La disqualification du Bénin, dimanche 2 septembre dernier à Niamey au tournoi qualificatif Ufoa B comptant pour les éliminatoires de la Can U-17 Tanzanie 2019, pour tricherie sur l'âge des joueurs, continue de susciter des débats au sein de l’opinion. Cette deuxième sanction de l’histoire du football béninois pour les mêmes motifs interpelle et mérite que toute la lumière soit faite et que les coupables soient punis avec la dernière rigueur.

Le peuple béninois a appris avec consternation la disqualification de sa sélection nationale cadette par la Confédération africaine de football au tournoi qualificatif Ufoa B comptant pour les éliminatoires de la Can U-17 Tanzanie 2019, pour tricherie sur l'âge des joueurs. Cette sanction infligée au Bénin alimente, depuis dimanche dernier, les débats, en dépit du message du président de la Fédération béninoise de football, Mathurin de Chacus, du communiqué du comité exécutif de la Fbf et du message du ministre en charge des Sports sur sa page Facebook.

Le public sportif ne comprend pas comment 10 joueurs sur 18 se retrouvent inéligibles à cette compétition, malgré l’expertise et la contre-expertise subies pour l'ensemble des joueurs à la demande du ministre en charge des Sports, Oswald Homéky, avant le départ de la délégation pour Niamey.
Plusieurs avertis du monde sportif se demandent comment les joueurs David Tchetchao et Dominique Kougneadjo déclarés inéligibles par le centre de radiographie, d’échographie et de scanner de la Clinique « Les Grâces » suite à l’examen d’IRM se sont retrouvés à Niamey au détriment d’autres jeunes qui étaient éligibles sur la liste.
Les joueurs Shereef Yessoufou, Septime Ehoué et autres qui ont déclaré des âges contraires à ceux détectés par l’IRM auraient pu être des indices d’anticipation avant l’expédition. Autant de pistes à explorer pour comprendre le sujet. Il doit bien y avoir des coupables à chaque étape du processus ayant abouti à cette faute administrative ou cette légèreté. C’est pourquoi, il faut rechercher les auteurs et les punir, car c’est la deuxième fois que le Bénin subit une telle humiliation dans une compétition internationale.

Bis repetita !

En effet, suite à une réclamation du Mali en 2014, la Confédération africaine de football avait sanctionné le Bénin pour avoir triché sur l’âge de quatre joueurs U-17 lors des phases qualificatives pour la Can U-17 2015. A cette époque, les sélections U-17 et U-20 ont été disqualifiées et interdites de participer à tous matchs officiels sur une période de deux ans, allant de septembre 2014 à septembre 2016. Malheureusement, les responsabilités n’ont jamais été situées pour ce premier forfait. Les membres de la Fbf au moment des faits avaient admis des erreurs administratives, et avaient pris acte de cette décision de la Caf avant de se voir retirer l’agrément du gouvernement quelques mois plus tard lors du Conseil des ministres le 27 avril 2015. Aucun coupable n’a été puni pour cette faute qui avait pourtant terni l’image du pays.
L’impunité a laissé place aux errances administratives, à la triche et au gaspillage des ressources de l’Etat. Quatre années plus tard, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le Bénin paie à nouveau le prix de la sélection fantaisiste des joueurs inéligibles en équipes nationales de catégories d’âge malgré les moyens financiers mis à disposition du staff médical de l'équipe pour éviter une telle situation.
Malheureusement, la tricherie sur les âges en football est érigée en règle au Bénin depuis plusieurs années avec la complicité de certains officiers d’état civil. Cette situation déshonorante pour le pays devrait amener les autorités au haut niveau de la République à situer les responsabilités et à réfléchir à une vraie politique de formation à la base. Il faut interpeller tous les acteurs afin de décourager cette pratique à jamais.

Situer les responsabilités

A l’annonce de la triste nouvelle, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports, Oswald Homéky et le président du comité exécutif Mathurin de Chacus restent unanimes sur la suite à donner à ce dossier.
Pour Oswald Homéky, ce qui s'est passé à Niamey est inadmissible. Il souhaite qu'en de pareilles circonstances les responsabilités soient situées et les responsables sanctionnés quels que soient leur rang et leur position. « Le comité exécutif de la fédération et le ministère apporteront en toute responsabilité toutes les clarifications et tous les éléments de preuve » a-t-il promis.
Le ministre en charge des Sports qui a autorisé la participation de l'équipe au tournoi de Niamey à la suite des résultats d’IRM entend laver son honneur et celui du pays. « C'est une question de responsabilité et d'honneur », a-t-il écrit.
Pour sa part le président Mathurin de Chacus, peiné, promet également des sanctions. « Je ne manquerai pas à mon devoir patriotique de faire sanctionner tous ceux qui sont impliqués dans cette sale situation qui humilie mon pays », a-t-il déclaré. Il a saisi la justice en portant plainte contre X dans cette affaire.
Car, seules les sanctions à l’encontre des mis en cause pourront arrêter cette légèreté qui a caractérisé nos sélections depuis plusieurs années.
Le Bénin doit désormais respecter les règles d’une compétition sportive et en finir avec l’amateurisme ainsi que l’improvisation. Se faisant, cette pratique qui consiste à utiliser des joueurs sans papiers ou des joueurs étrangers sans liens d’origine avec le Bénin en équipe nationale du Bénin n’aura plus droit de cité.
Les regards sont tournés vers le gouvernement, le ministère en charge des Sports, le comité exécutif de la Fbf pour voir clair dans ce dossier.

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