Un séminaire sur le développement transfrontalier au Sahel s’est ouvert, ce mardi 3 juillet à Cotonou. Prévu pour durer deux jours, cette rencontre sous-régionale organisée par le Club Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (Csao) en collaboration avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la Coopération suisse, vise à proposer une vision alternative des frontières de la région et à mettre en lumière la contribution cruciale des espaces et populations frontalières au processus d’intégration régionale.

Comment l’urbanisation, le changement climatique et l’insécurité politique affectent-ils la coopération transfrontalière en Afrique de l’Ouest? Cette préoccupation est au cœur du séminaire sur le développement transfrontalier au Sahel dont les travaux ont démarré hier à Cotonou. La rencontre se penche également sur le rôle des initiatives locales dans la coopération transfrontalière et la promotion de la gouvernance locale dans la sous-région.
En effet, les 37 000 kilomètres de frontières qui divisent l’Afrique de l’Ouest ont longtemps été considérées comme un frein à l’intégration régionale. Critiques pour les coûts et les délais qu’elles imposent à la circulation des biens et des personnes, ces frontières ont été souvent décrites comme un obstacle artificiel entre communautés locales. Et, dans un contexte marqué par une recrudescence des trafics et du terrorisme international, les frontières sont également perçues comme des menaces pour la stabilité des Etats.
A l’ouverture des travaux du séminaire, le représentant du Conseil des collectivités territoriales de l’Uemoa, El Hadj Malick Diop, a déclaré qu’après seize ans d’expérience au cours desquels son institution a collaboré avec les administrations locales, elle est aujourd’hui à une étape de son intégration. Cette une vision qui, dit-il, s’inspire de l’expérience de la décentralisation des différents pays de l’union. Et toutes les collectivités locales doivent devenir des partenaires de l’Uemoa, ajoute-t-il.
Pour El Hadj Malick Diop, la thématique du séminaire de Cotonou est en phase avec la politique de l’aménagement du territoire de l’Uemoa. Grâce au plaidoyer du Conseil des collectivités (Cct) de l’Uemoa, le Programme de coopération transfrontalier local (Pctl), selon lui, incite les institutions régionales et les Etats à intégrer davantage la coopération transfrontalière locale dans leurs politiques publiques. Dans ce contexte, cette intervention montre comment les financements du Pctl favorisent le développement économique local, améliorant les conditions de vie des habitants et promeuvent la paix au sein des espaces transfrontaliers.

Objectifs

Après avoir expliqué ce qu’induit la présence massive des populations béninoises dans des zones frontalières, le directeur du Secrétariat du Club Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, Laurent
Bossard, a rappelé les objectifs de ce séminaire. Pour lui, il s’agit de susciter le partage de connaissances et d’expériences sur la coopération transfrontalière entre les acteurs institutionnels et locaux et ses partenaires de l’Afrique de l’Ouest, à partir des initiatives portées par le Conseil des collectivités territoriales de l’Uemoa. Aussi, est-il question de dégager les limites rencontrées et de débattre au cours du séminaire, de mécanismes innovants de compréhension et d’opérationnalisation de la coopération transfrontalière ; puis d’approfondir la compréhension des défis institutionnels et leurs impacts sur le développement transfrontalier. Ces objectifs sont en lien avec les appuis aux collectivités locales, selon le directeur résident suppléant de la Coopération suisse au Bénin, Benoît Meyer Bisch. Il estime que la tenue de ce séminaire marque une étape importante de la coopération transfrontalière.
Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli, qui a présidé l’ouverture des travaux, a souligné que la forte démographie, l’urbanisation, les changements climatiques induisent des évolutions très rapides de la géographie économique et humaine. En plus de ces évolutions qui deviennent de plus en plus complexes et indépendantes, s’ajoutent les questions de la gouvernance et de la sécurité. Après avoir fait référence aux statistiques des personnes qui vivent dans les zones frontalières dans la sous-région, Barnabé Dassigli estime qu’intégrer la question du développement transfrontalier dans les politiques publiques devient une nécessité. C’est pourquoi le gouvernement du Bénin, explique-t-il, a fait du développement des espaces frontaliers une question prioritaire.

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