Un pouvoir implique une grande responsabilité. Pour ne pas l’avoir vite su, un héros de l’univers bande dessinée de chez l’éditeur Marvel s’est trouvé confronté à un grand dilemme, en but à un grand regret éternel…Il y a tant de leçons et de sagesses à déceler de son expérience, à savoir notamment l’usage qu’on doit faire d’un pouvoir, quel qu’il soit, pour peu qu’on en dispose. Faut-il en jouir tel un épicurien ? Ou faut-il le mettre au service des autres, notamment des plus vulnérables ? Il en ressort que celui qui dispose d’un grand pouvoir doit faire preuve d’une exemplarité à toute épreuve.

Ramené dans une dimension moins poétique, cette sagesse intime aux femmes et hommes publics, d’être non pas auréolés tels des saints, mais d’être à tout le moins inspirants. Autrement dit, il faut donner l’exemple, le bon, lorsqu’on est député, maire, ministre, conseiller, etc. Cette exigence frappe le député, à qui quitus fiscal est justement exigé aujourd’hui au Bénin, plus que quiconque d’entre ceux-là, car c’est lui qui vote la loi fiscale, la loi des finances, etc. ; lui qui est d’ailleurs rétribué grâce au contribuable, se doit d’être exemplaire sur ce registre.
D’autres critères peuvent frapper spécifiquement d’autres hauts responsables. Et, de façon générale, lorsque l’on est une personnalité de l’une des catégories relevées plus haut, c’est-à-dire un citoyen pas comme les autres, en raison de ce qu’on développe un certain leadership au point de représenter toute une communauté, une cité, on se doit de montrer pattes blanches, quand bien même il n’est pas exclu de cultiver son jardin secret. Nul n’est parfait, il est certes vrai. Mais il faut faire tout de même violence sur soi-même, pour être digne de ceux qui vous croient meilleur qu’eux au point de vous déléguer le pouvoir de les représenter, de penser et d’agir en leur nom, de décider pour la masse. C’est une question à la fois morale et de confiance, voire tout simplement de dignité.
Dans les démocraties établies, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, la moindre entourloupe, le moindre écart de conduite met hors-jeu tout représentant public, quel qu’il soit ! Les exemples foisonnent, surtout aux Etats-Unis avec les affaires Water Gate, Monica Lewinski, Mail de Clinton Hilary, et même récemment l’affaire dite collusion (supposée) de Trump avec ‘’l’ennemi russe’’, etc. Et que Donald Trump soit au pouvoir n’aura rien changé à sa ‘’mise en accusation’’ si l’on ose dire. Cet état d’être, qui fait la force d’une démocratie, est tout simplement génial, en tout ce qu’il recèle d’exigence qualitative requise chez l’homme public, en termes de pré-requis nécessaires chez celui qui entend incarner toute une société!
Certes, le représentant de la société est une émanation de ladite société, et en tant que tel reste imparfait à son image. Mais, comme toute société travaille à s’améliorer, pour atteindre le meilleur d’elle-même, elle ne supporte pas que celui qui doit être son reflet, soit ce qu’elle couve de pire en son sein et qu’elle travaille d’ailleurs à gommer, quitte à ce qu’il soit le miroir aux alouettes, préférable à l’indécence affichée.
Alors que les élections législatives, imminentes, se font de plus en plus présentes dans les esprits au Bénin, ce sont autant de considérations que nous ne devons pas perdre de vue. Car, elles donnent aussi un sens à nos choix, mais surtout participent de la fortification de l’Etat démocratique, encore en construction chez nous. La démocratie ne se limite pas à l’architecture législative et à l’alternance des élections, organisées à bonne date selon la formule consacrée. Du choix de nos élus, dépendent aussi, en effet, l’orientation que le pays prendra, le cours de la vie de ses institutions et de ses ressortissants, les avancées qu’il connaîtra, la consolidation de ses charpentes institutionnelles. Dans le flot des prétendants, qui donc choisir pour le bien du pays ? Un pouvoir, y compris celui de choisir son représentant au Parlement, implique une grande responsabilité. C’est dit. Après tout, la démocratie reste le pouvoir du peuple, par le peuple…On reviendra là-dessus.

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