Il faut croire que les Béninois se sont piqués au jeu du pluralisme politique, qu’ils ont assimilé à leur façon, à savoir une espèce de kermesse sur fond de permissivité conçue comme liberté pour certains, démocratie ‘’nescafé’’ pour d’autres : allez savoir ce que cela implique véritablement. Une certitude cependant, en 30 ans de renouveau démocratique, l’adage selon lequel les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient a été très présent. Cette forfaiture s’est cependant absentée des pratiques depuis peu. Et la parole politique prend sens et contenu !

En effet, si, s’inscrivant dans la politique de redressement indispensable après la ruine de l’économie navrante à la fin des années 1990, Nicéphore Soglo n’a eu d’autre choix que de s’avérer ‘’maçon’’, Mathieu Kérékou s’est contenté de « monter en haut » entre 1996 et 2001, puis rien, car s’il a promis d’aller plus loin, cela ne s’est pas fait outre mesure que l’intitulé de son projet de société éponyme en 2001 : Aller plus loin. En 2006, la promesse a été faite que ‘’ça va changer, ça doit changer’’…Bah! incantation que tout cela, en définitive. Puis nous voilà à l’ère du Nouveau départ avec à la clé la promesse de rupture avec les mauvaises pratiques et habitudes qui ne concouraient pas à l’avancée du pays, et qui tout au contraire ont contribué à le miner de l’intérieur. Chose promise, chose due. Mais surtout chose faite. Une première !
Il suffit de marquer le temps de la réflexion, de jauger sans a priori, encore moins d’a priori négatif, les résultats dont le régime de Patrice Talon peut se réclamer. La rupture promise est nette, à bien des égards. Les ministres se savent désormais commis au service de la République, la police se sait en service et ses brebis égarées naguère sont rentrées dans le droit chemin, l’administration s’évertue à être performante, les niches de détournements ou de malversations sont tenues en joue par la Criet qui s’est avérée un épouvantail d’une redoutable efficacité à cet effet, même l’état d’esprit général a changé en dépit de ronchonnements et grincements de dents, et tend à un meilleur rapport à la chose publique, au bien public... La structure, dans la gouvernance publique elle-même n’est pas sans connaitre de changement depuis trois ans, avec un meilleur rapport à l’argent public et la conscience manifeste pour avoir de résultats, de même que  le souci patent de sauvegarder l’intérêt général. Bien entendu, dire autant de choses élogieuses sur un régime taxé de tous les péchés d’Israël par ses détracteurs, dans une atmosphère délétère, parait surréaliste. Mais il suffit de marquer le temps nécessaire de réflexion, pour s’en convaincre, se rendre à l’évidence que l’édification promise par le ‘’maçon’’ Nicéphore Soglo, le surpassement annoncé par Mathieu Kérékou dans ‘’Aller plus loin’’, le changement promis par Boni Yayi, se trouvent tous réunis sous la bannière de la Rupture et du Nouveau départ avec de l’efficacité par surcroît. La différence entre Talon et ses trois prédécesseurs? On est passé de la parole à l’acte. Cela fait une grande différence. Aussi, des slogans bons pour la campagne au leitmotiv vain, y a-t-il à présent du contenu et de l’effectivité dans la parole et l’engagement politiques. Tout ce qu’il a dit pendant sa campagne ? Il suffit de consulter le Programme d’action du gouvernement pour retrouver les promesses électorales faites par Patrice Talon. Ce qu’il dit, il le fait. C’est suffisamment rare pour être souligné. Et rien que cela nous change de tout le précédent.        

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