Une formation d’une trentaine de chercheurs, universitaires et étudiants sur la prise en charge globale des Personnes vivant avec le Vih/Sida (Pvvih), a lieu du 3 au 28 octobre prochain à la Faculté des Sciences de la santé de Cotonou. C’est pour contribuer au renforcement des capacités des agents de santé intervenant dans les centres de santé. A cette occasion, une conférence de presse sur les défis de la mise en œuvre des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la prise en charge de l’infection à Vih a été organisée, mercredi 5 octobre.

Le 30 septembre 2015 à Genève, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandait que toutes les personnes infectées par le Vih commencent par suivre le traitement antirétroviral le plus tôt possible après le diagnostic. Elle proposait également qu’il soit retenu de «Traiter tout le monde». L’OMS propose aussi le traitement antirétroviral préventif à toute personne exposée à un risque «Substantiel» d’infection par le Vih. Il s’agit de faciliter à tout porteur du Vih, les conditions requises pour pouvoir bénéficier du traitement antirétroviral. Ainsi, le traitement est désormais à la portée de toutes les populations et à toutes les tranches d’âge. Ces informations apportées par le professeur d’université à Abidjan, Serge Paul Eholié, au cours de la conférence de presse, constituent des défis que chaque pays doit relever d’ici 2030.
Selon le coordonnateur du Programme national de lutte contre la Sida, Dr Imorou Bah Chabi Ali, les recommandations évoquées ont été mises au point pour apporter une révolution dans la prise en charge des Pvvih à travers le monde entier. Il s’agit de procéder à la revue des recommandations, voir leur mise en œuvre dans chaque pays afin de procéder à un certain nombre de correction. Chaque deux ou trois ans, l’OMS audite un peu les protocoles de prise en charge dans les pays, essaie de trouver les failles en tenant compte de l’évolution de la science et d’un certain nombre d’indicateurs. Elle recommande aux différents pays de modifier leurs protocoles de prise en charge afin d’améliorer la prise en charge des patients.

Le rôle de chaque pays

Il reste, confie Dr Imorou Bah Chabi Ali, à travailler au niveau des acteurs pour modifier le protocole de prise en charge, à les former sur le terrain et surtout, à mobiliser les ressources pour être en mesure de soigner les 38 000 Béninois en traitement sous ARV. Ce qui coûte, souligne-t-il, à peu près 6 milliards F CFA par an, montant dont le Bénin contribue à hauteur de 1,5 milliard F CFA pour l’achat de ces ARV. Le Fonds mondial apporte le complément. Ce montant passera à 8 milliards en 2017, en raison du nombre de personnes à traiter.
Le conférencier Serge Paul Eholié assure que dans ses nouvelles lignes directrices, l’OMS insiste sur le fait que, pour l’application efficace de ces recommandations, les pays veilleront à ce que le dépistage et le traitement de l’infection à Vih soient facilement accessibles et que les personnes mises sous traitement soient soutenues pour suivre les schémas thérapeutiques recommandés et rester dans le système de soins. Ainsi, le nombre des personnes remplissant les conditions requises pour le traitement antirétroviral va passer de 28 millions à l’ensemble des 37 millions de personnes vivant actuellement avec le Vih dans le monde. L’accès élargi au traitement est au cœur d’un nouvel ensemble de cibles pour 2020 visant à mettre fin à l’épidémie de Sida d’ici à 2030 : 90 % des personnes vivant avec le Vih connaissent leur statut, 90 % de ces personnes sont sous traitement antirétroviral et 90 % des personnes sous traitement antirétroviral ont une guérison totale.
Selon le coordonnateur adjoint de la formation, Marcel Zannou, la formation qui durera quatre semaines permettra aux participants d’acquérir des compétences et aptitudes pour expliquer les mécanismes physiopathologiques du Vih/Sida, les différents aspects de la prise en charge globale et de la prévention de la transmission du Vih de la mère à l’enfant dans la vision « 90,90,90 ». Ils pourront, aux termes des travaux, entreprendre le suivi-évaluation et la recherche opérationnelle dans leur site et assurer la gestion d’un site de prise en charge, toute chose utile et indispensable à l’amélioration des conditions de vie des Pvvih. Cette formation porte sur plusieurs domaines dont : les généralités sur les Vih prenant en compte les aspects liés à l’épidémiologie, la biologie, le conseil dépistage, la législation liée à l’infection et à la prise en charge psychosociale. Il s’agira aussi de la prévention de la transmission Mère à l’enfant, de la gestion pratique d’un site de prise en charge, du suivi-évaluation et recherche sur le Vih/Sida.

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