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Il se révèle être difficile, voire impossible de sillonner Cotonou, à n’importe quel moment de la journée, sans appréhender un quidam en train d’uriner dans la rue, aux abords des voies. L'utilité de toilettes publiques se fait ressentir alors que celles qui existent sont mal entretenues.

Aujourd’hui à Cotonou, aussi bien les hommes que les femmes ne trouvent aucun inconvénient à uriner en pleine rue, au bord des voies, dans les caniveaux destinées à collecter les eaux usées. Autrement dit, ils sont prêts à exposer leur nudité aux passants, à polluer l’environnement, dès qu’ils sont pris par l’envie d’uriner. Plusieurs personnes interrogées ont confié qu’il leur est déjà arrivé, une fois au moins d’uriner dans une rue à Cotonou. Elles déplorent la rareté des toilettes publiques dans la ville pour justifier le choix de la rue pour se soulager. « On le fait parce qu’il n’y a pas tellement de toilettes publiques à Cotonou. Et quand le besoin est pressant, on ne peut se mettre à chercher ces toilettes qu’on n’est pas sûr de trouver aussitôt », fait savoir Gilles Aïkobinou, un étudiant rencontré à Cadjèhoun.
Chadrack Fènu, informaticien, abonde dans le même sens et déclare qu’il manque cruellement de toilettes publiques à Cotonou. Certains avancent qu’ils choisissent d’uriner dans la rue, parce qu’ils ne peuvent pas payer pour accéder aux toilettes publiques, comme privées existant dans leur entourage. « Avec la morosité économique actuelle dans le pays, je ne me vois pas en train de payer pour avoir accès aux toilettes. Il est déjà difficile de manger à sa faim, et on va nous demander de payer pour uriner. Cela ne pourrait se faire tant qu’on pourra uriner gratuitement ailleurs », a déclaré un trentenaire ayant requis l’anonymat.
Lambert Ayitchéhou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou, fait savoir que la mairie, en 2011, a procédé avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), à l’installation de toilettes publiques dans certains quartiers de la ville. Huit modules de quatre latrines et de douches publiques ont été installées dans la phase pilote du projet Promotion des toilettes publiques et reboisement des artères dans la ville de Cotonou, précise-t-il. Si le projet n’a pas connu de suite à ce jour, poursuit-il, c’est parce qu’une enquête faite de la gestion de ces infrastructures a permis de noter que la population n’accompagne pas l’idée. « Les Organisations non gouvernementales choisies par les chefs d’arrondissement pour gérer ces toilettes nous ont fait savoir que l’activité ne leur est pas rentable. D’après leurs déclarations, il est difficile pour eux de faire vider les toilettes et de payer l’individu chargé de garder les lieux ; étant donné que nos concitoyens refusent de payer les frais d’accès aux toilettes, soit 25 francs pour uriner et 50 francs pour les selles. C’est pourquoi les gestionnaires ont dû renoncer aux activités de gestion de ces ouvrages », a-t-il ajouté.
Josiane Hounton, agent au service de l’Assainissement urbain de la Dst de la mairie de Cotonou confie : « Des urinoirs avaient été installés au stade de l’Amitié étant donné que c’est un lieu qui regroupe un nombre important d’individus. On déployait aussi les toilettes mobiles lorsque les organisateurs de diverses cérémonies sur les espaces publics informent la mairie de la tenue des événements. Mais on a cessé de faire tout ça, faute de moyens ». « Les toilettes mobiles que possède la mairie ne sont pas adaptées. Ces genres de toilettes servent à faire les deux besoins. La cuvette est à ciel ouvert, elle n’a pas de protection», explique-t-elle. « Cela étant, en voulant faire ses besoins, une personne est appelée à voir le dépôt de celui qui a utilisé le matériel avant elle. L’usage n’a pas été accepté par la population. Encore qu’il faut quelqu’un pour y mettre les produits à chaque fois et le faire vidanger régulièrement», a signifié Josiane Hounton.
Toutefois, le Dst entend mettre en œuvre de nouveaux projets pour permettre aux quartiers dans le besoin de ces ouvrages d’assainissement, d’en posséder à nouveau, grâce à un partenariat entre la mairie et d’autres structures. Un courrier aurait été envoyé, selon lui, aux différents chefs d’arrondissements pour que ces derniers fassent connaître à la direction des Services techniques, leurs besoins en la matière, de même que les espaces choisis pour recevoir les ouvrages. « Mais en attendant que ces projets ne se concrétisent, nous pensons effectuer une enquête devant permettre d’en savoir davantage sur les toilettes fonctionnelles ou non. Cette approche nous permettra de les réhabiliter », a-t-il assuré.
Concernant la gestion de ces toilettes, un appel à compétence sera lancé pour une meilleure gestion des ouvrages. « Ainsi, les dispositions seront prises pour sanctionner les personnes qui enfreignent à la loi, parce que toute pollution est passible de sanction », a conclu le Dst, Lambert Ayitchéhou?

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