Les attentes à propos de la gestion durable de la nature et tout ce qui concourt à son équilibre sont restées vaines suite au discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation, mardi 30 décembre 2014. Il n’y a fait la moindre allusion. Pourtant l’année écoulée a été marquée, en dehors de l’ambitieux programme 10MAA, par des inondations et diverses mobilisations de la communauté internationale en vue d’une meilleure préservation de l’environnement.

Que pense le chef de l’Etat des problèmes relatifs aux changements climatiques ? Quel sort réserve-t-il à l’environnement de façon globale dans le budget que son gouvernement va exécuter en 2015? Quelles sont les différentes projections qui ont été faites ? Voilà, peut-on dire, les questions qui taraudent les esprits de ceux qui s’intéressent encore à ces préoccupations.
Dans son discours, Boni Yayi a évoqué le volet amélioration de l’accès à l’eau potable. Il a informé que le Bénin fait partie du groupe des six pays africains présentant les meilleures probabilités d’atteinte de cette cible. Le chef de l'Etat a rappelé que les Objectifs de développement durable appellent à un changement de paradigme de développement qui met l’homme au centre du développement dans des conditions respectueuses de l’environnement. Toutefois, le message présidentiel n’a fait aucune allusion à la 15e Conférence des parties 15 (COP 15) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), encore moins aux préparatifs du Sommet sur les changements climatiques prévus en France cette année. Un sommet pour lequel, les préparatifs vont bon train actuellement avec Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.
Pourtant, plusieurs communes du Sud du pays et celles de Malanville et Karimama sont réputées pour leur vulnérabilité à l’inondation du fait des pluies torrentielles qui s’abattent sur elles.
Les inondations dans celles-ci ont compromis les efforts déployés par les paysans pour la production, les exposant même à la famine. Des calamités imputables aux effets des changements climatiques.
Même s’il est admis que le programme 10MAA a connu un franc succès dans l’ensemble, il nécessite certaines mesures d’accompagnement pour asseoir une bonne politique d’adaptation aux changements climatiques.
Notamment des engagements au plan national pour la mise en œuvre de mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre dans les proportions requises.
Le manque d’engagement au sommet de l’Etat n’encourage pas les autres acteurs à s’impliquer, encore moins à prendre des engagements dans le cadre de la lutte contre ce fléau des temps modernes que constituent les changements climatiques. Il est à espérer que cette omission du premier magistrat soit prise en compte par la Plan de travail du ministère en charge de l'Environnement pour le bonheur des Béninoises et Béninois et de toute l’humanité.

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