Dans une décision rendue le 8 août dernier, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), statuant sur une requête de Boni Yayi sur les évènements du 1er et du 2 mai derniers, déboute ce dernier en toutes ses prétentions.

Sous la présidence de Sylvain Oré, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples vient de statuer sur une requête introduite par l’ex-président Boni Yayi alléguant de violations de ses droits fondamentaux, ainsi que ceux d’autres ‘’plaignants’’ dont il s’est fait le porte-voix devant la cour. L’affaire est relative aux évènements post électoraux de triste mémoire du 1er et du 2 mai derniers. Prétendant que la police a encerclé sa maison pour, dit-il, l’arrêter, Boni Yayi réclame que lui soient accordées réparations. Aussi, se plaint-il de ce que le juge en charge de l’instruction de l’affaire relative aux violences postélectorales ait voulu l’entendre, en dépit de son ‘’état de santé’’. De même, remet-il en cause les bases légales de son assignation en résidence surveillée et de l’arrestation de certains acteurs de l’affaire. Et ce n’est pas tout. Boni Yayi requiert qu’il soit sursis à toute poursuite contre l’ancien député Guy
Mitokpè et  les 64 personnes détenues dans le cadre de ladite affaire…

Rejet, rejet, rejet

S’étant déclarée compétente pour connaitre de la requête,  la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a, en définitive, décidé de ne pas accorder les mesures requises, notamment de ne pas donner suite aux prétentions du requérant. En clair, il ne sera ni sursis aux poursuites, et il ne sera pas dit que les mis en cause en détention soient libérés. Contrairement aux allégations de Boni Yayi, en effet, si on tire raison de cette décision provisoire rendue, ni l’Etat béninois n’a péché en lui opposant un blocus à résidence, encore moins la justice, en mettant certaines personnes en détention, cherchant à élucider une affaire dont la gravité est notoire.
De cette décision rendue par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, il s’avère que le requérant, non seulement n’a apporté aucune preuve de ses allégations, mais aussi et surtout met la charrue avant les bœufs, car l’examen du fond de l’affaire n’est d’ailleurs pas fait (ne serait-ce que par les juridictions compétentes nationales). Comment peuvent-elles le faire, face aux obstacles évidents de refus de comparution ou d’audition dont le requérant lui-même atteste dans sa requête, au motif de sa santé ?.

Évaluer cet élément
(2 Votes)
Lu 723 fois