Les rues, les artères, les caniveaux ainsi que les alentours des maisons constituent les dépotoirs des eaux usées produites dans les ménages. A Cotonou, le phénomène est si criant qu’il convient d’intensifier la sensibilisation afin de réduire les menaces sur l’environnement et promouvoir un cadre de vie sain.

Le rejet des eaux usées dans la nature doit répondre à des exigences. Celles-ci sont contenues dans le décret n°2001-109 du 4 avril 2001 fixant les normes de qualité des eaux résiduaires en République du Bénin. Nonobstant les dispositions de ce texte, les « mauvaises pratiques environnementales », comme les désigne Wilfried Adikpéto, chargé de programme à Benin environment and education society (Bees Ong), sont perpétuées de façon inquiétante. Aujourd’hui, il est question de changer de paradigme en adoptant des comportements respectueux de l’environnement, préconise-t-il. 

Les citoyens pourraient disposer d’un cadre de vie sain, mais les attitudes des ménages en matière de gestion des eaux usées et des déchets solides ménagers sont loin de favoriser ce qu’il appelle « l’écocitoyenneté » qu’il faut promouvoir à travers toutes les localités du Bénin.
L’article 18 du décret n°2001-109 précise : « Les eaux usées domestiques ne peuvent être déversées dans le milieu naturel qu’après avoir subi le traitement approprié de manière à éviter la pollution des nappes d’eaux souterraines et des eaux douces, estuariennes et marines ». A l’article 19, il est dit qu’ : « En zone urbaine, toutes les habitations sont reliées à un système d’assainissement individuel ou collectif ». L’article 26 stipule : « Le rejet d’eaux usées domestiques dans les caniveaux d’évacuation des eaux pluviales est interdit ». Le respect de cette règle est problématique. Rien qu’à observer comment des ménages gèrent leurs eaux usées dans les villes, on pourrait conclure à l’ignorance des textes soutenue par l’inaction des autorités : absence de sensibilisation et de mesures pouvant inciter à un changement de comportement. L’autre cause de pollution est l’enfouissement des déchets solides ménagers sans tenir compte des normes environnementales. Ces pratiques, faut-il le souligner, sont toujours d’actualité à Cotonou et environs. Wilfried Adikpéto souligne que l’écosystème étant assez fragile et complexe, il n’est pas possible d’enfouir les déchets au risque de compromettre le système racinaire des plantes. Ce n’est pas non plus bon de brûler les ordures soi-même, cela va libérer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, signale-t-il.
Les autorités doivent intensifier la sensibilisation quant à la bonne gestion des déchets, pour préserver l’environnement qui ne cesse d’être pollué du fait des mauvaises pratiques des citoyens.

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