Sur initiative du gouvernement, les artisans du Bénin se sont fait enregistrer, du 27 février au 17 mars 2019 dernier. Au terme de la première phase de l’opération qui vise à contribuer à l’épanouissement des acteurs de cette catégorie socio-professionnelle, les artisans expriment leurs attentes.

En attendant les prochaines phases du processus, les artisans n’ont pas manqué d'exprimer leurs attentes au terme du recensement national intervenu le 17 mars dernier.
Au Centre de promotion de l’artisanat (Cpa) de Cotonou, plusieurs d’entre eux ont salué l’initiative. Dans l’atelier commun du Cpa qui regroupe des sculpteurs sur bois, teinturiers, tisserands, bijoutiers et autres corps de métiers, Kossi Sounouvou, et ses collaborateurs ont exprimé leur reconnaissance au gouvernement. Car, relèvent-ils, c’est pour la première fois que les autorités s’intéressent à l’épanouissement des acteurs artisanaux. «C’est une très bonne initiative », apprécie Kossi Sounouvou. Toutefois, il suggère que le gouvernement commence par initier à leur intention des foires internationales, des ateliers et des expositions à l’extérieur du pays comme à l’intérieur. De même, ils veulent que des séances de partage d’expériences avec des artisans des pays voisins soient organisées. Cela pourrait aider les artisans béninois, d’après lui, à connaître les rouages de leur métier. Selon ses explications, les besoins en formation des artisans à satisfaire, après le recensement, concernent la volorisation des différents métiers, l'épargne pour la retraite, l'accès aux financements. Il estime que les efforts de réorganisation du tourisme apporteront beaucoup aux artisans. « Si le tourisme marche, l’artisanat doit aussi marcher », s’est réjoui Kossi. Sounouvou qui a, par ailleurs, souhaité que le recensement soit à l’avantage des artisans.
Prosper Houènon a fait savoir, quant à lui, que si le gouvernement peut souvent organiser des foires et des expositions à l’international, cela sera un atout pour les artisans de connaître les différentes évolutions du métier de l’artisanat. La mise en place d’un mécanisme d’accès aux crédits peut aussi sortir les artisans des difficultés qu’ils rencontrent généralement avec les banques, suggère Prosper Houènon, comptable de formation qui a préféré faire carrière dans la sculpture sur bois, une profession héritée de son père depuis son enfance.

Promouvoir les tenues locales

Après trente années de carrière, Hilaire Assogbahou garde un bon souvenir de son métier. Tisserand moderniste de formation au Cpa, il estime que les artisans feraient la moitié de la population béninoise dont les besoins sont énormes et pourraient connaître un début de solution grâce au président Patrice Talon, grand réformateur. « J’apprécie les actions du chef de l’Etat. S’il peut quelque chose pour promouvoir le tissage artisanal pour que nous éliminions les pagnes importés vendus plus cher, nous lui serons reconnaissants », a affirmé Hilaire A. Son souhait est que le chef de l’Etat parvienne à faire habiller les ministres par la tenue traditionnelle au moins une fois par semaine. Mieux, il appelle le gouvernement à aider les tisserands à avoir accès au coton cent pour cent béninois pour limiter l’importation de cette matière première de la Côte d’Ivoire. Il estime que si le secteur bénéficie de la subvention du gouvernement comme au Burkina Faso, cela réduirait le chômage des jeunes et pourrait inciter d’autres, qui ont envie d’apprendre, à rentrer dans le corps. « Le problème qu’on a ici souvent au Cpa, c’est le manque de touristes, des étrangers autrefois arrivent mais depuis un moment, il n’y a plus d’affluence », constate Lô Mourtala, maître bijoutier. L’accès aux matières premières, le recyclage des artisans… lui tiennent à cœur.
Le gouvernement, selon le président de la Chambre interdépartementale des métiers du Bénin, Soufyanou Imorou, va, non seulement dénombrer les artisans, mais aussi évaluer leurs besoins en termes de formation, d’appui au financement, à l’assurance maladie et retraite.

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