«19,5 millions de personnes restent en vie grâce aux traitements et le taux de mortalité due au Sida a été divisé par deux depuis 2005 ». Cette annonce a été faite le 20 juillet dernier à l’occasion de la publication du rapport du Programme commun des Nations unies sur le Vih/Sida (Onusida), « En finir avec le Sida: progresser vers les cibles 90-90-90 ».

La balance a enfin penché, se réjouit l’Onusida qui apprécie dans son rapport, les efforts accomplis dans le monde pour faire reculer les ravages de l’infection à Vih/Sida. La palme d’or revient aux pays de l'Afrique de l’Est et de l’Afrique australe qui ont réduit de 30% le nombre de nouvelles infections par le Vih depuis 2010. « Plus de la moitié des personnes porteuses du Vih (53%) ont désormais accès au traitement et les décès liés au Sida ont diminué depuis 2005. En 2016, sur les 36,7 millions de personnes porteuses du Vih, 19,5 millions ont eu accès au traitement et les décès liés au Sida ont chuté de 1,9 million en 2005 à 1 million en 2016 », précise le rapport. Des résultats encourageants qui fondent l’optimisme de l’agence onusienne. « Nous avons atteint l’objectif 2015 de 15 millions de personnes sous traitement et nous sommes en train de doubler ce chiffre, pour arriver à 30 millions et atteindre l’objectif 2020», se réjouit Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida.

Les cibles 90-90-90 presqu’atteintes

Afin d’accélérer les progrès, l’Onusida a fixé en 2014 des cibles à atteindre : 90-90-90. Ce qui signifie que des efforts doivent être poursuivis pour qu’en 2020, 90% des personnes porteuses du Vih soient informées de leur séropositivité, 90% de toutes les personnes diagnostiquées séropositives aient accès à une thérapie antirétrovirale soutenue et 90% de toutes les personnes ayant accès au traitement antirétroviral soient viro-inactivées.
Dans son rapport, « En finir avec le Sida : progresser vers les cibles 90-90-90 », l’Onusida montre qu’en 2016, la vision 90–90–90 a été transformée en réalité dans plusieurs régions du monde. « Plus des deux tiers (70%) des personnes porteuses du Vih étaient informées de leur séropositivité. De toutes les personnes porteuses du Vih 77% avaient accès au traitement, et 82% des personnes sous traitement étaient viro-inactivées, c’est-à-dire qu’elles avaient une charge virale supprimée », précise le rapport.
Si la tendance se maintient, l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe, l’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale, ainsi que l’Amérique latine devraient atteindre les cibles 90-90-90 d’ici à 2020. A en croire l’institution, sept pays ont déjà réalisé les cibles 90-90-90 : il s’agit du Botswana, du Cambodge, du Danemark, de l’Islande, du Singapour, de la Suède et du Royaume Uni. De nombreux autres sont également sur le point de parvenir à ces résultats.
Au même moment, les décès liés au Sida continuent de baisser. Les nouvelles infections diminuent même si le rythme de diminution ne permet pas d’atteindre la cible d’ici à 2020.

L’Afrique de l’Ouest à la traine

Cette progression n’a pas été observée partout. D’autres régions comme l’Afrique de l’Ouest et du Centre sont à la traîne. « La connaissance du statut sérologique chez les personnes vivant avec le Vih était inférieure à 60% au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest et du Centre », relève le rapport. Cela s’explique, entre autres, par les difficultés et la faiblesse des systèmes sanitaires auxquelles sont confrontées les personnes vivant avec le Vih. Dans certaines régions comme l’Europe de l’est et l’Asie centrale, les décès liés au Sida ont augmenté.
« Au niveau mondial, le progrès a été significatif, mais du travail reste néanmoins à faire », avertit l’Onusida. L’institution parraine une initiative soutenue par l’Union africaine en vue du recrutement et de la formation de deux millions d’agents sanitaires communautaires en Afrique, afin de soutenir davantage la capacité des systèmes sanitaires à fournir des soins de santé dans toute la région. En ce qui concerne les enfants porteurs du virus, seulement 43% d’entre eux ont accès au traitement antirétroviral contre 54% d’adultes. Il reste à travailler à ce niveau pour diagnostiquer et traiter les enfants porteurs du Vih. Il en est de même pour les populations jeunes qui restent très exposées à l’infection.
Par ailleurs, l’Onusida travaille avec Médecins sans frontières et l’Union africaine à un plan de rattrapage pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale qui restent loin derrière le reste du continent. On estime à 36,7 millions le nombre de personnes dans le monde porteuses du Vih¦

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