L’utilisation des pesticides cause d’importants dégâts aussi bien à l’environnement qu’à l’être humain. On pourrait craindre le pire, au regard de la propension de cette substance chimique dans les localités, notamment les zones de production agricole. Si les citoyens sont inquiets et il va falloir intensifier les mesures pour limiter les risques.

Il importe de protéger l’écosystème, afin de limiter les risques liés à l’utilisation des pesticides. Cette substance est utilisée à une très grande échelle par les agriculteurs. Par ce fait, non seulement l’environnement est menacé mais aussi la santé des populations en prend un coup, selon les spécialistes.
La réglementation de l’utilisation des pesticides s’impose. Le gouvernement prévoit ainsi de nombreuses mesures, pour s’assurer de la gestion écologiquement rationnelle des stocks de pesticides. En effet, le Bénin a bénéficié de plusieurs assistances des partenaires au développement. C’est le cas par exemple de l’appui financier de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) pour mettre en œuvre le projet de la Fao GCP/BEN/055/JPN. Ce projet qui porte sur la ‘’Sécurisation et élimination des pesticides obsolètes au Bénin’’ a permis de faire un inventaire détaillé en 2012 des stocks obsolètes des pesticides, des sites contaminés et des emballages vides de pesticides et donner des orientations en vue de la sécurisation, de l’assainissement des sites, de l’élimination des stocks de pesticides obsolètes et des emballages vides. Ce projet a permis également de recenser 600 tonnes de pesticides obsolètes dont 380 tonnes d’endosulfan, 15 tonnes de dieldrine, 12 tonnes de lindane, plus de 150 tonnes de déchets contaminés par les pesticides, 11 sites contaminés et 30 000 emballages vides de pesticides recensés au niveau du secteur public. Le Bénin a bénéficié aussi des expériences de la Fao en matière de renforcement des capacités des ressources humaines des ministères en charge de l’Agriculture, de la Santé et du Cadre de vie désormais outillés en matière de techniques d’inventaire des pesticides, des stocks de pesticides obsolètes, des sites contaminés, d’enregistrement des données issues de l’inventaire dans la base Fao. Des cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, du ministère de la Santé et de celui du Cadre de vie et du Développement durable sont formés sur les techniques de sécurisation des stocks de pesticides obsolètes.
Le rapport du Plan national de mise en œuvre actualisé de la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants renseigne que le Bénin a bénéficié de deux requêtes de financement adressées à la Fao concernant la gestion rationnelle des stocks de pesticides. Celles-ci se sont traduites par des projets d’élimination des pesticides Pop et pesticides obsolètes. Le premier projet a éliminé 380 tonnes d’endosulfan utilisé largement dans la culture cotonnière avant son interdiction par la convention de Stockholm. Une interdiction concrétisée par la prise de l’arrêté interministériel n°447/Maep/Mepn/Mc/Dc/Sgm/Sa du 5 novembre 2009. Le deuxième projet a sécurisé et éliminé 200 tonnes de pesticides.

Substance aux conséquences multiples

Le pesticide regroupe, selon l’Institut national de recherche agricole (Inrab), l’ensemble des substances utilisées pour prévenir, contrôler ou éliminer les organismes jugés indésirables, qu’il s’agisse de plantes, animaux, champignons ou bactéries. Emportés par les eaux de ruissellement ou diffusés dans les eaux souterraines, volatilisés dans l’atmosphère ou stockés dans les sols, les pesticides se retrouvent dans de nombreux écosystèmes voire dans les aliments. Au départ, ils sont utilisés contre un insecte nuisible. Leur cumul tout au long de la chaîne alimentaire ainsi que dans l’environnement présente des risques pour l’homme et les êtres vivants, à court ou long termes. Les populations et les écosystèmes sont ainsi exposés à ces substances qui contaminent l’environnement. « Il est difficile de se souhaiter un bon appétit aujourd’hui, mais une bonne chance parce qu’on ne sait pas ce qu’on mange », s’indigne Bienvenu Adjé Chabi d’African bio compost (Abc Grower), une structure spécialisée dans la production des fertilisants organiques spécifiques. Les pesticides sont des produits destinés à tuer des insectes de façon générale, indique-t-il. Maintenant dans la pratique, poursuit-il, il y a deux grandes catégories de pesticides à savoir les pesticides de synthèse appelés ordinairement chimiques et les pesticides naturels connus sous le vocable de pesticides bio.
Bienvenu Adjé Chabi soutient que sur le terrain, l'on rencontre plusieurs pesticides dont les conséquences sont notoires parce que l’accès est rapide non seulement sur les rongeurs et insectes nuisibles mais également sur la santé de l’homme. Parce qu’ils sont pulvérisés sur les cultures, les pesticides peuvent atteindre une autre destination que leur cible. Le gros problème, à en croire ce dernier, c’est que les pesticides de synthèse ne font pas de sélection ni de tri. Ils vont tuer y compris des abeilles qui nous fournissent le miel et qui servent à la pollinisation. Ce qu’on doit craindre avec l’utilisation des pesticides, c’est ce qui se passe ailleurs, a indiqué Bienvenu Adjé Chabi. « Si je prends le cas de la France, il y a des sols qui sont devenus complètement acides sur lesquels on ne peut plus cultiver, sauf si on emploie d’autres produits de synthèse qui compliquent toujours l’agriculture », a-t-il expliqué. La population des abeilles, des espèces qui sont vraiment utiles à l’homme, a complètement diminué à cause de l’utilisation des pesticides, à en croire Bienvenu Adjé Chabi. Mettant en exergue les expressions d’Albert Einstein selon qui « Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre », il a noté que les abeilles font un travail phénoménal à la place de l’homme, lui permettant d’avoir de la graine chaque année. On doit craindre la propension des cancers due à l’usage de la glyphosate, une substance hautement cancérigène en plus des maladies liées à l’infertilité, ajoute-t-il.
A cela, Gildas Zodomè, agronome de formation et spécialiste des risques et catastrophes, évoque la pollution de la nappe phréatique, l’intoxication alimentaire, les sols acidifiés avec pour conséquences les modifications de leurs textures,... Le risque est là, pense-t-il, mais l’alternative fait défaut.

L’urgence

Préserver l’environnement et la santé des affres des pesticides nécessite quelques actions. C’est à raison que Gildas Zodomè formule le vœu que les autorités ne fassent pas la sourde oreille. « Les autorités doivent être sensibles aux initiatives visant à réduire un peu les risques des pesticides chimiques », souhaite le promoteur de Biophyto Bénin. Il invite les gouvernants à prendre des mesures incitatives par rapport à toute alternative de promotion de l’agriculture biologique. Il a espoir que si l’Etat met les moyens, le Bénin peut se nourrir par l’agriculture bio qui utilise les engrais, les fertilisants, les pesticides bio, des produits respectueux de l’environnement. Rappelons que les désinfectants et les produits anti-déparasitaires tels que les insecticides, raticides, acaricides, les insecticides, les fongicides, les nématicides et les rodonticides sont considérés comme des pesticides.

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