t-elle en faisant remarquer que son travail a permis de recenser quarante-six usages réunis en huit catégories dont alimentaire, artisanat, médecine, socioculturelle,  culturelle, bois de service…  Mais l’influence des conditions climatiques sur les habitats favorables de l’espèce, pourrait menacer les aires favorables à la culture et à la conservation de l’espèce à l’horizon 2055 si rien n’est fait. « En tant que forestier qui se lance maintenant dans la recherche, notre rôle est de trouver des stratégies pour pouvoir mieux étudier l’espèce afin de la domestiquer in-situ comme ex-situ. Nous lançons un appel à la population en ce qui concerne l’usage qu’elle fait de cette espèce et avec le temps, nous allons voir comment la domestiquer à travers la pépinière, les jardins de case, les jardins botaniques… Nous sommes contente de contribuer à l’évolution de la science au Bénin et par ricochet dans le monde», a confié Gnido Amandine  Assogba Déléké.
Pour sa part, le président du jury, le professeur Clément Agbangla a fait savoir que le travail de la jeune docteur apporte un plus dans la connaissance endogène des plantes pour leur utilisation efficace. « Pour utiliser de façon durable nos ressources en général, il faut qu’on apprenne à les conserver, et les conserver passe par le fait que nous devons éviter de les maltraiter. Les populations qui ne comprennent pas cet état de choses et qui utilisent à tort et à travers les organes de cette plante, si elle continue comme ça, il arrivera un moment où les plantes vont disparaître et ce serait très dangereux », a renchérit le généticien qui conseille l’utilisation efficace de Bombax costatum.

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