Ouverture de la COP 21: Paris optimiste sur la conclusion d’un accord sur le climat

La 21e session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) a été ouverte lundi 30 novembre à Paris. Un vent d’optimisme gouverne les travaux sensés conduire à la conclusion d’un accord universel et contraignant sur le climat.

Un seul mot mobilise les Etats parties à la Conférence de Paris sur le climat: succès. Et sur le Parc des expositions de Bourget, site de la conférence, souffle un vent d’optimisme sur la conclusion d’un accord contraignant et ambitieux à l’issue de la dizaine de jours de négociations. Pourtant, Paris a l’air d’une dernière cartouche dans la bataille contre le dérèglement climatique. Mais pour Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, président de la COP 21, les conditions du succès semblent réunies, à commencer par la forte mobilisation des participants. 150 chefs d’Etat et de gouvernement dont le président de la République Boni Yayi, ont répondu à l’appel et 150 Etats ont formulé des plans d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au dérèglement climatique.«Jamais une conférence n’a réuni autant d’autorités, jamais l’enjeu d’une réunion internationale n’avait été aussi élevé », devise François Hollande, président de la République française. Le locataire de l’Elysée affirme que nul n’a le droit de décevoir dans ces assises car des milliards d’êtres humains ont les yeux tournés vers Paris. «Nous devons à nos enfants une planète dégagée des catastrophes, une planète vivable. Aucun pays, aucune région n’est à l’abri des effets du dérèglement climatique. C’est au nom de la justice climatique que nous devons agir», soutient-il. Si un accord est envisageable le 12 décembre prochain, il suggère qu’il soit un bon accord. Mais, cela dépendra de trois facteurs. Primo, il défend l’urgence de définir et de dessiner une trajectoire crédible permettant de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 ou 1,5 degré. «Nous devons apporter à un défi climatique, une réponse solidaire. Aucun Etat ne doit se soustraire de son engagement, aucun territoire ne doit être laissé seul face au dérèglement climatique», souligne-t-il. Secundo, François Hollande indique que l’accord doit être universel, différencié et contraignant. Cela suppose que les pays développés, principaux responsables du dérèglement climatique doivent assumer leur responsabilité historique, les pays émergents doivent respecter leur calendrier de dérèglement. Les pays en développement qui subissent plus que quiconque les contre-coups du réchauffement planétaire doivent être accompagnés.

Bannir les déclarations d’intentions

Tertio, un bon accord suppose que toutes les sociétés dans leurs grandes pluralité et diversité se mettent en mouvement. «L’ensemble des dirigeants locaux, des investisseurs, des acteurs économiques et sociaux, des citoyens et même des grandes consciences, des religions, tous ceux qui contribuent à ce qui façonne l’esprit public mondial, tout ce mouvement doit comprendre que la donne a changé. Là est la clé pour relever le défi climatique », soutient-il, rendant hommage à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qui dans un passé récent devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions.
«Pour résoudre la crise climatique, les bons sentiments, les déclarations d’intentions ne suffissent pas. Paris doit être le départ d’une profonde mutation. Cette transformation est à la fois une obligation morale et une responsabilité mondiale», assure François Hollande. Bien qu’il reconnaisse que l’équilibre ne sera pas facile à trouver, il défend la nécessité de passer d’une mondialisation de compétition à un modèle placé sous la coopération. Et de lancer: « Nous allons décider en quelques jours pour quelques décennies. Plaçons le plus haut possible notre ambition. C’est en visant haut que l’on décidera pour longtemps de la vie sur notre planète».
Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies sent aussi le souffre d’un succès à Paris. «Nous n’avons autant été en mesure de triompher sur la question du climat. Nous devons choisir la voie du compromis, de la sagesse et de la souplesse pour conclure un accord audacieux. L’heure n’est plus aujourd’hui à la politique de la corde raide», prévient-il. Pour lui, Paris doit marquer un véritable tournant et montrer au monde, qu’il prend la direction d’un avenir à faible émission. L’accord qu’il souhaite doit, insiste-t-il, envoyer un message clair au marché, sur la nécessité de changer de paradigme. Il doit proposer un projet à long terme qui cible un besoin de réduction à moins de 2eC au pire et reconnaît l’impératif de la résilience. Aux pays développés, Ban Ki-moon demande de tenir leurs promesses de mobiliser 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. «L’heure n’est plus aujourd’hui aux atermoiements. C’est à vous qu’appartient aujourd’hui le sort de la Conférence de Paris, l’avenir de notre planète est entre vos mains», conclut-il.

Boni Yayi évoque une opportunité de développement

« L’heure est grave, nous devons agir. Agissons ! ». Son message à la tribune de la COP 21 tient lieu d’engagement fort pour contribuer à la lutte contre les changements climatiques. «Nous sommes donc ici avec une détermination commune pour faire de la COP 21 une réussite qui nous permettra d’éliminer la pauvreté, d’apporter la lumière pour tous et l’énergie propre pour renforcer la capacité de production des pays en développement en vue d’une croissance verte», affirme-t-il. Boni Yayi estime que l’enjeu aujourd’hui, c’est de transformer le changement climatique en opportunité de développement. La COP 21 doit donner les moyens de s’adapter à la situation, notamment les pays en développement et surtout la plupart des Etats côtiers menacés de disparition. «La COP 21 doit donc donner lieu à un accord global ambitieux et contraignant permettant de respecter l’engagement de maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil critique de 2°C», souligne le chef de l’Etat. Il trouve qu’il est impérieux que cet accord réponde aux difficultés des pays africains en matière d’adaptation, de financement, de transfert de technologies, de savoirs et de renforcement de capacités. «L’équité doit fonder la répartition des moyens d’adaptation. Il importe également d’intégrer dans cet accord, un mécanisme de suivi-évaluation qui permette d’identifier les difficultés d’application, méritant une attention particulière de la part de la communauté internationale», conclut-il.
G.A

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