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Destinés au drainage des eaux de pluies, les caniveaux sont devenus des réceptacles d’eaux usées et des sources permanentes d’odeurs nauséabondes qui vicient l’atmosphère à Cotonou. D’où la nécessité de repenser à leur assainissement et à la gestion des eaux usées dans les grandes villes du Bénin.

Cadjèhoun. Voie passant par le collège Père Aupiais. Vous êtes très vite accueillis par des odeurs qui vous coupent la respiration. Vous les croyez d’abord passagères mais elles persistent et deviennent agressives et repoussantes. Des yeux, il vous suffit de chercher à en connaître la source. Mais peine perdue. Pas de dépotoir à côté ni de tas d’ordures. Finalement, vous découvrez que ces odeurs s’exhalent des caniveaux.

Certes, la gestion des déchets ménagers confiée aux agents de collecte donne de bons résultats, mais ce sont les ordures et les eaux usées déversées dans ces caniveaux qui sont souvent à la base de cette pollution atmosphérique tous azimuts à Cotonou. Il n’est pas rare de surprendre des gens en train d’y déverser leurs déchets ménagers. Obstruant le passage à l’écoulement des eaux de ruissellement, l’ensemble devient alors un foyer nauséabond.
Romaric Azandé de Soft security sarl qui surveille tous les jours l’accès de Plan international Bénin devant lequel passe le caniveau, rapporte l’indignation des usagers. Ils n’ont jamais cessé, confie-t-il, de souhaiter l’assainissement des lieux. «Les gens versent des déchets dans les caniveaux et les eaux de pluies y stationnent. Vraiment ça nous rend malades !», se plaint l’agent de sécurité Romaric Azandé.
Et, c’est installé sur les caniveaux sous lesquels se dégagent des odeurs pestilentielles, que les populations riveraines mènent leurs activités et petits commerces. Vendeuses de nourritures et gérants de cafétéria en plein air, offrent à longueur de journée des plats à leur clientèle notamment les fonctionnaires dont les services sont dans la zone et qui ne peuvent pas rentrer chez eux à midi. Résidents très loin, ils n’ont souvent d'autres choix que de déjeuner sur place. Tous sont conscients de la malpropreté des lieux mais s’y adaptent à défaut de trouver mieux pour assouvir leur faim.
C’est dire qu’à Cadjèhoun, de la pharmacie de la Haie Vive à la fin de la clôture du camp Ghézo, comme ailleurs dans la ville, les caniveaux ne jouent pas que leur rôle traditionnel. Ils servent de dépotoirs d’ordures pour les ménages environnants et accueillent les eaux usées, sans oublier leur occupation anarchique.
Chose curieuse, certains riverains se disent habitués à cet environnement hostile. Toutefois, il y en a qui, telle cette vendeuse de haricot qui a requis l’anonymat, accusent les autorités de ne pas accomplir leur mission d’assainissement urbain.
En effet, la pollution atmosphérique peut engendrer des maladies respiratoires. Pis, les déchets accumulés au fond des caniveaux sont de potentiels nids de prolifération des insectes diptères tels que les mouches et surtout les moustiques, responsables du paludisme.
Même si l’assainissement urbain relève également des missions de la mairie, il est impérieux que la population, victime de sa propre pollution, prenne conscience des risques sanitaires qui en découlent afin de l’éviter au maximum.

Par Bonaventure AGBON & Pélagie TOUKO (Stagiaires)

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