L’Association Jeunesse et Développement du Bénin (Ajdb) appuyée par le Programme de microfinancement du Fonds pour l’Environnement mondial (Pmf-Fem) promeut la filière du biocharbon à partir des déchets locaux de biomasse. C’est par un mécanisme de renforcement d’opérateurs privés à travers un investissement qui favorise la réduction de la pression humaine sur les forêts. Les acteurs nous en édifient sur le site de fabrication des briquettes de charbon à Glo (Abomey-Calavi).

Contribuer à réduire l’exploitation irrationnelle de la forêt à des fins de production d’énergie domestique, en créant des activités génératrices de revenus à travers une gestion participative et rationnelle des ressources naturelles par et pour les populations. C’est l’objectif global que poursuit l’Association Jeunesse et Développement du Bénin (Ajdb), selon son directeur exécutif, Odilon Djakpo. L’association propose aux femmes, et à tout utilisateur de bois-énergie, des briquettes combustibles pour remplacer le charbon ou le bois. Pour atteindre cet objectif, le directeur exécutif de l’Ajdb révèle que l’association appuie la production du bio-charbon avec des équipements moins coûteux facilement maîtrisables et réparables. Elle veille à mettre à la disposition des populations un combustible bon marché, de qualité et facilement accessible. Il s’agit également, fait-il observer, de sensibiliser les populations sur l’utilisation du bio-charbon, sa rentabilité et ses avantages pour la protection de l’environnement et la santé. Il s’agit enfin de former les associations et les acteurs intervenant dans le domaine de la gestion des déchets sur les techniques de fabrication du bio-charbon pour la promotion d’une utilisation plus étendue surtout. 

« Cela fait deux ans que nous avons commencé ce projet », informe le directeur exécutif de l’Ong Ajdb. On ne peut produire le bio-charbon au cours de la saison pluvieuse, parce qu’on ne peut procéder au séchage solaire des briquettes qui ont besoin d’être sèches pour brûler, explique-t-il.
La procédure de fabrication du bio-charbon n’est pas compliquée. Pour les réaliser, décrit Odilon Djakpo, on rassemble les sciures de bois, les déchets de récoltes et poussières de charbon, et tout ce qui est biodégradable avec un taux d’humidité inférieur à 15 pour cent qu’on soumet à carbonisation. Une carbonisation qui doit être parfaite, donc réalisée dans des conditions anaérobies pour ne pas aboutir à de la cendre, insiste-t-il. La broyeuse entre ensuite en action pour réduire la biomasse carbonisée ainsi obtenue en produit plus fin qu’on peut tamiser pour disposer d’une fine granulométrie, nécessaire et propice pour obtenir un bon produit à mélanger avec du liant (argile ou tout dérivé d’amidon chauffé). Ce mélange atterrit dans les moules pour obtenir les pré- briquettes sous pression qui seront soumises au séchage solaire. Cette dernière étape peut durer, selon lui, quatre à cinq jours et traduit pourquoi la production artisanale de briquettes combustibles est difficile en temps de pluie.
Les foyers, fait remarquer le directeur exécutif, ont besoin davantage d’oxygène pour créer une acceptable combustion. Lente et douce, celle-ci procure de la chaleur utilisable sur la durée, tandis que le charbon de bois brûle très vite, relève-t-il. Ce dont ont besoin les restaurateurs et tenanciers de maquis pour maintenir chaudes leurs marchandises.

Bio-charbon, environnement et santé

Des propos de dame Nongnikan Zanou qui utilise les briquettes pour préparer, on retient qu’elles mettent du temps à s’enflammer mais qu’elles durent à produire la chaleur et sont donc économiques.
Odilon Djakpo signale que l’Ajdb bénéficie, pour réaliser le bio-charbon, de l’accompagnement du Programme de microfinancement du Fonds pour l’Environnement mondial dont le coordonnateur Mathieu Houinato donne quelques conseils pour la commercialisation et l’extension de l’usage du nouveau produit. Il faut, pense-t-il, proposer un conditionnement au kilogramme compétitif pour rivaliser avec le charbon de bois dont la forte utilisation entraîne la déforestation et prédispose aux changements climatiques.
L’accroissement de la fabrication des briquettes et leur adoption induira, selon le coordonnateur, la régression de l’usage du charbon qui est un des objectifs du Fonds pour l’Environnement Mondial. Pour Mathieu Houinato, il faut cibler des clients potentiels qui, a priori, peuvent être intéressés par la vente ou l’utilisation du bio-charbon afin de conduire les populations à l’adopter.
Bernard Sogninou, président de l’Association vie et conscience, bénéficiaire du Pmf-Fem, déclare être conscient qu’il faut proposer du bio-charbon économique et de qualité pour décourager les utilisateurs de charbon de bois.
La valorisation des déchets organiques par la fabrication du bio-charbon ou briquettes combustibles est stimulée par les avantages comme la prise de parts dans les filières des énergies renouvelables, la génération d’emplois en vue de diminuer la pauvreté et la diminution du coût de transport des déchets.
De plus, approuve le directeur exécutif, le bio-charbon permet de réduire les pressions faites sur les ressources forestières et de lutter contre les changements climatiques. Il permet également de réduire la prolifération des dépotoirs sauvages et de lutter contre la dégradation des terres.
Le bio-charbon n’est pas polluant et donc permet de réduire les affections respiratoires, les maladies des yeux, les allergies et la parasitose.

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