Issue des tissus musculaires de mammifères tels le bœuf, le mouton, la chèvre…, la viande rouge est très consommée au Bénin. Elle est bénéfique pour la santé mais contient des éléments nutritifs dont l’abus pourrait exposer le consommateur à des risques accrus de maladie.

« Moi j’adore la viande de bœuf et celle de mouton et j'en consomme presque tout le temps », indique Josiane Gomez, mère de deux enfants. Elle ajoute qu’elle n’est pas du tout habituée au poisson et ne l’utilise que quelques rares fois. Sofiath Yarou, mère de trois enfants, confie quant à elle, qu’elle prépare souvent la viande de mouton qu’on lui ramène du Nord. Elle précise toutefois qu’il lui arrive de varier avec l’aileron de dinde et le poisson, qui sont les préférences de son mari et de ses enfants. Il apparaît donc que la viande rouge est très prisée. Pourtant, il faut s’en méfier !
Selon la nutritionniste diététiste, Prisca Deou Bachabi, la viande rouge, du point de vue nutritionnel, contient des protéines, du glycogène, des matières grasses, le fer, la vitamine b29, la vitamine b3, du zinc, du sélénium, de l’eau… « Les protéines luttent contre l’envahissement des microbes chez les enfants. Elles permettent le développement staturo-pondéral. Bien que nous ayons besoin des protéines dans l’organisme et de l’apport des autres éléments que contient la viande, il faut la dose, la portion adéquate », fait savoir Prisca Deou Bachabi. Riche en cholestérol, elle précise que lorsqu’on consomme la viande de façon fréquente et en grande quantité, ce cholestérol, une fois dans l’organisme, constitue des graisses et forme des plaques d’athéromes entre les artères. Ainsi, poursuit-elle, lorsque la personne n’est pas habituée à faire des exercices physiques pour convertir les graisses en énergie, ces plaques peuvent entraver la circulation sanguine et le sang n’est plus fluide et là on parle de maladie cardiovasculaire, d’obésité, de cancer… Selon ses dires, pour consommer la viande rouge, la technique de cuisson est tout aussi importante. « Il n’est pas bon après l’abattage de mettre la viande directement au feu. Il faut que le fer passe de l’état ferreux à l’état ferrique. C’est pourquoi il est important de faire la marinade. En voulant morceler la viande, il faut savoir la décapiter et enlever les parties où se trouvent les graisses», explique la nutritionniste. D’après elle, il n’est pas bon de frire la viande car en faisant cela, l’on apporte encore un excès de matière. L’idéal, selon elle, est de fumer la viande sur la braise car ce faisant, la graisse se transforme en huile et se disperse dans le feu.

Attention à l’excès !

Parlant de la quantité à prendre, Prisca Deou Batchabi fait savoir qu’il faut généralement un kilogramme de viande pour 8 personnes soit 1,25 gramme par personne. Dans une semaine, insiste-elle, il ne faut pas consommer de viande rouge plus de deux ou trois fois, pour ne pas s’exposer aux maladies cardiovasculaires. De plus en plus, des études arrivent à la même conclusion : « l’excès de viande rouge augmente les risques de cancer du côlon ». Parmi les causes, on pointe les quantités de graisses saturées et de fer héminique, l’ajout de nitrite et de sel aux charcuteries, les substances cancérogènes dans la viande brûlée,… Aussi, selon le Conseil supérieur de la Santé (Css), il est conseillé de ne pas consommer plus de 500 grammes de viande rouge par semaine.
Dans tous les cas, Prisca Deou Bachabi recommande qu’il faille apporter des omégas 6 qui sont riches en anti- cholestérol à l’exemple de la noix Acajou, les fruits et légumes, le vin…, pour réduire les risques. Parlant d’ailleurs des risques que courent les personnes qui consomment de la viande rouge chaque jour ou presque tous les jours, elle précise qu’elles sont exposées à l’hypertension, l’obésité, le cancer du côlon, la prostate et les maladies cardiovasculaires.
Si l'Institut de recherche sur le cancer recommande de ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge par semaine et de limiter la quantité de charcuterie à 50 grammes par jour, la nutritionniste diététiste, quant à elle, conseille un apport de viande encore plus faible, en particulier pour les patients diabétiques ou atteints de maladies cardiovasculaires.

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