Pardonner, pour pouvoir poursuivre l’œuvre de construction du Bénin dans la paix et le dialogue, sans violence ni heurt. C’est l’essentiel du message à retenir de la séance de travail que le président Patrice Talon a tenue, vendredi 21 juin dernier, à la présidence de la République avec le roi, des chefs traditionnels, notables et personnalités de la région tchabè.

Des évènements inhabituels et traumatisants. Le roi de Savè, sa majesté Adetutu Onishabè ne met pas des gants pour peindre le drame que sa paisible cité a vécu du 13 au 15 juin dernier. Mais il s’est engagé pour la paix et aussi à y mobiliser les forces vives de la région tchabè. C’est son vœu le plus cher, réitéré, vendredi 21 juin dernier face au chef de l’Etat, à la présidence de la République. L’audience, accordée aux chefs traditionnels, notables, personnalités et cadres de la commune de Savè élargie aux contrées voisines comme Ouèssè, Okéowo et autres, s’est voulue un instant de confessions et de regrets, mais aussi d’engagement à tourner la page du drame. « Les événements d’une rare violence qu’ont connus les villes de Savè, de Tchaourou et environs sont inédits. Ces événements regrettables constituent une violation de l’idéal de paix hérité de nos ancêtres », confesse sans ambages le roi qui s’est fait le porte-parole de la délégation. Son seul souci désormais, « rétablir le calme, la sérénité et la paix en pays tchabè ». Plus qu’un souhait, il en fait un défi et « appelle de  façon pressante, fils et filles du pays tchabè à œuvrer inlassablement pour la paix ».
Le roi Adetutu Onishabè est formel. « Le passé éduque le présent pour bâtir l’avenir », laisse-t-il entendre, invoquant l’esprit de tolérance, de dialogue permanent, de concession et de compréhension car pour lui, « la division affaiblit les peuples ». Il voudrait entre autres recevoir dans la cité des trois mamelles, le chef de l’Etat. Les liens de sang entre l’origine maternelle du président de la République et cette localité, font en effet de lui, un fils de cette cité dans laquelle il a d’ailleurs passé une partie de sa vie. Autre doléance du roi, la reconnaissance de la chefferie traditionnelle puis enfin, l’exhortation à la patience. Ces échanges n’ont pas occulté le sujet Boni Yayi. Le roi a plaidé pour une clémence à son endroit et en guise de réponse, le chef de l’Etat a rassuré de ses bonnes intentions envers son prédécesseur à qui il dit n’avoir jamais retiré son amitié.

Renouer avec les valeurs

Le message adressé par sa majesté Adetutu Onishabè est profond et complet, salue le président Patrice Talon dans sa réponse. « Les valeurs qui caractérisent le peuple tchabè sont connues et ne font l’objet d’aucun doute », enchaîne-t-il. « Ce qui s’est passé à Savè est un incident qui ne se reproduira plus jamais », assure-t-il. Mais c’est un engagement qui doit être collectif, lance-t-il. « Le regret individuel suffit pour que cela ne se reproduise plus… Je suis parmi vous, non pas au-dessus de vous », soutient le président. Pour lui, il faut se garder de réveiller les démons … et faire tout le possible au service de la paix et de la concorde. Il exhortera aussi au pardon. « Que nos concitoyens nous pardonnent à tous… ceux qui ont raison, ceux qui ont agi, les victimes... que la nation nous pardonne à tous », a imploré le président Patrice Talon dans son message d’exhortation à la paix. Au terme des échanges, un comité de cinq membres a été mis sur pied pour poursuivre les échanges avec le chef de l’Etat et demeurer le porte-parole de cette communauté, pour en arriver à un apaisement total.

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