Sous le parrainage du ministère de l’Environnement chargé de la gestion des Changements climatiques, du Reboisement et de la Protection des Ressources naturelles et forestières, l’Agence béninoise pour l’environnement a organisé mercredi 9 mars à Cotonou, un atelier de renforcement des capacités des gestionnaires des sites Ramsar et d’actualisation des fiches descriptives des quatre sites du Bénin. Elle était assurée par le professeur Aboubacar Awaiss, coordonnateur régional programme Eau et Zones humides pour l’Afrique centrale et occidentale à l’Union internationale pour la conservation de la nature et Dr Paul Ouédraogo, conseiller principal Afrique pour la Convention de Ramsar.

La Convention de Ramsar sur les zones humides a pour mission la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par les actions locales, régionales et nationales et aussi par la coopération internationale, gage de l’objectif du développement durable dans le monde entier, a expliqué Léopold Gnacadja directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement (Abe). Ladite convention, poursuit-il, repose sur trois piliers, lesquels lui ont permis de bénéficier d’avantages lorsque les conditions étaient réunies.

Pour le directeur général de l’Abe, le Bénin a entrepris maintes initiatives permettant d’atteindre les objectifs en termes de réalisations : inscriptions des sites sur les listes Ramsar. A ce jour quatre sites ont été inscrits comme site Ramsar. A cet effet, Léopold Gnacadja cite, le parc Pendjari (site 1669), le complexe W (site 1668), tout le sud du territoire du Bénin (classé en deux sites Ramsar, les 1017 et 1018). Un 5e site est prévu pour être inscrit comme site transfrontalier entre le Bénin et le Togo, notamment le chenal de Gbaga.

Atteindre des objectifs

«La fiche descriptive Ramsar rassemble toutes les données essentielles sur une zone humide d’importance internationale. Pour rester en conformité avec les textes de la convention de Ramsar, les fiches descriptives des quatre différents sites ci-dessus cités doivent être impérativement actualisées au moins une fois tous les 6 ans », rappelle le directeur général de l’Abe. C’est dans ce cadre, explique-t-il, que l’atelier en cours va permettre aux gestionnaires d’atteindre un certain nombre d’objectifs, notamment la finalisation des inscriptions des sites Ramsar en cours pour l’actualisation des fiches descriptives Ramsar des sites déjà inscrits, la maîtrise de la nouvelle fiche descriptive Ramsar en ligne et son adaptation, afin d’œuvrer à la désignation des nouveaux sites Ramsar et à la mise à jour des sites existants, indique-t-il.
Pour le professeur Aboubacar Awaiss de l’Union internationale de la conservation de la nature (Uicn), coordonnateur régional du programme Eau et zones humides pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, la gestion des sites Ramsar revêt une importance à la mesure de la ressource eau. « Nous avons un intérêt particulier pour le Bénin et certains pays limitrophes compte tenu de la particularité de certaines zones humides qu’on retrouve dans la zone » a-t-il déclaré. Tout le processus conduit par l’Uicn sur la gestion intégrée des écosystèmes a commencé au Bénin. « Nous avons enclenché le processus avec l’appui du ministère sur les questions de gestion intégrée des écosystèmes naturels en Afrique de l’Ouest avec la Cedeao. «Ce processus va mettre en place un mécanisme de concertation au niveau régional axé sur la gestion intégrée des écosystèmes», relève-t-il. D’où l’intérêt, d'apporter selon Aboubacar Awaiss un appui technique en tant que partenaire officiel de la convention de Ramsar, soit de restauration, de revue descriptive mais aussi d’inscription de nouveaux sites.
« Le processus démarré va contribuer au dialogue des écosystèmes partagés dans le cadre de la Cedeao, même de l’Uemoa», justifie Dr Paul Ouedraogo, qui ajoute : « l’Uicn introduit un concept en la matière auprès de l’Uemoa, car cela va permettre pour une première fois en Afrique de l’Ouest de superposer un certain nombre d’outils de développement par rapport à la gestion de l’eau dans la région ».

Contribuer au dialogue

Il relève que jusqu’à présent, il n’y a pas encore une adaptation des outils de la gestion intégrée des ressources en eau dans la gestion des zones humides et vice-versa. « Nous savons que les zones humides permettent de suivre l’évolution de la disponibilité en eau mais également du futur de l’eau dans le milieu », rappelle Paul Ouédraogo.
« Une fois que vous connaissez le système de désignation en ligne, vous n’avez plus besoin d’experts pour venir vous accompagner », lance-t-il aux participants. Mieux, poursuit-il, le Bénin regorge d’un énorme potentiel. Rien que dans le Mono, retient Paul Ouédraogo, il y a plusieurs zones humides qu’on pourra désigner comme sites Ramsar. Il serait intéressant, selon lui, que d’ici à la fin du mois d’avril prochain, il y ait de nouveaux sites Ramsar, de manière à accompagner l’initiative que l’Uicn est venue planter au Bénin.
Paul Ouédraogo pense également que la formation permettra aux compétences ainsi réunies d’essaimer d’autres spécialistes et de diffuser de bonnes pratiques dans la région. Il souhaite que le Bénin et le Togo désignent le centre transfrontalier qu’ils ont co-inscrit afin de glaner les ressources qui leur permettront de se développer.¦

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