Passionné de football et membre de la diaspora béninoise en France, Mounirou Daouda traine sa bosse dans le milieu du sport roi depuis plusieurs années. Et son credo comme il aime à le rappeler est d’aider la jeunesse et principalement promouvoir celle de son pays en Europe. Dans cette interview, il nous parle de la compétition des jeunes dénommée du Tournoi international des centres de formation de football (TIC2F) qu’il organise actuellement à Cotonou et qui regroupe une douzaine d’équipes de la sous-région.

La Nation : Comment est née l’idée d’organiser ce tournoi de football ?

Mounirou Daouda : L’idée est venue du fait qu’il y avait une absence totale de ce genre de tournoi au Bénin. Il fallait donc qu’on fasse quelque chose. C’est pourquoi nous avons initié cette compétition, pour permettre aux jeunes des centres de formation de se mesurer entre eux et de jauger en même temps leurs niveaux.

La compétition est actuellement à sa 6e édition. Mais que peut-on en retenir?

Elle a grandi en maturité. Si c’était un enfant, à six ans, on peut dire qu’il a commencé par marcher. Aujourd’hui, le tournoi est reconnu dans le monde entier. La preuve, des experts du football sont présents. Ils sont venus simplement parce qu’ils en ont entendu parler. Ils ont vu des éléments sur le tournoi et m’ont confié après l’ouverture, qu’ils assistent à une fête formidable. Je leur ai répondu que le meilleur reste à venir le dimanche prochain. Puisque ce sera la finale avec la présence des autorités. Ça nous permettra, en même temps, de voir toutes les équipes ensemble et de les récompenser.

Pour cette 6e édition, quelles sont les équipes en compétition?

Pour cette édition, nous avons vu grand. Nous avons sept équipes de la sous-région qui sont présentes. Il y a le Kozaf, tenant du titre qui vient du Burkina-Faso. Nous avons aussi, deux équipes du Togo, une du Nigeria, une du Ghana, une qui est arrivée de la Côte d’Ivoire et une équipe mixte du Nigeria et du Ghana. Cette année, exceptionnellement, nous avons fait appel à une équipe de l’Afrique centrale, notamment du Cameroun pour rehausser le niveau de la compétition. Le Cameroun n’est plus à présenter au niveau du football mondial. L’objectif est de voir le niveau de ces jeunes par rapport à celui des nôtres ici au Bénin. Il y a cinq équipes qui ont été retenues après un tour préliminaire qui a eu lieu en décembre dernier. Il s’agit d’Alodo Sport, de Divinité suprême, de Bénin foot académie, d’Abi Sport et de Best Academy. Et je suis déjà satisfait parce qu’on assiste à des spectacles de grande qualité. Les scores sont très serrés. On a suivi les conseils de nos experts de l’année dernière. Un brassage a été effectué pour avoir une compétition de qualité.

Des experts ont été aperçus dans les gradins?

Exact, ils sont présents. Nous avons Japhet Ndoram, qu’on ne présente plus sur le continent africain. Il est un ancien de Nantes et a fait aussi les beaux jours de Monaco. C’est un très grand joueur tchadien qui s’est mis aujourd’hui dans l’événement. Il est un parrain de cet événement parce que, après avoir vu le projet, il y a adhéré. Il est accompagné de Lamine Badiane, un journaliste reconnu sur le plan mondial. Ce sont des gens qui ont adhéré à notre projet et qui ont décidé, depuis l’année dernière, de venir nous soutenir chaque fois. Il y a aussi José Anigo qu’on ne présente plus. Directeur de recrutement de l’Olympique de Marseille pour l’Afrique, il est là aujourd’hui pour détecter des pépites. Il y aura aussi des représentants du Football Club de Rennes ce jour, avec notre compatriote Eric Atta qui est le responsable du recrutement au niveau de cette équipe. Il sera dans les tribunes ce jeudi 21 avril, pour voir ce qu’il y a de meilleurs et de talentueux parmi nos jeunes. L’objectif, comme il l’a laissé entendre, c’est d’arriver à dénicher de belles perles pour l’autre côté de la Méditerranée.

Qu’en est-il des enfants que vous aviez sélectionnés l’année dernière ?

Effectivement, deux joueurs avaient été détectés par l’Olympique de Marseille. Ils ont reçu des convocations avec une prise en charge totale pour effectuer l’essai. Malheureusement, ces jeunes, au moment d’arriver à l’aéroport, ont accusé une heure de retard. Ils ont raté le vol. Avec les clubs professionnels de football en Europe, ce sont des erreurs qui ne se pardonnent pas. J’ai joué ma partition en essayant de les mettre en vitrine pour que les experts les recrutent. Le reste, c’est à voir avec leurs dirigeants. C’est pourquoi aujourd’hui, nous avons sensibilisé la plupart des responsables de ces centres de formation. S’ils ont de bons joueurs, ils doivent déjà commencer à réunir leurs papiers, parce qu’à n’importe quel moment, on peut les retenir. Si vous avez une perle, vous devez le reconnaître. Parlant des pièces, il s’agit surtout des passeports par exemple. Son établissement peut prendre jusqu’à deux mois parfois alors qu’il y a la convocation qui demande que le joueur concerné débarque rapidement. Les responsables ont tous compris que pour réussir ensemble, chacun doit y mettre du sérieux.

Comment préserver les acquis et aller de l’avant ?

Mon souhait est de voir l’Etat béninois s’impliquer dans l’organisation de ces genres de compétition. Il nous faut son accompagnement. Tout seul, on n’arrive à rien. Ensemble, nous réussirons à soulever des montagnes. Si le gouvernement prend conscience aujourd’hui que ce genre d’événement permet à la jeunesse de montrer ses talents, je pense qu’on peut y arriver. Le Bénin est connu sur le plan politique. Mais, pourquoi ne pas continuer à travailler pour qu’il le soit aussi dans d’autres domaines comme le sport ? Je vais également profiter de cette occasion, pour demander aux sponsors de nous accompagner. Si on veut que le football béninois rayonne en Afrique et dans le monde, il faut que les sponsors adhèrent à ce genre de projet. Avec un peu de moyens, on peut accompagner. On est ouvert à toutes les propositions.

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