Inculpé pour coups mortels lors d’une bagarre, Johnson Tchalla a été jugé, vendredi 22 juin dernier, par la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey. Il a écopé de cinq ans de prison.

Pour avoir donné la mort à son grand-frère Samuel Tchalla, l’accusé Johnson Tchalla a écopé de cinq ans de prison.
Encore un drame familial autour d’une affaire d’héritage autour d’un lopin de terrain. Ils sont plusieurs garçons de leur père. Celui-ci a désormais pris de l’âge : aujourd’hui âgé de 102 ans. Marié à trois femmes et père de dix-sept enfants. Il laisse ses terres à ses enfants, surtout à l’aîné qui gère la famille. C’est ainsi que son fils aîné Comlan avait les commandes des domaines lorsqu’une mort brutale l’emporte. Il laisse aussi la gestion des domaines à ses frères. Il est mort célibataire sans femme et sans enfant. Le père est toujours vivant. Les frères du de cujus deviennent ses héritiers de fait. Il laisse un domaine sur lequel il y est mis des anacardiers. Mais, de son vivant, c’est avec son jeune frère Johnson qu’il allait sur le domaine pour mettre les plants d’anacardier. Avant Johnson, vient un autre frère : Samuel. Et ce dernier entend bien prendre ses responsabilités puisqu’il est désormais l'aîné de la famille. Mais Johnson, le frangin se voit l’héritier naturel du domaine de l’anacardier parce qu’il y allait travailler avec son défunt frère. Seulement, l’ordre préétabli ne le permet. C’est Samuel qui prend le devant des choses. Le père, bien que vivant, ne réagit pas pour remettre les pendules à l’heure.
Johnson, face aux difficultés, constate tout simplement que son frère ne gère pas bien les choses au profit de la famille. Les difficultés vont pousser Johnson qui est en classe de 1re au collège de Gouka à abandonner les classes.
Une situation préoccupante pour Johnson qui, mécontent, cherche les moyens pour s’en sortir. Un jour du mois de mars 2016, il se rend dans le champ d’anacardier pour ramasser les noix de cajou afin d’aller les vendre pour disposer des ressources. Ayant constaté que son jeune frère est allé dans le champ ramasser les noix de cajou, Samuel s’en prend à lui, l’accusant d’avoir volé les noix dans son champ. Une altercation éclate entre les deux. Johnson irrité et humilié prend un bâton et donne de violents coups à son aîné d’abord sur la joue puis sur l’omoplate. Transporté à l’hôpital, celui-ci rend l’âme trois jours après des suites d’un traumatisme crânien. Johnson est mis aux arrêts.
Le drame est dans la famille. Beaucoup ne comprennent la violence de Johnson. Le père, lui, semble bien comprendre. Il explique aux agents enquêteurs que Johnson avait souffert quelques années plutôt de troubles psychiques pour lesquels il avait été soigné. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il a abandonné les classes. Les témoignages indiquent que l’accusé n’était visiblement pas en lui-même le jour des faits et d’autres diront qu’il était sous l’effet de l’alcool.

A la barre…
Johnson ne se souvient pas de sa folie. Par moments, il nie avoir souffert de la folie. Il se dit en bonne santé mentale et qu’il n’a jamais souffert de trouble mental. Il déclare qu’à la mort du 1er aîné Comlan, Samuel qui vient après celui-ci ne s’occupe pas bien de la famille. « Il vend les parcelles pour son seul profit », se plaint-il avant de regretter ce qui est arrivé. Il dit qu’il n’avait pas l’intention de tuer son frère et c’est sous l’effet de la colère qu’il a réagi ainsi.
L’avocat général Florent R. Gnassomon dans le rôle du ministère public cherche à comprendre l’acte posé par l’accusé et regrette la mort donnée. Une mort qui, tout en rimant avec la vie, fait des victimes, des veuves, orphelins et autres malheureux. En revisitant les circonstances du drame, l’avocat général Florent R. Gnassomon relève les faits reprochés à l’accusé en déplorant le comportement de la victime elle-même.
Cependant, il rend responsable l’accusé Johnson de la mort de Samuel Tchalla. Et fait observer à la cour que les éléments qui fondent le chef d’accusation sont bien réunis. Il s’agit des éléments matériel, intentionnel et légal de coups mortels ayant causé la mort du frère. Il évoque les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal relatives à cette infraction et a requis la peine de 6 ans de travaux forcés.
Me Théodore Zinflou qui assure la défense de l’accusé salue l’ouverture d’esprit de l’avocat général qui sait protéger à la fois la victime que l’accusé. Toutefois, Me Zinflou n’accepte pas le chef d’accusation de coups mortels retenu par le ministère public contre l’accusé. L’avocat fait observer les lacunes qui ont vicié la procédure. Pour lui, les coups donnés par l’accusé sont en réaction des coups qu’il a lui-même reçus. Et à cela devraient s’ajouter les troubles mentaux itinérants qu’il traîne, qui sont des éléments qui plaident en sa faveur. Avant d’inviter la cour à la clémence, Me Zinflou lui demande de disqualifier le chef d’accusation de coups mortels en homicide involontaire.
En délibérant, la cour maintient l’accusé dans les liens du chef d’accusation et le déclare coupable des coups mortels portés à la victime Samuel Tchalla. En conséquence, elle condamne Johnson Tchalla à 5 ans de prison?

Les Faits

Le lundi 21 mars 2016 à Agoua dans la commune de Bantè, le nommé Samuel Tchalla de retour du champ s’est attaqué à son jeune frère Johnson Tchalla qu’il accusait d’avoir volé les noix d’acajou dans son champ.
En réaction à ces coups, Johnson Tchalla ramassa un bâton avec lequel il asséna de violents coups sur la joue et à l’omoplate de Samuel Tchalla.
Conduit d’urgence au centre de santé d’Agoua puis à l’hôpital de zone de Savalou, Samuel Tchalla y décède le jeudi 24 mars 2016 des suites de ses blessures?


Composition de la Cour
Président : Bienvenu Anagonou
Assesseurs :
Justin Agassounon et Mohamed Obonou
Jurés: Germain Ayinon, Gérard Tossou, Victoire D. Agbémahoué, d’Almeida P. Jacques et Henri Ganzo
Ministère public : Florent R. Gnassomon
Greffier : Robert J. Houngbadji

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