Le Bénin a célébré, mardi 22 mai dernier, la Journée mondiale de la biodiversité. A l’occasion, le point focal de la Convention sur la diversité biologique au Bénin, Dr Gaston S. Akouèhou a déploré les menaces qui pèsent toujours sur les ressources naturelles, après vingt-cinq ans de célébration. Il relève cependant que des initiatives remarquables sont prises pour préserver les valeurs des plantes et par la même occasion la biodiversité.

Des initiatives et actions remarquables sont menées pour protéger les valeurs des plantes et par conséquent la diversité biologique, explique Dr Gaston S. Akouèhou, point focal de la Convention sur la diversité biologique (Cdb). Pour lui, le Centre d’études, de recherches et des formations forestières (Cerf) qu’il dirige développe des activités dans ce cadre. Le Cerf, informe-t-il, livre des informations pour une meilleure connaissance de la biodiversité et fournit des données sur les changements de comportements à adopter. Dans cette optique, relève-t-il, le Cerf collabore étroitement avec les forestiers, les organisations non gouvernementales et les populations. Une complicité qui met l’accent sur les mécanismes de gestion durable des forêts.
« La biodiversité, c’est la diversité des gènes sur le même environnement, qui peut être varié », définit-il. Il poursuit qu’on distingue alors la biodiversité marine, la biodiversité terrestre et celle des montagnes. La biodiversité fait appel à la variété et à la diversité du monde vivant.
Pour le point focal, la Convention sur la diversité biologique est un traité international juridiquement contraignant avec trois principaux objectifs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de la diversité biologique et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.
Le Bénin s’est inscrit dans la conservation, la gestion et l’utilisation durable de la biodiversité depuis 1993, après la ratification de la convention y relative. Depuis lors, explique le point focal, le Bénin met en place des projets avec les ressources de l’Etat, l’appui des bailleurs de fonds, des Ong et la partition des tradi-thérapeutes qui façonnent les éléments de biodiversité en mettant à la disposition des populations des tisanes. C’est pour intégrer ces bienfaits dans les politiques nationales que le Bénin a élaboré successivement d’abord en 2003 puis en 2008, des stratégies d’action pour préserver les richesses de la biodiversité. Cela suppose que pour monter un projet en se focalisant sur ce document, l’on peut trouver des actions permettant de promouvoir l’environnement.
La diversité est toujours menacée, après vingt-cinq ans de mise en œuvre de la Cdb, parce que la terre est inextensible. La croissance en cours en est responsable. De 4 millions, explique Gaston S. Akouèhou, nous sommes passés à 6 millions, puis sommes au-delà de 10 millions d’habitants. Il déduit que la démographie augmente pendant que la terre est inextensible. Pendant ce temps, poursuit le point focal, la surface des écosystèmes portant la biodiversité a régressé ces derniers temps, à cause de l’agriculture. Ainsi, nos paysans pensent qu’en déblayant beaucoup d’espace, ils peuvent augmenter les rendements de coton. Or, propose le directeur du Cerf, on pouvait faire autrement en intensifiant la culture du coton et celle céréalière.

L’urbanisation, responsable de la régression

Le point focal de la Cdb confirme que l’urbanisation a une part de responsabilité dans la régression de la biodiversité dans la mesure où, pour disposer du bois de chauffe, on n’avait pas besoin d’aller loin. « Il vous suffit d’aller à Abomey-Calavi pour en trouver. Mais avec l’urbanisation aujourd’hui, il n’y a plus de bois de chauffe même à jusqu’à Glo-Djigbé et autres », regrette-t-il. Ce qui est disponible en ce moment dans cette zone, selon lui, n’est rien d’autre que les eucalyptus que les fermiers ont planté dans leurs champs. Le bois de chauffe à ramasser tout près n’est plus disponible, il faut aller en profondeur des forêts, fait-il remarquer. Les Béninois construisent de plus en plus des maisons qui prennent la place des végétations, poursuit-il. Car des édifices sont érigés tout en béton sans le moindre arbre. « Or, nous en avons besoin pour respirer. L’arbre rejette l’oxygène le jour et absorbe le gaz carbonique la nuit. L’espèce humaine a besoin de biodiversité pour la vie, explique le point focal de la Cdb, pendant que les écosystèmes sont fragmentés, de sorte que les animaux qui rasaient les habitations et même les villages sont devenus très rares. « Il faut désormais se rendre dans les parcs avant de les voir », déplore le directeur du Cerf.

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