N’ayons pas peur des mots, et regardons en face nos réalités. Aujourd’hui le Bénin est entre deux options, deux visions antagonistes. D’un côté les conservateurs et de l’autre les réformateurs pour ne pas dire les progressistes.

Qu’en est-il des conservateurs, un bien grand mot pour désigner ceux qui au Bénin préfèrent que rien ne bouge, les adeptes du statut quo? Ceux qui, à tort ou à raison, sont persuadés que tout est bien en l’état, qu’à rien il ne faut toucher fut-ce pour aller de l’avant. Plus à tort qu’à raison, car beaucoup de détails dans ce statu quo nous font du tort, nuit à l’avancée du pays.

« La plus haute tâche de la tradition est de rendre au progrès la politesse qu’elle lui doit et de permettre au progrès de surgir de la tradition comme la tradition a surgi du progrès », dixit Jean d’Ormesson.
De l'autre, il y a les progressistes, en premier l'actuel chef d'Etat Patrice Talon élu sur un programme de rupture d’avec l'ancien système des choses. En vertu de ce qu'il est porteur d'un nouveau départ, par la force des choses et convaincu de ce qu'il faut changer de paradigme sans quoi c'était foutu, il fait de son mieux pour réformer le pays et le remettre sur les rails.
Qu’on soit de ses partisans ou non, on doit en toute objectivité admettre qu’il s’efforce à enlever à ses compatriotes les mauvaises habitudes auxquelles ils étaient attachés, et à prodiguer les valeurs desquelles ils n’auraient jamais dû se départir. Évidemment, cela n'est pas sans bousculer des certitudes et conforts, surtout des intérêts. Ce qui n'est pas non plus pour plaire à tout le monde, en premier ceux dont les intérêts et acquis en général inavouables sont bousculés. Il en va ainsi des médecins en service dans le service public appelés à cesser avec la triche du double exercice en privé et dans le secteur public, il en est de même des fonctionnaires notamment de la santé dont la propension à aller en grève à tue-tête a été régulée...Pourquoi la sphère politique serait-elle exemptée des changements, surtout qu’ils sont censés la porter vers la vertu ?
Vertueux, on ne peut pas soutenir que les politiciens au Bénin le sont, certainement pas en ce qui concerne leur participation aux élections, avec la piteuse habitude prise par eux de confectionner les listes de candidatures en urgence, alors qu’ils ont tout le temps pour le faire avant la date butoir ! Que la loi actuelle dispose de façon coercitive à cet effet, n’a pu les discipliner pour autant ! Quelle affliction !
Les réformes en cours, pour faire franchir un palier supplémentaire au pays, sont aussi et surtout d'ordre politique. En l'occurrence, la réforme du système partisan, indispensable pour la bonne marche de la démocratie. Il faut espérer qu'elle ne soit pas remise en cause par le yo-yo actuellement observé sur l'échiquier politique en raison des difficultés (d’ailleurs récurrentes), que connaissent certains groupes politiques à aller aux prochaines législatives. Ce qui amène les parlementaires à devoir revoir des textes par eux-mêmes votés. Dans cette veine, si les arrangements politiciens en gestation primaient sur l’esprit de la réforme, ce serait une régression ! Et au nom de leurs intérêts, les politiciens auraient fait danser au pays le N'dombolo, cette drôle de danse, qui n'est d’ailleurs pas béninoise, qui se cadence suivant un pas en avant, puis plusieurs pas en arrière! Tout revirement législatif visant à revenir à l’ancien système des choses aurait un goût en effet de N’dombolo, autrement dit un recul pour le pays.

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