Lutte contre les changements climatiques: Le Bénin, avant-gardiste de la question du climat

Le Bénin peut se prévaloir d’être aussi à l’avant-garde de la question du climat. De nombreuses initiatives gouvernementales plaident réellement en sa faveur.

Son statut de PMA ne l’a jamais dédouané de l’intérêt pour la question du climat, tant le Bénin au même titre que plusieurs Etats côtiers subit de plein fouet les préjudices des changements climatiques. En 2010, le pays se frotte à une période d’inondations extrêmes. Plusieurs milliers d’hectares de cultures, des infrastructures et des stocks de vivres ont été emportés par le flot, occasionnant des pertes évaluées à plus 127 milliards de francs CFA. Mais les changements climatiques s’y manifestent surtout à travers l’épineux phénomène de l’érosion, d’une acuité exceptionnelle. A Cotonou, plus de 400 mètres de terre, par endroits, ont déjà été avalées par la mer qui a ainsi englouti des maisons, et emporté des infrastructures hôtelières. Les pertes annuelles sont estimées à plus de 49 millions de tonnes de sols. Une étude de l’International Institute for Environment and Economic Development (IIED) signalait en 2007 que l’érosion du Littoral pourrait rayer de la carte les zones de Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et JAK, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux. La menace a été prise très au sérieux par le gouvernement du président Boni Yayi qui a engagé une réelle croisade contre l’avancée de la mer, sur la côte est de Cotonou. Le projet de construction des épis d’arrêt de sable à l’Est Siafato a ainsi vu le jour, avec à la clé la construction de 7 épis sur une distance de plus de 8 km, grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers. Coût global du projet : 40 milliards de francs CFA.

Efforts d’atténuation et d’adaptation

Au-delà de la lutte contre l’érosion du Littoral (côtière) le gouvernement était aussi conscient de la nécessité d’agir pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, bien que le Bénin ne soit pas reconnu comme un pays émetteur. Plusieurs projets se sont déployés pour favoriser un développement vert, faible en émissions et résilient aux changements climatiques. La plus célèbre est sans doute, le projet « 10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres ». Placé sous le leadership du président de la République, cette initiative a permis d’enclencher des opérations de reboisement massif dans plusieurs localités du pays, aux fins de renforcer le couvert végétal, et accroître la position du Bénin comme véritable puits de réserves de carbone. En deux ans de mise en œuvre, environ 7 millions de plants sont déjà mis en terre, selon les données du ministère en charge de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques.
L’enjeu d’atténuation des émissions justifie aussi le regain d’intérêt du Bénin pour les énergies renouvelables. Aujourd’hui les panneaux photovoltaïques et les mini-centrales solaires sont désormais courants dans le jargon de la production énergétique du pays. D’abord grâce au Projet de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PRODERE), financé par la Commission de l’UEMOA, environ 2,8 milliards de francs CFA ont été investis dans la mise en place des panneaux solaires pour l’éclairage public dans plusieurs villes du pays ainsi que des mini-centrales en faveur de certaines localités rurales. Le gouvernement a saisi la balle au bond en mettant en place une enveloppe 40 milliards de francs CFA pour la généralisation de l’initiative. Aujourd’hui, les énergies renouvelables occupent une place non négligeable dans le parc de production énergétique locale. L’Etat béninois entend Conforter cette avancée à l’issue de la Conférence de Paris sur le climat.
Tirant leçon des inondations récurrentes qu’il subit et les bouleversements que connait parfois le calendrier cultural, le Bénin fait des efforts en matière d’adaptation aux changements climatiques. Plusieurs projets se déploient à travers le pays, en l’occurrence le Programme intégré d’adaptation pour la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire au Bénin (PANA), le projet «Renforcement de l’information sur le climat et système d’alerte précoce en Afrique pour un développement résilient au climat et adaptation aux changements climatiques» dénommé SAP-Bénin. Les collectivités décentralisées sont aussi associées à la lutte à travers notamment le projet de mise en œuvre de l’initiative LoCAL (Local Climate Adaptive Living Facility) qui vise à combler le déficit de financement de l’adaptation aux changements climatiques au niveau des collectivités locales.
Le Bénin s’annonce à la COP 21 avec une vision plus claire sur les enjeux climatiques le concernant. Et entend mobiliser davantage de partenaires pour renforcer son image d’avant-gardiste dans la lutte contre les changements climatiques?

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