Au terme du championnat ‘’Challenge Ecureuils-Eléphants’’ organisé à Cotonou, le président de la Fédération handisport du Bénin, Abdel Rahman Ouorou Baré, se réjouit du succès de son initiative et donne rendez-vous au public pour d’autres éditions toujours avec un accent sur la promotion des droits des personnes handicapées, souvent laissées pour compte.

La Nation : Qu’est qui a motivé l’organisation du championnat « Challenge Ecureuils-Eléphants » ?

Abdel Rahman : Vous savez, nos sociétés sont de moins en moins inclusives parce qu'il y a de plus en plus de choix discriminatoires envers les personnes vulnérables, notamment les personnes handicapées et aucune place, par conséquent, ne leur est faite. Le handicap est perçu comme une fin en soi, une présomption d’incapacité. Cette conception injuste empêche la personne handicapée de déployer tout son potentiel et de s’acquitter du rôle qui est le sien dans la société. Sur cette base, mon collègue ivoirien et moi avions convenu d’initier ce projet intitulé « challenge écureuils-éléphants» qui est une rencontre handisport dans plusieurs domaines…
La mise en œuvre de ce projet nous a amené au-delà de nos attentes. C’est dire que le meilleur reste à venir et qu’autant que faire se peut, la famille paralympique verra que les choses évoluent. Ma récente rencontre ici à Cotonou avec la ministre française des Sports, Laura Flessel, est révélatrice du fait que le handisport devient digne d’intérêt. Cela augure de belles choses en matière d’équipements et de renforcement des capacités des acteurs du handisport béninois. Mon souhait le plus ardent est que les pouvoirs publics et privé continuent de croire en la capacité tous azimuts des personnes handicapées. Il est important que lorsque nous regardons une personne handicapée que nous voyions au-delà du handicap pour mettre en exergue les potentialités et les capacités des personnes handicapées. Je voudrais rappeler aux personnes handicapées que le combat pour la participation sociale est un combat de longue haleine. Pour que les habitudes et les paradigmes tombent, il nous faut comme un seul homme défendre nos droits afin de faire face à nos devoirs.

Quels étaient les objectifs d’une telle compétition ?

Cette initiative vise à sensibiliser la population béninoise sur les droits des personnes handicapées à participer aux activités sportives, renforcer les capacités de nos athlètes et coachs en prélude aux compétitions internationales notamment les jeux paralympiques de Tokyo, échanger sur la vie du handisport dans les deux pays afin de définir les nouvelles bases pour son évolution.

Quelles étaient les activités au programme ?

Il y a eu pendant ce championnat, de l’athlétisme 100 m, 200 m pour les personnes handicapées physiques, du saut en longueur, etc., du goal ball en démonstration, une rencontre de tennis de table et un match de basket ball en fauteuil roulant entre les deux pays. Il faut rappeler que des prestations artistiques d’artistes handicapés ont meublé cette rencontre.

Comment avez-vous vécu ces moments ?

Je voudrais tout d’abord rendre grâce à Dieu, car rien ne se fait sans son accord. Je suis animé par une satisfaction totale. Vous avez vous-même été témoins de ce que le partenariat avec nos sponsors dont la Coopération suisse au Bénin a permis de réaliser ce rêve. Dans de telles circonstances, l’impression qui vaille est celle des hôtes et je puis vous confirmer que les Ivoiriens sont repartis très satisfaits de leur séjour au Bénin. Sur le plan sportif, il faut reconnaître que les Béninois ont fait des prouesses par exemple Fayssal Atchiba a été double médaillé en or (athlétisme) ; Djibril Imorou, médaillé en argent en tennis de table assis ; Nassirou Domingo, médaillé de bronze en tennis de table assis. La plus grande attraction fut le match de basket ball en fauteuil roulant. Sur cette explication, le Bénin a remporté la coupe. Il faut également se satisfaire du déplacement du public béninois qui a été sensibilisé sur les capacités sportives des personnes handicapées. Plusieurs personnalités ont fait le déplacement notamment l’ambassadrice de France près le Bénin à qui je dis merci, le directeur adjoint de cabinet et le directeur des Sports d’élite du ministère des sports, les représentants des sponsors, etc. Après cette moisson, je ne peux être qu’heureux et une fois encore reconnaître la présente constante de cette main invisible qui a béni ce challenge. Je rends vraiment grâce à Dieu.

Qu’envisagez-vous faire pour les prochaines éditions ?

On ne peut pas s’arrêter en si bon chemin, les négociations sont déjà en cours pour associer d’autres pays de la sous-région pour leur implication afin de relever le niveau de la compétition. C’est le lieu de lancer la perche à d’autres sponsors. Je profite pour dire un sincère merci au parrain de l’événement, le ministre Oswald Homéky, pour son accompagnement, le suivi constant par ses services qui ont permis de gagner le pari de cette organisation. Ensuite, je voudrais reconnaître ici l’apport financier consistant de la Coopération suisse au Bénin et de la Société générale Bénin. Ces sponsors ont montré leur attachement à l’avènement d’une société inclusive qui ne laisse personne, quelle que soit sa situation, sur le bas côté de la rue. Je voudrais, au nom de la famille paralympique leur dire merci, à leurs premiers responsables et à tous leurs collaborateurs. Grâce à ces sponsors, la Fédération handisport du Bénin a relevé le défi lié à cet événement. Enfin, je voudrais reconnaître l’appui important de la presse béninoise sans laquelle rien de ce que l’on fait ne peut recevoir d’écho?

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