Les grandes lignes du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH) ont été déclinées par la ministre en charge du Travail et des Affaires sociales lors d’un entretien télévisé. Adidjatou Mathys rassure de la détermination du gouvernement à réussir ce pari.

Il est annoncé comme la véritable arme sociale du quinquennat du président Patrice Talon. Hier, Adidjatou Mathys, ministre en charge du Travail et des Affaires sociales a décliné les contours du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), censé offrir un filet de sécurité sociale aux Béninois. A l’en croire, les signaux sont bien au vert pour le déploiement de ce programme fondateur du modèle social béninois. Le projet comprend trois composantes, à savoir la mise en place du système d’information et de gestion avec comme activité phare l’enrôlement biométrique et la distribution des cartes, la fourniture des services à proprement parler ainsi que la coordination, le suivi-évaluation et le renforcement des capacités. « Nous voulons mettre en place une large campagne de communication autour du projet afin que les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et toute la population soient sensibilisés », indique-t-elle.
Le montant global de l’initiative, informe la ministre, est de l’ordre de 313 milliards de francs CFA. 10% du financement seront apportés par l’Etat, le reste assuré par les partenaires techniques et financiers (Ptf). Adidjatou Mathys informe que le tiers du financement est déjà bouclé et plusieurs Ptf se sont déjà manifestés pour apporter leur soutien à cette initiative. Le projet ARCH connaitra d’abord une phase pilote qui prend en compte 5% des cibles à partir du dernier trimestre de l’année en cours. L’opérationnalisation de l’ARCH sera placée sous la responsabilité de l’Agence nationale de protection sociale. Mais le gouvernement prévoit de confier la gestion de l’assurance-maladie à une compagnie d’assurance privée afin de garantir l’accès et la qualité des soins aux bénéficiaires. Si elle reproche au Régime d’assurance maladie universel (Ramu) une certaine inefficacité dans sa mise en œuvre, le ministre rassure que le bébé ne sera pas jeté avec l’eau de bain. « Le patrimoine du Ramu sera versé à l’Agence nationale de protection sociale. Nous allons nous appuyer sur certains de ses acquis tels que le recensement des pauvres dans 52 communes ou encore la liste des produits endossables », souligne-t-elle. Elle enchaine : « L’impact que nous attendons de l’ARCH, c’est l’augmentation du taux de fréquentation des formations sanitaires, la réduction du taux de consommation des faux médicaments, la réduction de la mortalité et l’augmentation de l’espérance de vie, la formalisation de l’informel, l’amélioration de la qualité des services santé, l’augmentation des capacités des compagnies d’assurance, la croissance économique ».
S’agissant du cadre législatif, Adidjatou Mathys confie qu’un projet de loi portant création de l’ARCH est en cours d’élaboration. Elle ajoute que le projet est conduit de pair avec la réforme du secteur de la santé.
La ministre s’est également prononcée sur d’autres réformes en cours dans son ministère, notamment le projet d’informatisation du système de gestion de la carrière des fonctionnaires ainsi que les mesures engagées pour garantir la transparence dans le recrutement du personnel de l’Etat.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 343 fois