A l’intérieur du pays, l’actualité environnementale dans le Mono porte sur des risques d’inondations. A Cotonou, où les pluies persistent, le risque n’est pas loin. Les autorités municipales s’en préoccupent. Lambert Ayitchéou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou, évoque dans cet entretien, les dispositions prises dans le cadre du projet, "Prévention et soulagement des populations" et appelle les populations à un comportement citoyen afin de disposer d’un cadre de vie sain et durable.

La Nation : Un nouveau programme remplace ''Cotonou en campagne contre les innondations'' 3CI. Palez-nous-en ?

Lambert Ayitcheou : En fait, le projet "Prévention et soulagement des populations" n’est pas un nouveau projet. Nous avons juste réfléchi et estimé que dire 3CI, c’est comme si on était dans une démarche pour empêcher les inondations de venir, alors que quel que soit ce que nous faisons chaque année, les inondations viennent. Il s’agit d’un programme qui développe des activités en vue de prévenir et de soulager les populations ; nous pensons à un programme de prévention et de soulagement des populations en période d’inondations.

Quel est son objectif ?

Il poursuit les mêmes objectifs que le 3CI. Il s’agit, de procéder au curage des ouvrages d’assainissement pluvial, avant les inondations de sensibiliser les populations à prendre des mesures contre les inondations et de procéder à certaines activités qui puissent permettre en cette période précise de soulager les populations. Des équipes sont mises en place pour aider les populations sinistrées à accéder chez elles en évacuant les eaux, en ouvrant les tranchées et lorsqu’on est en situation de catastrophe, d’aider les populations à se déplacer.

Concrètement, de quoi s’agit-il ?

Grosso modo, il s’agit du reprofilage des voies, du recalibrage des bassins, du dégagement des couloirs avant et pendant qu’il pleut, d’ouvrir les tranchées. Disons que globalement, cela n’a pas un autre contenu que ce que 3CI poursuivait comme objectif.

Et pourquoi alors cette nouvelle dénomination ?

C’est ce que j’expliquais tantôt. On a voulu juste coller le nom à ce que nous faisons réellement. Il y a des activités que nous faisons avant les inondations, donc des actions de prévention, certaines que nous menons pendant les inondations, des actions pour soulager les populations. C’est pourquoi nous disons prévention et soulagement des populations.

Que pourraient espérer les Cotonois en termes d’amélioration de leur cadre de vie ?

En termes d’amélioration de leur cadre de vie, en attendant les grands projets structurants qui vont permettre de régler les problèmes de façon globale et, ce, sous le leadership du gouvernement, nous pensons que, chaque année, la mairie de Cotonou s’attellera à faire tout ce qu’il faut pour passer cette période sans grande difficulté. Il faut espérer, au même moment, que les programmes structurants dont j’ai parlé, à savoir le projet d’assainissement pluvial de Cotonou et le programme asphaltage vont permettre de soulager les populations de façon durable. Cela sans oublier l’importante partition que va jouer le Programme de gestion des déchets solides et ménagers qui concerne le Grand Nokoué dont Cotonou constitue un maillon incontournable parmi ses communes riveraines.

A quelles difficultés faites-vous face ?
En réalité, le grand problème auquel nous sommes confrontés est que les canaux d’évacuation des eaux pluviales sont bouchés par les déchets solides et ménagers. Heureusement qu’il y a actuellement un projet qui va permettre de régler ce problème de gestion des déchets. Cela va contribuer énormément à régler de façon durable le problème de gestion des inondations sans oublier que l’application effective des textes qui interdisent de s’installer sur les couloirs d’écoulement, sur les exutoires des eaux devrait permettre de régler de façon remarquable le phénomène des inondations.

Quelle attitude attendez-vous des Cotonois ?

Cela découle de ce que je viens d’évoquer tantôt. Il faut que les gens cessent de prendre les exutoires comme des parcelles qu’il faut remblayer pour s’installer ; ce n’est pas du tout normal. Ce sont des espaces impropres à l’habitation. D’ailleurs, le nouveau code foncier en vigueur remet définitivement les choses à leur place et il n’est pas exclu que les personnes qui ne vont pas le respecter se retrouvent devant les tribunaux, en raison des occupations anarchiques et illégales. Nous invitons les populations à ne pas prendre les exutoires comme des bacs à ordures et à gérer convenablement leurs déchets.

Quelle est l'incidence financière du projet ?

Ce projet n’a pas une incidence financière particulière. C’est le budget de la mairie qui permet de l’exécuter et en fonction des ressources qui y sont prévues à cette fin. Ce n’est pas à proprement parler un programme d’investissement. Cela s’inscrit dans le cadre du fonctionnement normal de la ville pour traverser cette période.

Quel appel avez-vous à lancer en direction des Cotonois?

Nous avons besoin nous-mêmes de rendre notre cadre de vie viable. Chacun à sa place doit participer à la bonne gestion et bien veiller sur l’environnement ; chacun doit jouer sa partition et même être gardien des ouvrages. Cela fait plus de 20 ans que des initiatives ont été lancées pour gérer convenablement les ordures ménagères. Les populations doivent en prendre conscience et changer de mentalité?

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