L’Institut régional de santé publique (Irsp) de Ouidah accueille du 26 au 29 mars, un colloque international sur le thème « Régulations, marchés, santé : interroger les enjeux actuels du médicament en Afrique ». Cette rencontre scientifique qui regroupe plus de 150 spécialistes en la matière et des étudiants, venus de plusieurs pays, est une occasion pour analyser le mode de production et de distribution des médicaments selon la législation en vigueur.

Quatre conférences, six ateliers et deux sessions de communications courtes sont au menu du colloque international sur « Régulations, marchés, santé : interroger les enjeux actuels du médicament en Afrique » qui mobilise des spécialistes depuis hier à l’Institut régional de santé publique Alfred Quenum à Ouidah.
A l’ouverture des travaux de ce colloque qui prend fin jeudi prochain, le directeur de l’Irsp, Marius Ouindo, a rappelé les missions de son institut avant d’informer qu’il y a une filière consacrée aux médicaments. D’où le colloque international en cours est le bienvenu, se réjouit-il.
Présentant les motifs qui ont conduit à l’organisation de ce colloque, Carine Baxerres Merit de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) France a fait l’historique d’une étude qu’elle a effectuée au Bénin, il y a dix-huit ans sur le traitement de la fièvre et qui l’a conduite dans le marché informel de la vente des médicaments. Selon elle, cette recherche a été une occasion pour elle de mener des réflexions avec des chercheurs béninois. Des recherches qui les ont conduits au Ghana où ils ont fait la découverte de Daniel Kojo Arhinful, Noguchi Memorial Institute for Medical Research, University of Ghana Legon. Carine Bascerres a souligné qu'avec Daniel Kojo Arhinful des études comparées du mode de production et distribution des médicaments dans les deux pays ont été faites ; autrement, une étude dans un pays francophone comparée à celle d’un pays anglophone. Le colloque international de Ouidah, selon elle, a trois voix : le Bénin, le Ghana et la France.
Fier du partenariat qui leur a permis de faire ces études, Daniel Kojo Arhinful affirme qu’il attend du colloque de Ouidah, des suggestions et des recommandations pour des solutions adéquates aux problèmes qui se posent dans le domaine pharmaceutique dans les pays africains.
« Ce colloque international sera une occasion d’analyser le mode de production et de distribution des médicaments selon la législation en vigueur », espère le professeur Roch Houngnihin du Laboratoire d’anthropologie médicale appliquée de l’Université d’Abomey-Calavi.
Pour le représentant résident de l’Ird, Florent Engelmann, co-organisateur de colloque, la production des médicaments est une priorité. L’étude desdits médicaments, ajoute-t-il, est une problématique globale qui implique tous les continents.

Des préoccupations

Florent Engelmann a fait également l’historique de son institut qui est installé au Bénin depuis 1962, preuve que les chercheurs béninois et ceux de l’Ird ont une histoire en matière de partenariat.
En ouvrant les travaux, le vice-recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, Marcel Zannou, a insisté sur l’importance de la formation dans le domaine pharmaceutique avant de déclarer que ce colloque va fonder les activités de recherche sur le médicament avec les pratiques.
Des conférences à animer au cours du colloque, il faut retenir, des thèmes comme « Approche historique des enjeux entourant le médicament en Afrique » ; « Enjeux locaux émergents des médicaments en Afrique » ; « Enjeux politiques entourant les médicaments en Afrique ». Les participants auront également droit à des communications sur l’industrialisation de la médecine traditionnelle en Afrique de l’Ouest, ainsi que sur les enjeux de régulation pharmaceutique en Afrique de l’Ouest.
En ce qui concerne les ateliers, ils portent sur les marchés du médicament ; la construction des appareils politiques ; les enjeux et relances de la production locale ; le médicament au centre des systèmes de santé ; une consommation pharmaceutique sous influence ; puis la standardisation des médicaments « traditionnels ».
Ce colloque intervient dans un contexte où des dizaines de tonnes de faux médicaments ont été saisies et plusieurs grossistes-répartiteurs de produits pharmaceutiques impliqués ont été arrêtés et condamnés à quatre ans de prison et une forte amende.

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