La défécation à l’air libre et beaucoup plus l’urine dans les mêmes conditions à Cotonou et au Bénin sont sources de nuisances, de pollution de l’environnement et entraînent des pertes en vies humaines.

Carrefour Gbèdjromèdé dit ‘’16 ampoules’’, dans le prolongement de la rue venant de l’Etoile rouge. Difficile de respirer en passant sans se pincer les narines, tant l’odeur de l’urine repousse. Le caniveau et ses abords ont été transformés en urinoir public. Les endroits pareils sont légion dans la ville de Cotonou et l’intérieur du pays où on ne peut pas respirer sans suffoquer. Notamment à Gbégamey, non loin de la gare et en descendant du passage à niveau de Houeyiho. Cette situation n’est pas sans conséquences sur la santé des citoyens.
Pour le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Dr Lucien Toko, qui intervenait lors de la célébration du premier village ayant atteint l’état de Fin de défécation à l’air libre (Fdal) organisée par le Programme d’amélioration de l’accès à l’assainissement et des pratiques d’hygiène en milieu rural (Paphyr) à Alétan dans la commune de Bantè, le mardi 11 avril 2017, la défécation à l’air libre constitue l’une des causes de la dégradation des conditions sanitaires des populations. Elle favorise non seulement l’émergence des maladies infectieuses et parasitaires, mais accroît également le taux de morbidité et de mortalité.
Dr Lucien Toko souligne également que 90 % des maladies chroniques dont souffrent les populations, notamment celles rurales, proviennent de la défécation à l’air libre et des mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement de base.
Dans les zones peuplées, la contamination de l'eau par les matières fécales est à l'origine des problèmes de santé publique.
L'élimination de la défécation en plein air est l'objectif principal de l'amélioration de l’assainissement à l'échelle mondiale et l’un des indicateurs principaux de suivi des objectifs de développement durable.
Même si des toilettes sont disponibles dans de nombreuses régions du monde, certaines personnes ont encore besoin d’être convaincues d’utiliser les toilettes pour abandonner la défécation en plein air. Par conséquent, la nécessité d’un changement de comportement est essentielle, en parallèle à la mise à disposition de toilettes adaptées aux utilisateurs.
La pratique de la défécation à l'air libre peut être liée à des facteurs culturels traditionnels, au manque de toilettes, ou aux deux.
L’extrême pauvreté et le manque d’assainissement sont statistiquement liés. L’élimination de la défécation en plein air fait partie intégrante du processus de développement.
Une forte prévalence de défécation à l’air libre est généralement corrélée avec une forte mortalité infantile ou juvénile, des niveaux élevés de dénutrition, de pauvreté et de grandes disparités entre les riches et les pauvres.
En termes de conséquences de la défécation à l’air libre, les données fournies par l’Unicef sont sans appel. « Près de 500 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour en Afrique subsaharienne à cause des maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène, (soit environ 180 000 par an). 
Arrêter la défécation à l’air libre permet de sauver des vies humaines, d’assurer la sécurité des femmes, mais aussi, d’économiser les frais médicaux prohibitifs auxquels chaque ménage fait face pour soigner les enfants ou la famille.
Il importe que les autorités prévoient des ouvrages d’assainissement ou encouragent leur installation pour épargner aux populations les pertes liées à cette mauvaise pratique.

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