L’accessibilité des femmes au dispositif de l’Elimination de la Transmission du Vih de la mère à l’enfant (Etme) est un pari gagné dans la zone sanitaire Zogbodomey-Bohicon-Za-Kpota (Zoboza). Au centre de santé public de Bohicon, les femmes séropositives perdues de vue sont sauvées de même que leurs enfants, grâce à l’appui de l’Unicef.

Rinal (nom d'emprunt), la quarantaine, mère de six enfants est pétillante de forme. Visage rayonnant et démarche rassurante, elle vient chercher ses antirétroviraux auprès de la sage-femme, responsable de la "Prévention transmission mère-enfant du Vih", Blandine Mèkpo, au centre de santé de Bohicon. Son état physique et le sourire qu’elle affiche ne donnent place à aucun soupçon sur le virus qu’elle porte.
Pourtant, il y a quelques mois, Rinal était très chétive. Elle était perdue de vue, faute de soutien moral pour l’aider à faire face à sa maladie. Ramenée au centre de santé, elle présentait un air maigre et abattu.« J’avais beaucoup maigri et ne croyais plus en la vie », confie-t-elle.
Très vite, les choses ont tourné en sa faveur. Remise sous antirétroviraux (Arv) à son retour au centre de santé de Bohicon, Rinal a repris la forme et des forces. « Depuis que j’ai commencé à prendre les Arv, j’ai le cœur tranquille, je ressens un soulagement », se réjouit-elle.
L’histoire de Rinal réflète le vécu des femmes vivant avec le Vih dans la zone sanitaire Zogbodomey - Bohicon - Za-Kpota (Zoboza). Les femmes perdues de vue entre 2015 et 2017 sont estimées à 142 pour 106 retrouvées dans la zone, explique le point focal Elimination transmission mère-enfant (Etme) de la zone, Blandine Mèkpo. La coordination de Zoboza en collaboration avec les médiatrices se lancent pour défi de les ramener au traitement.
« La recherche active des perdues de vue se fait tous les trois mois avec l’objectif de ramener au moins 70 % des cas », souligne-t-elle. Ce travail est facilité par l’Unicef qui assure le financement de la recherche des cas et appuie la zone sanitaire en matériels de travail, poursuit-elle. Pour l’atteinte des objectifs assignés au programme dans la zone sanitaire, l’institution onusienne appuie également la formation des sages-femmes, infirmiers et aides-soignants. Des appuis qui allègent la tâche aux acteurs.
A Zoboza, on n’attend pas le pire avant d’agir. Avec les moyens accordés par l’Unicef, la recherche des perdues de vue est aisée. « Lorsque les femmes séropositives manquent deux rendez-vous, on lance des recherches en leur direction. Cette recherche est organisée sur la base d’un bilan trimestriel en synergie avec les médiatrices », souligne Blandine Mèkpo.

Mécanisme

Geneviève Bangbola, médiatrice au centre de santé de Bohicon, explique le mécanisme d’identification des femmes perdues de vue : « Sur cent femmes, nous arrivons à ramener quatre-vingt-dix. La plupart des femmes sont des cas que nous suivons de près ». Le travail des médiatrices s’apprécie surtout en direction des femmes et gestantes séropositives. Grâce à elles, ces cibles reprennent le traitement et retrouvent la santé.
En 2015, le centre a ramené 75% des perdues de vue, 80 % en 2016. C’est avec beaucoup de satisfaction que la sage-femme responsable de la zone, Colette Béhanzin, évoque le travail des intermédiaires. « Depuis que nous avons commencé les recherches, les cas de perdues de vue ont beaucoup diminué », se réjouit-elle. Elle explique que 100 % des cas retrouvés sont réintroduits dans le circuit de la prise en charge. Leurs enfants bénéficient du dépistage précoce du Vih par la Pcr « Polymerase Chain Reaction », un test de diagnostic chez les enfants nés de mères séropositives avant les 18 premiers mois. Les enfants dépistés sont traités en fonction de leur état sérologique.
Selon la sage-femme, l’Etme est un dispositif à promouvoir. « Depuis que nous avons commencé la Prévention transmission mère-enfant, (Ptme), nous n’avons détecté aucune contamination mère-enfant, » affirme-t-elle, tout en plaidant pour le renforcement de l’appui de l’Unicef en direction des gestantes séropositives.
L’assistance trouvée auprès des médiatrices et des agents de santé à Zoboza apaise les perdues de vue retrouvées et les gestantes séropositives. C’est avec beaucoup d’assurance qu’André a accompagné son épouse, gestante séropositive dans le centre de santé de Bohicon, pour la réception des Arv. Les produits étant toujours disponibles, le couple André minimise souvent les 40 km séparent leur domicile centre de Santé.
« Nous bénéficions d’une grande attention auprès des médiatrices et de la sage-femme. Leurs conseils m’ont permis d’accoucher d’un bébé sain. Je porte actuellement ma deuxième grossesse avec le Vih et je ne crains rien », indique l’épouse d’André, un petit sourire au coin des lèvres.Signe que le dispositif Ptme offre une véritable assurance aux femmes et gestantes séropositives dans la zone sanitaire Zoboza?

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