Le gouvernement du président Patrice Talon pourrait être remanié, une troisième fois depuis le 7 avril 2016 où le chef de l’Etat a pris le pouvoir. La cause en est l’élection de six de ses ministres qui, sauf changement de dernière minute, pourraient décider de siéger au parlement, pour continuer à soutenir les actions du chef de l’Etat.

Alassane Séidou, ministre des Infrastructures et des Transports. Sacca Lafia, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Oswald
Selbourne Homéky, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Abdoulaye Bio Tchané, ministre du Plan et du Développement. Mahougnon Thomas Kakpo, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale. Ainsi se présente la liste des ministres du gouvernement de la rupture qui ont eu la chance de bénéficier de la confiance du peuple, pour le représenter au sein de la huitième législature de l’Assemblée nationale. Ils ont été élus respectivement dans la première, huitième, onzième, quatorzième, dix-huitième et vingt-troisième circonscription électorale. Ces ministres élus députés, sauf un changement de dernière minute, pourraient choisir de continuer le combat au parlement aux côtés du président de la République, Patrice Talon. Dans ce cas, il est loisible au président Patrice Talon de réorganiser son gouvernement. Cette réorganisation ne peut intervenir que dans les jours à venir, puisque les élus du peuple ont effectué leur rentrée parlementaire le jeudi 16 mai dernier et procédé dès le lendemain à l’élection du bureau exécutif de l’Assemblée nationale. Le choix de remanier le gouvernement s’impose au président de la République, si ses ministres élus décident, bien entendu, de siéger au parlement. Les fonctions de membre du gouvernement étant incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, sous réserve du délai de trente jours prévu par l’article 265 de la loi n°2018-31 du 9 octobre 2018 portant code électoral en République du Bénin.
L’article 265 dispose : « Sous réserve des dispositions de l'article 260 ci-dessus, le député qui, lors de son élection, se trouve dans l'un des cas d'incompatibilité visés au présent titre, est tenu d'établir dans les trente (30) jours qui suivent son entrée en fonction ou sa validation, qu'il s'est démis de ses fonctions incompatibles avec son mandat. A défaut, il est déclaré démissionnaire d'office de son mandat.
Le député qui a accepté en cours de mandat une fonction incompatible avec celui-ci ou qui a méconnu les dispositions des articles 261 et 264 ci-dessus, est également déclaré démissionnaire d'office. La démission d'office est prononcée dans tous les cas par l'Assemblée nationale à la requête du bureau de l'Assemblée nationale. Elle n'entraîne pas d'inéligibilité ».
Ce qu’il faut souligner, c’est la stratégie du chef de l’Etat qui, après trois années de gouvernance, n’a daigné remanier à ce jour, que deux fois son gouvernement. C’est une force qui caractérise l’homme, confiant des choix qu’il fait pour développer le Bénin. De toute façon, le remaniement ministériel n’est qu’une question de jours et le président Patrice Talon a toutes les cartes en main pour décider de qui doit rester et qui doit partir pour siéger au parlement.
Pour Sacca Lafia, le choix est vite fait entre siéger au Parlement et rester au gouvernement. Sa démission au profit de sa suppléante, Mariama Talata Chabi, d’ailleurs élue première vice-présidente de l’Assemblée nationale, édifie à plus d’un titre sur sa position et de celle du chef du gouvernement. La suite nous en dira un peu plus sur le visage du prochain gouvernement de Patrice Talon.

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