Après Parakou, il y a un an, Banikoara était à l’honneur, samedi 14 juillet dernier, avec la célébration de la deuxième édition de la Fête nationale du cotonculteur. Placée sous le thème « Produire efficacement le coton pour un mieux vivre des ménages dans un environnement local développé et équilibré », elle a permis de magnifier et de récompenser les meilleurs producteurs de l’or blanc au Bénin qui ont contribué au record de 597 985 tonnes de coton-graine lors de la campagne 2017-2018.

C’est dans la liesse et la ferveur que le bassin de l’or blanc au Bénin, Banikoara, a accueilli, samedi 14 juillet dernier, la deuxième édition de la Fête nationale du cotonculteur. Au cours de cette célébration, 195 lots ont gracieusement été distribués à 176 lauréats dont 19 coopératives villageoises de producteurs de coton (Cvpc). Ils sont les meilleurs et ont été choisis sur la base de critères précis. Les récompenses sont constituées de 19 tracteurs, 16 motoculteurs, 16 Kits solaires et 141 motos (hommes et dames).
Par département, il y avait la meilleure Cvpc, plus grosse productrice ayant une production de plus de 5 000 tonnes, deux Cvpc ayant une production supérieure ou égale à 5 000 tonnes et ne provenant pas de la même commune avec 100 % de taux de récupération, le plus faible ratio d’endettement, la plus élevée production de coton. A eux, se sont ajoutés les cinq meilleurs producteurs (dont au moins une femme), le meilleur producteur ayant une production supérieure ou égale à 5000 tonnes et les deux meilleures productrices dans chaque zone Nord et Sud.
La Fédération nationale des Cvpc et des Sec ont également été distingués pour les productions record consécutives. Au niveau communal, il y a aussi des lauréats.
Par commune, trois producteurs dont au moins une femme avec une production supérieure à une tonne, ayant les niveaux de production les plus élevés et un taux de récupération du crédit intrants supérieur ou égal à 99%, sont concernés.
Pour le ministre en charge de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui, et le président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), Mathieu Adjovi, c’est l’occasion pour rendre hommage aux cotonculteurs et les célébrer. Il s’agit d’instaurer en leur sein l’émulation nécessaire pour des résultats plus importants lors des prochaines campagnes cotonnières.
« Au-delà de tout, le geste que nous posons à travers l’évènement de ce jour est une invite à l’effort soutenu pour une plus grande productivité au sein des organisations de producteurs et ce, à travers le respect des itinéraires techniques et une meilleure appropriation des innovations dans la conduite des exploitations agricoles », a expliqué le président Mathieu Adjovi. Par rapport aux avancées constatées en deux campagnes, il a exprimé sa gratitude au président de la République, Patrice Talon, pour sa sollicitude à l’endroit des producteurs de coton.
Le choix porté sur Banikoara pour abriter les manifestations réjouit son maire Bio Sarako Tamou et le préfet de l’Alibori, Mouhamadou Moussa. Ce qui n’est pas fortuit, à en croire le ministre de l’Agriculture et le président de l’Aic. Il s’agit, selon eux, de rendre un témoignage à l’Alibori et à cette commune, première productrice du coton.
En effet, au cours de la campagne 2017-2018, l’Alibori a réalisé 235 328 ha sur une superficie nationale cultivée coton de 530 145 ha, soit 44,4 % et 298 203 tonnes de coton graine pour une production nationale de 597 985 tonnes, soit 49,9 %. La commune de Banikoara, à elle seule, a emblavé 109 411 ha, soit 21 % de la réalisation nationale, et cultivé 142 741 tonnes de coton graine, soit 24 % de la production nationale, réalisant ainsi 10 804 515 400 F Cfa de crédit intrants, soit 16,8 % ; 37 097 249 240 F Cfa de revenu brut, soit 23,8 % et 26 312 210 540 F Cfa de revenu net versé à ses producteurs, soit 28,8 % des revenus nets distribués au plan national, pour un rendement de 1304 kg/ha contre 1128 kg/ha au plan national.
Grande était la joie des lauréats. C’est le cas de la Cvpc de Sinlita d’Aplahoué qui, selon son secrétaire, Sogani Tchapassou, a été gratifiée d’un tracteur. Les producteurs, par la voix du président de la Fédération nationale des Cvpc, Gani Badou Tamou, ont promis de redoubler d’ardeurs au travail.

De nouveaux défis

Mathieu Adjovi a partagé avec les braves cotonculteurs, la nouvelle vision de l’Interprofession. Les activités pour la campagne 2018-2019 ayant déjà commencé, il leur a rappelé la nécessité de poursuivre et de renforcer les actions contribuant à la restauration du statut humique des sols, d’appliquer une dose optimale de fumure minérale et d’observer le calendrier des traitements phytosanitaires.
En ce qui concerne l’encadrement, l’Aic a pris l’option d’un encadrement rationnel des producteurs. A ce titre, elle a mis en place un dispositif approprié avec le positionnement des conseillers-coton. Ce sera, a assuré son président, en passant de la vulgarisation au conseil agricole à travers des parcelles-vitrines, des champs-écoles et des parcelles de démonstration.
« Aujourd’hui, l’engouement est grand au niveau des producteurs puisque les intentions d’emblavures se chiffrent à plus de 650 000 ha. Cette augmentation des emblavures nous interpelle », a averti Mathieu Adjovi. Il a rassuré que des dispositions exceptionnelles sont prises en vue de la couverture totale des besoins complémentaires, pour les autres intrants étant entendu que les compléments en semences sollicités ont été satisfaits dans toutes les communes.
Le ministre Gaston Dossouhoui espère qu’avec une appropriation des innovations et une bonne synergie d’actions, le Bénin pourra améliorer de façon durable la production et la productivité du coton. « Mon souhait est que la campagne 2018-2019 permette de faire le pas décisif pour hisser notre pays comme le premier producteur de coton de la sous-région ouest-africaine », a-t-il annoncée?

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