Le procès des deux accusés, Djessouwa Ahoui et Alexandre Sèdégnan, impliqués dans le meurtre de Dorcas Dada, objet du 6e dossier inscrit au rôle de la session supplémentaire au titre de la 1ère session de 2018 de la Cour d'appel de Cotonou n’est pas allé à son terme. Les deux avocats ont sollicité des mesures complémentaires en vue de la géolocalisation des appels émis entre les deux prévenus pour aider à la manifestation de la vérité.

La 6e affaire du rôle de la session supplémentaire de la 1ère session de la cour d’assises de Cotonou au titre de 2018 est renvoyée à une session prochaine. 

A la barre, les deux accusés n’ont pas permis la manifestation de la vérité. Le premier accusé Djessouwa Ahoui, pendant un long moment, soutient qu’il ne s’était jamais rendu à Sèhouè, localité où se trouvait sa copine, victime de meurtre. Pour lui rafraîchir la mémoire, le président de la cour lui rappelle qu’il a dit le contraire à l’enquête préliminaire. Toujours, la cour n’a pu rien tirer de lui pour la manifestation de la vérité. Même un extrait de ses déclarations antérieures « J’essayais de défendre ma copine Dorcas face à mon ami Alexandre qui la poignardait et j’ai reçu un coup de couteau dans la paume de main gauche » ne l’a pas amené à avouer qu’il était sur les lieux le jour du drame. Mais il a fallu que le ministère public évoque son amour pour sa copine pour qu’il soit touché et lâche : « j’ai été la voir pour la première fois le 6 mai 2015. Sur cette déclaration, l’accusé a été traqué par le ministère public qui relève qu’il a eu à dire à l’enquête préliminaire que la première visite à la victime remonte à avril 2015. Puis, pour mieux le confondre, le ministère public lui a donné lecture des relevés des appels téléphoniques entre lui et son ami Alexandre Sèdégnan sur la période du 3 au 9 juin 2015. Mieux, révèle le ministère public, le jour du drame, ils se sont appelés trois fois et le lendemain, plus de 10 fois. C’est sur la base de ces détails qu’il a senti la nécessité de s’en ouvrir à la cour. « Aujourd’hui est un grand jour », lâche-t-il en avouant qu’il était à Sèhouè le jour des faits. Il y était avec son ami Alexandre Sèdégnan qui a poignardé sa copine Dorcas. Selon lui, pendant ce temps, lui serait en train de se mettre à l’aise dans la brousse.
Son co-accusé, Alexandre Sèdégnan, défendu par Me Angelo Hounkpatin, ne se reconnaît pas dans ses déclarations. Selon lui, il n’a jamais suivi Djessouwa Ahoui à Sèhouè voir sa copine. Toutes les questions pour vérifier cette information ont été vaines. Pour Alexandre, c’est son ami même qui aurait tué sa copine et chercherait à lui inputer sa mort. Alors pour changer de stratégie et le confondre, le ministère public lui oppose les relevés des appels entre lui et son ami Djessouwa Ahoui défendu par Me Arthur Ballè. Mais là encore, le co-accusé continue de soutenir qu’il n’est pas l’auteur du meurtre de la copine de son ami. L'audience semblant s'enliser, le président l'a suspendue plus d'une fois.
Dès lors, les deux avocats ont sollicité que la cour prenne des mesures pour la géolocalisation des appels émis entre les deux prévenus le jour des faits. Car Alexandre soutient qu’il n’a pas quitté Lalo le jour du meurtre.
Ainsi, le ministère public a fait ses réquisitions pour le renvoi du dossier. Après en avoir délibéré, la cour a renvoyé l’examen de la cause. Car le dossier n’est pas en état de recevoir jugement.
Ce matin, la cour se penche sur la 7e affaire relative à un assassinat mettant en cause Florence Oumè Agbahoungba?

Les faits

Pour éloigner sa fille Dorcas des relations amoureuses que le nommé Djessouwa Ahoui entretenait avec celle-ci, son père l’a transférée du collège d’enseignement général de Toviklin à celui de Sèhouè où il lui a loué une chambre non loin dudit collège. En dépit de cela, Djessouwa Ahoui rendait visite à Dorcas à Sèhouè à l’insu de ses parents.
De peur que la fille lui échappe, Djessouwa Ahoui a commencé par menacer Dorcas ainsi que sa proche parente Véronique de façon récurrente. Ainsi, la nuit du 3 au 4 juin 2015, Dorcas a été tuée à plusieurs coups de poignard et son corps sans vie a été retrouvé sur un sentier à Sèhoué.
Interpellé, Djessouwa Ahoui a cité son ami Alexandre Sèdégnan comme coauteur des faits de meurtre.


Composition :

Président : Jules Chabi Mouka
Assesseurs : Malick Kossou et
Jurés : Paul Comlan Nankpon ; Prosper Coffi Gbèdandé ; Andréa Bachihoumba et Adolphe Dadaglo
Ministère public : Marie José Pathinvo et Angelo Togbé
Greffier : Christophe Chéou

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