Connaissez-vous le charbon bactéridien ? Sinon, c’est cette maladie qui attaque les bovins, notamment les bœufs. Seule la race Somba lui résiste. Malheureusement, ce ne sera pas pour longtemps. Une réalité qui amène l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) à se lancer depuis mai 2014 dans la lutte contre ladite maladie. Ceci à travers ‘’Le projet de lutte contre le charbon bactéridien’’ avec plus de 600 000 000 FCFA sur une période de cinq ans.

Encore appelée fièvre charbonneuse, le charbon bactéridien est dû, aux dires du docteur vétérinaire Marcellin Alia Gbaguidi, coordonnateur du Projet de lutte contre le charbon bactéridien, à la bactérie Bacillus anthracis. Sa transmission à l’homme est rare mais est grave quand cela survient. Le microbe à l’origine de cette maladie, explique docteur Marcellin Alia Gbaguidi, entre une température comprise entre 15°et 41° se transforme en une spore capable de survivre des dizaines d’années dans le sol. Raison pour laquelle il est conseillé de ne pas s’aventurer dans les périmètres où sont enterrés les animaux morts de charbon bactéridien.

Les signes cliniques

Au pâturage, on peut noter la fébrilité de l’animal avec une température de plus de 39°. Et quand le charbon est interne, donc pas encore apparent (ce qui est très mortel), l’animal a une allure nonchalante. Aussi peut-on noter sur son corps une tumeur inflammatoire non crépitante centrée sur un ensemble de ganglions. Dans ce cas, le charbon est apparent, donc externe.
A l’autopsie de l’animal décédé, on note, dira docteur Alia Gbaguidi, une tumeur gélatineuse, une rate hypertrophiée et boueuse, du sang noir incoagulable et une congestion des ganglions lymphatqiues et de l’intestin

Que faire à l’apparition des premiers signes cliniques ?

A cette interrogation, le spécialiste de la médecine vétérinaire répond qu’il faut isoler l’animal ou l’homme suspect dans un local facile à désinfecter, ou laisser l’animal dans la pâture contaminée et brûler les litières contaminées. Il est également recommandé d’éliminer les cadavres vers le clos d’aquarrissage.
Lors d’intervention en milieu infecté, il est recommandé d’éviter de traiter et de vacciner simultanément. Si l’on sait que le vaccin est un microbe vivant atténué, la nécessité de respecter un délai entre le traitement antibiotique de l’animal et sa vaccination s’impose. Cette précaution permettra d’éviter que l’imprégnation de l’animal par l’antibiotique n’ait un effet bactéricide sur la souche vaccinale. Autre mesure, éviter le pâturage sur les champs maudits. Aussi le personnel soignant doit-il éviter d’intervenir sans gants. Il doit se laver fréquemment les mains au savon et faire attention au contact main/œil.

En dépit des actions de communication

La communication aussi fait partie des moyens par lesquels le charbon bactéridien est combattu. Cela, le coordonnateur du projet, le docteur Marcellin Alia Gbaguidi l’a notifié au réprésentant résident de l’Uémoa Yaovi Kounhundé en visite à Boukombé dans le département de l’Atacora le 12 novembre dernier. Dans le cadre donc de cette lutte, informe le coordonnateur, 61 agents de santé ont été formés sur la connaissance de la maladie dont 25 de santé humaine. Sans oublier les 120 relais communautaires formés sur la conduite à tenir en cas d’émergence du charbon bactéridien dont le microbe résiste même à une température de 100° et vit un demi-siècle dans la nature.
L’animal infecté et décédé doit être enterré dans une fosse d’au moins 2 m de profondeur et le cadavre doit être recouvert de chaux vive. L’endroit où est enterré le cadavre devient un ‘’champ maudit’’ où aucune activité ni agricole encore moins pastorale ne doit être menée. Ce périmètre doit être clairement délimité.
Mais en dépit de toutes les actions de communication et de la campagne de vaccination de 50 FCFA au lieu de 130 FCFA, bien de gens dans la commune de Boukombé continuent de ne pas observer les règles de prévention de la maladie. Les raisons, avance le docteur Marcellin Alia Gbaguidi, sont sociologiques. Il y a, arguent- ils, «un projet qui soigne désormais la maladie du charbon. Alors consommons allègrement la viande de bœuf infecté qui a d’ailleurs un goût beaucoup plus délicieux». Ce disant, ils oublient qu’il n’existe pas de vaccin pour les hommes mais seulement de traitement.

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