Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la terre, les membres du Forum Biodiversité se sont retrouvés sur la ferme « Les jardins de l’espoir » à Godomey-Togoudo. C’est l’occasion pour ces acteurs de l’environnement de lancer la campagne de sensibilisation des populations et des décideurs à divers niveaux sur les dangers des pesticides et fertilisants chimiques de synthèse sur la terre nourricière.

La Journée mondiale de la terre a été célébrée au Bénin par les membres du Forum Biodiversité sur la ferme « Les jardins de l’espoir » à Godomey-Togoudo. Cette rencontre a permis aux organisations de la société civile membres de ce forum d’échanger sur la problématique des pesticides (herbicides, fongicides, insecticides et engrais chimiques, au Bénin. Une visite guidée de la ferme a permis aux participants de découvrir le travail professionnel qui est fait sur ce site. C’est alors que Joséa Bodjrènou de l’Ong Nature Tropicale a reprécisé l’objectif de cette journée consacrée à la préservation de la terre nourricière. Il a invité l’assistance à participer aux différentes activités et à suivre les différentes communications prévues afin d’être aguerri pour la lutte contre l’utilisation incontrôlée des pesticides.
Par sa communication sur les conséquences de l’usage incontrôlé des pesticides sur le bien-être des populations béninoises, Dr Ibrahim Imorou Toko, président du conseil d'administration de l'Ong Aquaded, a tenu en haleine les participants. Il s’est agi pour le conférencier de présenter les circuits d’approvisionnement des pesticides, les pratiques paysannes de gestion des pesticides sur le coton et autres cultures dans le bassin cotonnier du Bénin et leurs conséquences sur les populations.
Selon lui, il est utilisé chaque année dans l’agriculture moderne d’énormes engrais chimiques en méconnaissance des conséquences désastreuses sur la terre nourricière. A l’en croire, 90 % de ces polluants chimiques déversés sur le marché sont utilisés en agriculture moderne. « 90% du marché des pesticides sont destinés à la filière coton ». Selon lui, 60 % des pesticides proviennent du trafic transfrontalier informel représenté par les marchés locaux, le marché extérieur (Ghana, Nigeria, Togo), et de producteur à producteur contre seulement 40 % du marché formel, d’après une enquête réalisée entre 2006 et 2016. « Les pesticides issus du circuit informel sont essentiellement ceux qui ne sont pas autorisés (94 % pour les herbicides et 22 % pour les insecticides », a-t-il déclaré. Il déplore l’inexistence d’un système de gestion et d’élimination des emballages de pesticides anarchiquement jetés dans la nature ou même utilisés à des fins domestiques : glacière pour transporter de la bouillie des enfants ou l’eau de boisson en allant au champ (45 %) et bidon pour la conservation d’huile (34 %). Il préconise de renforcer la veille citoyenne à travers des sensibilisations accrues des populations, la promotion des productions agro-écologiques, l’intensification des recherches scientifiques.

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