En réaction à l’arrestation de Laurent Mètongnon intervenue, vendredi 17 novembre, dans l’affaire de placement de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale à la Banque internationale du Bénin (Bibe), le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) a fait une déclaration de presse, samedi 18 novembre dernier. A travers celle-ci, il dénonce un procès politique et exige la libération de l’intéressé.

Les poursuites engagées contre Laurent Mètongnon sont « un procès politique » fondé sur « une accusation fabriquée », ont affirmé les membres du Front pour le sursaut patriotique (Fsp). Ce regroupement de forces politiques de l’opposition a fait une déclaration au lendemain de l’audition de leur camarade à la Brigade économique et financière (Bef) dans l’affaire placement de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss).
Jean Kokou Zounon, porte-parole du Front pour le sursaut patriotique (Fsp), a d’abord dénoncé le caractère politique des poursuites contre son camarade Laurent Métongnon avant d’exiger qu’il soit libéré. Confirmant que l’audition du présumé s’est effectuée à la Brigade économique et financière, vendredi dernier, il a noté le soutien apporté par le Fsp et ses militants ainsi que des parents et amis à Laurent Métongnon à travers un sit-in de 9 h à 2 h du matin, le samedi 18 novembre dernier. Il a décrit l’ambiance qui a prévalu devant la Bef en indiquant que la zone était bouclée par des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) «armés jusqu’aux dents » barrant les voies d’accès et empêchant de nombreux militants « de se joindre aux manifestants qui scandaient Liberté pour Laurent Métongnon». Car, insiste-t-il, bien qu’ayant été écouté entre 11 h et 12 h, la Bef n’a pas cru devoir le libérer et a estimé qu’il devrait encore attendre pour une confrontation. Celle-ci a eu lieu entre un responsable de la Bibe et Laurent Mètongnon. Selon Jean Kokou Zounon, le contradicteur de son camarade « déclarerait avoir envoyé par personne interposée et sans décharge » à ce dernier « successivement un million de F Cfa, puis 500 000, ensuite 500 000 et enfin du champagne et 500 000 ». « Soit 2 500 000 F Cfa et du champagne », résume-t-il, ajoutant que la garde à vue de son camarade a été décidée sur la base de témoignage sans preuve.
De même, il a reproché à la procédure le défaut d’identification et d’écoute de ceux qui auraient versé les commissions et des intermédiaires avant ceux accusés de les avoir reçues. A l’en croire, cette manière de procéder permettrait aux intéressés soit de « disparaître », soit « d’être manipulés ». Prenant le communiqué du Conseil des ministres qui a statué sur l’affaire à contre-pied, il relève que dans le fond, au lieu de 71 millions de commissions occultes, le contradicteur de Laurent Mètongnon parle plutôt de 2 500 000 F Cfa plus une bouteille de champagne pour un placement hasardeux de 17,5 milliards de F Cfa. Après avoir fait d’autres observations sur le dossier, Jean Kokou Zounon a plutôt conclu qu’il faut « libérer immédiatement Laurent Métongnon», qui s'est rendu disponible pour l'audition.
A l’occasion, Eugène Azatassou, coordonnateur national des Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Léonce Houngabdji, président du Parti pour la libération du peuple (Plp), ont également dénoncé cette arrestation.
Laurent Mètongnon devrait être présenté, ce lundi, au procureur de la République pour être fixé sur son sort.

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