Les populations de la commune de Natitingou sont appelées à produire moins de bruits. A la suite de nombreuses plaintes enregistrées par les élus communaux, la décision a, en effet, été prise de faire respecter le décret n° 2001-294 du 8 août 2001 portant réglementation du bruit en République du Bénin.

Les propriétaires de moulin, scierie, forge, de discothèques, bars et restaurants ainsi que les responsables de maisons de culte ne pourraient plus se permettre le laisser-aller que l’on observe dans l’émission de bruits dans la commune de Natitingou. Les autorités communales en collaboration avec la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable sont décidées à faire respecter les normes de bruit. Cela, par le contrôle de l’intensité du bruit émis par les potentielles sources. Faire respecter le décret n° 2001-294 du 8 août 2001 portant réglementation du bruit en République du Bénin en application de la loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement, tel est le combat que mène aujourd’hui la mairie de Natitingou fort du soutien de la direction départementale du Cadre de vie et du Développement durable de l’Atacora. Des descentes seront désormais faites sur divers lieux pour apprécier le seuil au-delà duquel le bruit est susceptible de nuire à l’individu. Les contrevenants seront par ailleurs sanctionnés, apprend-on, une fois que la phase de sensibilisation connaîtra son terme. 

Pour Emmanuel N’tcha, secrétaire général de la mairie de Natitingou, réglementer les niveaux de bruit à proximité des habitations relève d’une question d’intérêt public d’autant plus que les vibrations issues de nombreuses sources de production de bruits sont nuisibles à la santé humaine. La décision mue par des plaintes répétitives à l’endroit des chefs d’arrondissement s’est actée au cours de la dernière réunion de municipalité. Session au cours de laquelle les élus locaux vont prendre l’engagement d’en finir avec les nuisances de bruits à Natitingou, ville touristique par excellence. Au-delà d’une question de santé publique, la volonté de préserver la paix et le dialogue interreligieux tient au cœur de la décision, selon le secrétaire général de la mairie. « Il n’est pas question de continuer à exprimer sa foi en éprouvant les nerfs d’autres. Sachant que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, les responsables de lieux de culte et autres tenanciers de bars et d’ateliers bruyants sont appelés à mettre de la mesure dans leurs pratiques », indique Chabi Séro Tamou, directeur départemental du Cadre de vie et du Développement durable, face à l’usage d’appareils acoustiques gênants pour le voisinage par les contrevenants cités.

Des dispositions

Se référant au décret n° 2001-294 du 8 août 2001 portant réglementation du bruit en République du Bénin, Chabi Séro Tamou note que la mise en marche d’ateliers bruyants, de discothèques et des véhicules de publicité sonore et toute forme de communication ou manifestation bruyante en zone d’habitation, y compris sur les lieux de culte, sont interdites les jours ouvrables de 13 h à 15 h et de 22 h à 6 h et les jours de repos de 6 h à 10 h et de 20 h à 6 heures. Par ailleurs, les niveaux de bruit sont fixés en décibel autant dans les zones d’habitation, commerciale et industrielle. Des dispositions que la direction départementale du Cadre de vie est appelée à faire respecter à travers des équipements adéquats tels que les sonomètres qui permettent de mesurer l’intensité du bruit. Outre le manque de personnel qu’il déplore pour la concrétisation de la campagne il affiche son engagement aux côtés de l’administration communale.
La flexibilité de la loi-cadre sur l’environnement devrait, à son avis, amener toutes les parties à prendre les dispositions idoines pour ne pas enfreindre les décrets de mise en application de la loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement.
Un pacte est à signer par les différentes parties pour éviter aux paisibles populations les désagréments des bruits dont elles constituent les sources. Un engagement auquel elles disent adhérer à la suite de la séance de sensibilisation qui a réuni divers acteurs, vendredi 23 février dernier à l’hôtel de ville. « Le bruit ne fait pas du bien et nous en sommes conscients. Déjà au niveau de bon nombre d’entre nous nous faisons l’effort de diminuer le son de nos appareils à certaines heures où les populations observent le repos. Respecter la réglementation ne pourrait que nous éviter les animosités de la part de ceux qui s’estiment lésés dans leurs droits », modère Yves Pascal Johnson Pampangou, propriétaire de bar.

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