Dans le cadre de la célébration de la couverture universelle en santé, le ministre de la Santé, Alassane Séidou, a rendu publiques, vendredi 15 décembre dernier à Cotonou, les mesures prises par le gouvernement pour assurer la santé pour tous.

La couverture universelle en santé, selon le ministre de la Santé, Alassane Séidou, est une composante essentielle du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, et un élément clé de tout effort de réduction des inégalités sociales. Elle témoigne de l’engagement des pouvoirs publics à améliorer le bien-être de tous les citoyens.
Il a saisi l’occasion pour rappeler les dispositions prises par le Bénin, pour poursuivre résolument sa marche vers la couverture universelle en santé. Le Programme d’action du gouvernement, dit-il, dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations, prévoit : le renforcement des infrastructures sanitaires et du plateau technique à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et le renforcement des ressources humaines à travers un plan de formation de spécialistes et une programmation de recrutements en personnel qualifié.
Il a, à cet effet, mis l’accent sur la mise en œuvre du programme dénommé Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Il s’agit d’un dispositif qui a une composante Assurance maladie qui sera obligatoire pour toute la population. L’opérationnalisation de cette assurance maladie permettra de supprimer le paiement direct. Elle sera fondée sur la solidarité nationale avec l’option de prise en charge par l’Etat des primes d’assurances des populations indigentes.
Ainsi, pour améliorer l’efficacité du système de santé afin qu’il contribue à la marche accélérée vers la couverture universelle en santé, le gouvernement a entrepris des réformes nécessaires, sur les plans institutionnel, organisationnel et fonctionnel.
Car, ajoute-t-il, pour qu’une communauté ou un pays parvienne à la couverture universelle en matière de santé, plusieurs facteurs doivent être réunis, à savoir un système de santé solide, efficace et bien géré qui réponde aux besoins de santé prioritaires au moyen de soins intégrés centrés sur les personnes ; et des soins à un coût abordable avec un système de financement des services de santé qui évite aux usagers de rencontrer des difficultés financières lorsqu’ils y font appel.
A ces efforts s’ajoute l’accès aux médicaments et aux technologies essentiels pour diagnostiquer et traiter les problèmes médicaux et des effectifs suffisants de personnels de santé bien formés et motivés pour dispenser les services et répondre aux besoins des patients en se fondant sur les meilleures données factuelles disponibles.
Il importe aussi, ajoute-t-il, de reconnaître le rôle capital joué par les autres secteurs en matière de santé ; qu’il s’agisse de la composante eau, hygiène et assainissement, de l’agriculture, des transports, de l’éducation ou de l’aménagement du territoire. Ainsi, le succès de tout ce qui est entrepris requiert l’engagement et la mobilisation de toutes les parties prenantes aux côtés du gouvernement.

Services de santé de qualité

Adoptée en 2005 par la résolution de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), puis en 2012 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la couverture universelle en santé est retenue comme cible des objectifs de développement durable en 2015. La couverture universelle en santé, a expliqué, Dr Epiphane Gainsi, vise à assurer à chacun l’accès aux services de santé de qualité dont il a besoin en garantissant une protection à la population par le financement contre le risque de dépenses catastrophiques, facteur d’appauvrissement important des nations. Cette couverture, selon lui, se repose sur quatre piliers à savoir : le système de santé solide et bien géré, la fourniture de soins de qualité à coût abordable et accessible, l’accès aux médicaments et technologies médicales essentiels, et la fourniture effectifs suffisants de personnel de santé bien formé et motivé.
Malgré les efforts déployés par le gouvernement, a-t-il déploré, cette ambition n’a pas encore produit les fruits escomptés. Il en veut pour preuve, la situation sanitaire du Bénin qui affiche un taux élevé de mortalité maternelle et infantile et la malnutrition est encore très répandue dans les couches les plus vulnérables. Il faut aussi ajouter l’insuffisance et la mauvaise répartition des agents de santé dans les formations sanitaires à divers niveaux de la pyramide sanitaire sans occulter les fréquentes pénuries des produits pharmaceutiques.
De façon générale, dira-t-il, très peu de pays africains, comme le Bénin, disposent de moyens d’accéder à des soins de santé de qualité de façon adéquate et durable. En témoignent les faibles statistiques relevées dans trois pays ayant participé à l’étude sur le financement pérenne de la santé et de la couverture maladie universelle. Ainsi, au Sénégal, seulement 20% de la population est couvert contre le risque maladie, en Côte d’Ivoire 15% et au Bénin 8,4%. Ces chiffres, se convainc-t-il, montrent un faible niveau d’accès des citoyens aux services de la santé. Cette triste réalité s’explique par la place modeste accordée malheureusement à la santé en matière de financements publics?

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