Hama Sadou était devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, lundi 11 juin dernier, pour répondre du chef d’accusation de meurtre. Il a été condamné à 20 ans de travaux forcés.

La rancune déplacée qu’il nourrissait contre son ami Boubé Ali, a conduit Hama Sadou à commettre sur sa personne un meurtre pour lequel il a été condamné, lundi 11 juin dernier, à 20 ans de travaux forcés par la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou. En détention depuis le 24 février 2012, il doit encore patienter près de quatorze ans en prison, avant de recouvrer la liberté.
Comme à l’enquête préliminaire et à l’instruction, il n’a pas nié les faits mis à sa charge, indiquant avoir agi ainsi, en réaction au coup que lui avait donné la victime un peu plus tôt. Au cours de son audition, il n’a pas cessé de répéter à la cour présidée par Célestin Zanouvi, qu’il n’avait pas l’intention de lui ôter la vie.
Le représentant du ministère public, Alphonse Amoussou, a conclu à la commission d’un homicide volontaire, crime prévu et puni par les dispositions des articles 295 et 304 du Code pénal. Selon lui, il ne saurait y avoir de circonstances atténuantes. Mettant en exergue l’arme utilisée, ainsi que les parties sensibles où les coups ont été portés, il requiert qu’il plaise à la cour de retenir l’accusé dans les liens de l’accusation et de le condamner à 30 ans de travaux forcés.
Ce qui fera sortir Me Raymond Dossa, assurant la défense de Hama Sadou, de ses gonds. Il demande à la cour de ne pas accéder à la réquisition de l’avocat général. Son client n’étant âgé que de 26 ans, il indiquera qu’on ne rend aucun service à la société, en le condamnant à 30 ans de travaux forcés. Après avoir soulevé quelques faiblesses du dossier au niveau des interprétations des faits, il plaide alors pour une justice sociale et éducative. Il invite la cour à procéder à une meilleure appréciation de la sanction.
En effet, Boubé Ali et Hama Sadou sont deux bouviers peuls amis. Dans le cadre de la transhumance au bord du fleuve Niger, ils ont conduit leurs troupeaux de bœufs à Pétchinga, commune de Karimama. Mais dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 février 2012, Boubé Ali de retour d’une promenade, a vu Hama Sadou endormi à l’endroit où il espérait s’allonger. D’un coup de pied, il a réveillé son ami, lui demandant d’aller chercher une autre place pour se coucher.
N’ayant pas apprécié cette attitude, Hama Sadou, tard la nuit, aux environs de 2 h, s’est emparé du coupe-coupe qui se trouvait au chevet de Boubé Ali, pour lui asséner plusieurs coups à la nuque, au cou et à la main. Transporté à l’hôpital de zone de Malanville-Karimama, Boubé Ali rend l’âme le lundi 20 février 2012. Tels sont les faits soumis à l’examen de la cour présidée par Célestin Zanouvi, assisté d’Essowè Batamoussi et Geneviève Sohou et des jurés de la cour.

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