Réunis à Cotonou du 8 au 10 septembre dernier, dans le cadre de la préparation de la COP 22 prévue à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain, les élus locaux et régionaux d’Afrique ont adopté la Déclaration de Cotonou. Celle-ci a retenu que les villes et territoires sont des acteurs indispensables à la mise en œuvre de l’agenda international sur le climat qui n’est que la concrétisation de l’Accord de Paris.

«Nous soulignons aux Etats et à la communauté internationale, le rôle incontournable des villes et territoires pour traduire sur le terrain les Contributions déterminées au niveau national (CDNs) présentées par les Etats comme piliers de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. ». Voilà ce que stipule le point 5 de la Déclaration de Cotonou présentée, samedi 10 septembre dernier par Mara Quiosa, représentante de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (Cglu- Afrique). Une déclaration qui traduit l’état d’esprit et la volonté des Etats africains à prendre une part active dans la concrétisation de l’Accord de Paris.

Mara Quiosa poursuit que les villes et territoires insistent sur la nécessité de territorialiser les programmes et les projets pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques sous l’impulsion des élus locaux et régionaux d’Afrique, afin d’accélérer leur appropriation par les populations, condition indispensable à la résilience des territoires et des écosystèmes dont dépendent les économies locales durables. La fréquence et la sévérité des chocs climatiques accélèrent les transhumances et migrations transfrontalières. Leur gestion durable, selon elle, appelle une coopération décentralisée entre collectivités territoriales situées dans les zones transfrontalières, avec des mécanismes et ressources découlant des financements liés au défi climatique.
Appréciant à sa juste mesure la portée universelle de l’Accord conclu à Paris en décembre dernier et l’avancée décisive que cet accord a permis de réaliser dans la prise de conscience de la communauté de destin de l’ensemble de l’humanité face aux impacts négatifs déjà vécus et aux risques d’accélération des dérèglements climatiques et des catastrophes associées, les élus locaux et régionaux encouragent tous les Etats africains à ratifier l’Accord de Paris pour son entrée en vigueur d’ici à l’ouverture de la COP 22.

Les villes et territoires pour la transition énergétique

Ainsi, relève Mara Quiosa, les élus locaux et régionaux appuient et s’associent à l’ensemble des engagements souscrits par les collectivités territoriales dans leurs déclarations successives au cours du cycle de négociation 2015-2016 , y compris la charte d’adaptation de Durban et toutes les autres réunions préparatoires au sommet de Paris.
L’Afrique représente 15 % de la population mondiale en 2015 et en constituera 40% à l’horizon 2100 mais ne pèse que 3% de la consommation mondiale d’énergie. C’est pour cette raison que ses élus locaux et régionaux plaident pour que la question de la fracture énergétique de l’Afrique fasse partie intégrante des priorités de l’agenda de la COP 22, car l’énergie est essentielle aussi bien pour la transformation des économies locales pour construire la résilience des territoires et le développement durable et bas carbone ; mais également pour l’attractivité et l’amélioration de la vie dans les territoires.
Les villes et territoires confirment qu’elles abritent le gisement et le potentiel de coalition d’acteurs (y compris du secteur privé) mobilisables pour engager la transition énergétique et écologique afin que les territoires s’inscrivent dans une trajectoire de développement durable, résilient et solidaire. Ils réitèrent que les régions, villes et territoires sont le niveau de gouvernance où on peut mieux s’intégrer et être mis en cohérence l’Agenda des Objectifs de Développement durable, l’Agenda international du climat et le nouvel Agenda urbain.
Les élus locaux et régionaux attendent en conséquence que Marrakech débouche sur des propositions précises pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, en particulier pour la mobilisation et l’accès aux financements par les collectivités territoriales et les acteurs opérationnels locaux. Plaidant pour le renforcement des capacités, ils sollicitent alors des procédures simplifiées pour faciliter l’accès au financement climat. Ils s’engagent pour une mobilisation massive à la COP 22 et mandatent leurs collègues élus locaux et régionaux du Maroc afin que la Déclaration de Cotonou soit présentée lors du Sommet des élus locaux et régionaux prévus pour le 14 novembre prochain.
Il faut espérer que beaucoup d’Etats ratifient l’Accord de Paris d’ici à la tenue de la COP 22 et lui permettre ainsi de tenir la promesse des fleurs comme le souhaitent vivement l’Union Européenne et sa délégation au Bénin.

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