Meilleure marqueuse et meilleure performance de la saison dernière en championnat pré-national français de basketball, l’internationale béninoise, Aïshatou Kondoh, 1 m 74, 24 ans, évolue en France au Firminy Chazeau Fayol depuis septembre 2017. Arrivée à Cotonou dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 3x3, l’ancienne joueuse de l’Association sportive du Port autonome de Cotonou, nous parle de son parcours, de son expérience française et invite les autorités à s’intéresser davantage à la promotion du basketball au Bénin.

La Nation : Après votre départ du Bénin, comment s'est passée votre intégration en France?

Aïshatou Kondoh : C’était une expérience difficile au début surtout à cause des conditions climatiques. Ce n’est pas facile de changer d’environnement. J’ai dû m’adapter à l’hiver, à la neige et à toutes les difficultés. Au niveau du club, tout s’est bien passé. Les dirigeants et mes coéquipiers ont été très accueillants et m’ont aidée à m’acclimater.

Comment se passe votre carrière de basketteuse en France?

J’ai commencé ma saison en France en septembre 2017 en pré-nationale ou excellence régionale où j’ai fini avec trois trophées dont la Mvp (meilleure joueuse), meilleure marqueuse et meilleure performance de la saison. La saison prochaine, je serai avec Carmaux basketball club, une équipe évoluant en national 2, un championnat, deux fois plus élevé que la pré-nationale.

Quel a été votre secret pour parvenir à ce niveau ?

Je dirais que mon secret reste le soutien de mes parents. Car, ils sont mes premiers motivateurs. Ils sont toujours présents quand j’ai besoin d’eux. Ce sont eux qui me conseillent et m’aident à aller de l’avant. Je pense que je n’aurais rien réussi sans eux.

Le parcours de votre compatriote et devancière Isabelle Yacoubou en France a-t-il été pour quelque chose dans votre intégration ?

Oui, le parcours d’Isabelle Yacoubou a beaucoup contribué à mon intégration en France. Car elle est très aimée par les Français. Pour avoir été non seulement joueuse exceptionnelle et un modèle en France, elle est surtout une grande sœur et une amie que tout le monde aurait voulu comme référence.

Rappelez-nous brièvement votre parcours avant l’expérience française !

J’ai commencé le basketball à 11 ans à Natitingou. Dans ma treizième année, j’ai eu la chance d’être détectée pour jouer avec l’équipe nationale cadette. Le reste a suivi. J’ai été après surclassée junior puis j’ai intégré la sélection senior. J’ai évolué dans plusieurs clubs comme Aspac au Bénin, First Bank  au Nigeria puis aux Seychelles avant de partir en France.

Avec votre expérience en France, comment appréciez-vous le niveau du basket-ball béninois?

Je peux dire que le basketball béninois a encore du chemin à faire si je me réfère à mon expérience personnelle en France. Toutefois, on n’est pas les moins lotis dans le monde. J’estime que nous sommes sur une bonne voie. Car, contrairement aux années antérieures, de nos jours, il y a l’organisation des camps de basketball pour initier les jeunes  et aussi des camps de perfectionnement pour les basketteurs en activité. Il va falloir continuer sur cette lancée pour relever le niveau de la discipline d’ici quelques années.

Quels sont vos rapports avec la Fédération béninoise de basketball?

J’entretiens de bonnes relations avec la Fédération béninoise de basketball. Il ne peut y avoir des problèmes entre nous. Ils m’ont souvent fait appel pour venir défendre les couleurs nationales chaque fois que le besoin se fait sentir. Je suis actuellement ici pour défendre les couleurs nationales dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 3x3 Fiba.

Quelles sont vos actions de soutien en faveur de votre club à Parakou ?

Une fois en France, j’ai parlé de mes projets pour l’évolution du basket béninois et ils m’ont donné quelques équipements, à savoir des maillots et des survêtements pour aider les joueurs de mon club à Parakou.

Quels conseils pouvez-vous donner aux filles qui veulent vous emboîter les pas ?

Je ne peux que leur demander de persévérer, de se donner des objectifs et de ne jamais abandonner leur rêve. Je les invite à travailler, car seul le travail paie.

Un plaidoyer à l'endroit des autorités béninoises ?

J’implore les autorités béninoises à s’intéresser davantage à la promotion du basketball en soutenant les camps de basketball organisés de nos jours. Car, ces initiatives permettront de découvrir les talents cachés. C’est l’un des moyens pour préparer la  relève  du basket béninois?

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