Le projet de dragage du Lac Ahémé prendra corps, après les différentes mesures du gouvernement pour lutter contre le comblement des fleuves. Par conséquent, à la fin du processus, le lac sera dépourvu de poissons sur une période de six mois à un an et demi. Approché, Gautier Amoussou, coordinateur national de l’Ong Eco-Bénin spécialisée dans l’écotourisme et la protection de la biodiversité, expose les tenants et les aboutissants de ce projet.

La Nation : Comment percevez-vous le projet de dragage du Lac Ahémé initié par le gouvernement ?

Gautier Amoussou : Je pense que le gouvernement a déjà mis le cadre et les dispositifs qu’il faut. Et même les projets et programmes sont déjà élaborés. Il y aura la validation de l’étude d’impact environnemental du projet de dragage du Lac Ahémé et ses chenaux. Je pense que tout est réuni aujourd’hui pour aller maintenant et rapidement à l’effectivité de ce dragage. Le gouvernement a tous les outils déjà pour aller mobiliser les fonds et les partenaires nécessaires pour que l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (Adelac) commence à faire le dragage qui est attendu depuis plusieurs années. Etant de Possotomè, donc riverain du Lac Ahémé, on subit les affres de ce comblement du Lac Ahémé depuis au moins une trentaine d’années.

Quelle est l’implication des Organisations non gouvernementales dans ce projet ?

De notre côté, pour appuyer ce que le gouvernement fait, nous aussi nous sommes en train de voir comment nous pouvons trouver de petites initiatives de dragage pilote. Et on peut tirer leçon de cette expérience pour aller au grand dragage que le gouvernement a envisagé. On espère qu’avant la fin de cette année, le gouvernement pourra commencer quelque chose pour réhabiliter vraiment le Lac Ahémé dont dépend un grand nombre de personnes.

La réalisation de ce projet va perturber le milieu de vie des poissons qui pourraient manquer. Combien de temps cela peut-il durer ?

Je pense que les études disent qu’on peut manquer de poisson entre six mois à un an et demi selon les zones prévues pour être draguées. C’est un dragage sectoriel qui est prévu, ce n’est pas toutes les zones du Lac qu’on va draguer au même moment. Si on va dans la zone de Guézin par exemple, il y a une zone qui est délimitée et ciblée. Il faut draguer cette zone d’abord. Pendant qu’on drague cette zone, le milieu va devenir insupportable pour un certain nombre de poissons qui vont fuir de cette zone pour aller ailleurs. Les pêcheurs vont se concentrer dans ces zones pour pouvoir pêcher. Et après cette zone-là, un autre secteur va être dragué, le temps que le milieu se reconstitue au niveau de la zone qui a été draguée et ainsi de suite. C’est un dragage sectoriel qui est envisagé pour cette opération.

Peut-on réussir le dragage sans causer de dégâts ?

Ça va créer une perturbation mais cette approche et les techniques de dragage prévues à savoir un dragage par aspiration, pourraient réduire les dégâts.. Maintenant après ça, il y a plusieurs autres contours. Nous, Organisations non gouvernementales, nous continuons à regarder avec l’Agence qui est mandatée pour faire le dragage, pour que les intérêts de tout le monde soient pris en compte pendant ce dragage-là. Parce qu’il n’y a pas que la pêche qui se fait autour du Lac Ahémé. Il y a aussi le tourisme. Tous ces acteurs doivent s’asseoir pour échanger sur un certain nombre de modalités qui arrangent tout le monde pendant et après ce dragage.

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