Les cardiologues recommandent des activités et des exercices physiques réguliers pour prévenir les maladies cardiovasculaires et même sans médicaments. Toutefois, si les activités physiques sont sans aucun danger, la pratique de l’exercice physique nécessite une prescription médicale. Le professeur Barnabé Akplogan et le cardiologue Gildas Assogba expliquent les raisons de ces exigences.

Accomplir certains travaux domestiques relève des activités physiques qui font du bien à l’organisme du point de vue santé. C’est ainsi que toute personne qui s’affaire au ménage sans être statique est toujours en bonne santé. C’est pourquoi, le professeur Vincent Enagbo Avocètien témoigne ne jamais se lasser de laver lui-même son véhicule, faire la vaisselle, aider sa femme à faire la cuisine et même à faire le lit. « Depuis que j’ai compris que je ne dois plus rester tranquille et regarder les autres faire, je suis toujours en bonne santé », déclare-t-il. 

Le professeur Barnabé Akplogan explique que l’exercice physique est la pratique sportive qui permet d’améliorer la santé et qui doit être pratiquée selon une méthode bien précise. Les autres activités auxquelles l’on s’adonne au quotidien sont qualifiées d’activités physiques tout simplement. Le sport, explique-t-il, implique l’idée de compétition. Le professeur insiste sur l’importance de l’exercice physique dans la prévention de l’obésité qui est un véritable problème de santé publique. Des études réalisées à Porto-Novo, dit-il, montrent les bienfaits de l’exercice physique dans la solidité de la charpente osseuse et des lombalgies, des maux de reins chez les femmes hypertendues. « Mais autant la pratique de l’exercice physique est bénéfique autant elle peut s’avérer dangereuse si elle n’est pas exercée dans un cadre bien précis », souligne-t-il. Il a également insisté sur l’importance de contrôler la fréquence cardiaque, c’est-à-dire les battements du cœur lorsqu’on fait l’exercice physique. Car cette fréquence cardiaque ne doit pas dépasser certaines limites qu’on appelle fréquence maximale théorique et qui est appelé par la formule : (220 – l’âge de la personne). Lorsqu’on ne respecte pas ces règles, prévient-il, il peut avoir des accidents graves. Le professeur Barnabé Akplogan ne partage pas le fait que l’exercice physique se fait un peu partout dans les villes sans aucun contrôle. Car, s’indigne-t-il, ces milieux sont bien pollués de même que les salles de Gym qui ne sont pas aérées. « Le cœur ne bat pas indéfiniment et il est indispensable de connaître sa fréquence cardiaque maximale pour savoir quels types d’activités mener », renchérit le président de la Société des cardiologues du Bénin, Martin Houénassi qui insiste sur le fait que l’âge est un facteur essentiel dans les risques de maladies cardiovasculaires.

Apprécier l’intensité d’un exercice physique

En insistant sur les bienfaits de l’exercice physique qui s’intègre dans un cadre global de modification des comportements des malades, Barnabé Akplogan souligne que l’exercice physique doit être prescrit comme un médicament par le cardiologue ou un médecin de sport et donc doit être respecté par le malade au même titre que les autres médications qui sont recommandées.
A cet effet, le cardiologue Gildas Assogba déplore que les maladies cardiovasculaires soient les premières causes de décès dans le monde, mais se réjouit que la pratique de l’exercice physique soit un moyen efficace de prévention. Il définit les critères qui permettent d’apprécier l’intensité d’un exercice physique, notamment selon le niveau d’effort ressenti par la personne. Il y a, cite-t-il, des activités de faible intensité, d’intensité modérée, d’intensité élevé et d’intensité très élevée.
Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), rapporte-t-il, pour avoir un corps sain, il faut avoir pratiqué une activité physique d’intensité modérée régulière et au moins pendant trente minutes et au moins cinq jours par semaine à composante plutôt dynamique que statique. Ainsi, la marche est un exercice physique pratique et idéal très simple à pratiquer et très peu coûteux, ajoute-t-il avant d’inviter les populations à reconnaitre leur bon niveau d’intensité physique lorsqu’elles pratiquent l’exercice physique. Il s’agit d’être capable de parler mais pas de chanter. Donc il faut avoir un niveau d’essoufflement moyen pour éviter des accidents lors des exercices physiques. En ce qui concerne des personnes qui souffrent les maladies du cœur, il est indispensable qu’ils aient un bilan cardiovasculaire avant de faire l’exercice physique.
Le cas des sportifs de haut niveau a été abordé. Dr Assogba définit l’athlète comme une personne qui pratique le sport à raison de 8 heures par semaine depuis au moins six mois. Ces athlètes avant de pratiquer le sport doivent avoir une licence et qui doit être délivrée après avoir eu un examen cardiovasculaire qui inclut notamment l’interrogatoire, l’examen physique et un électrocardiogramme.

10 règles d’or pour un exercice physique efficace

Le Club des cardiologues du sport de France a publié dix règles d’or à respecter.
La nécessité de faire un bilan cardiovasculaire avant de se remettre à la pratique du sport que tout individu de plus de 40 ans ; l’importance d’éviter de faire l’exercice physique lorsqu’il fait trop chaud ; l’importance de boire de l’eau pendant 3 ou 4 gorgées d’eau toutes les 30 min pendant qu’on pratique l’exercice physique ; l’importance de faire attention à un certain nombre de signe lorsqu’on est en train de faire l’exercice physique ; et notamment un cœur qui bat trop vite, un essoufflement anormal, des douleurs dans la poitrine et devant lesquels il faut s’arrêter et aller consulter. Il ne faut pas faire l’exercice physique lorsqu’on fait de la fièvre.

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