Le site éco-touristique de la forêt classée de Pahou dans la commune de Ouidah constitue un parcours régénérateur. Entretenu par les agents de la direction générale des Eaux, Forêts et Chasses, son utilité a été encore réaffirmée, lundi 22 mai dernier, lors de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité au Bénin.

La diversité des espèces dans la nature contribue à l’équilibre de l’écosystème et favorise la vie. Une randonnée au cœur du site éco-touristique de Pahou dans la commune de Ouidah montre toute l’importance de la biodiversité.
« Nos grands parents et leurs géniteurs tiraient tout de la forêt. Cette culture existe encore de nos jours… », affirme l’adjudant-chef Josué Kpétéré des Eaux, Forêts et Chasses, qui nous introduit dans la forêt classée de Pahou. Pour la randonnée, deux différents circuits sont prévus. Le plus court qui prend une demi-heure environ est réservé aux enfants et aux jeunes, tandis que l’autre plus long que les plus âgés empruntent, prend presque deux heures. C’est à ce périple que les officiels et autres curieux ont été soumis, lundi 22 mai dernier, lors de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité au Bénin. Un site riche en énergie et qui regorge de différentes espèces notamment les arbres de tailles variables et de lianes qui ont besoin de lumière pour opérer la photosynthèse. D’où la nécessaire présence de tranchées utiles tracées à cette fin.
Pour ce qui est de la photosynthèse, elle révèle chez les plantes vertes et certaines bactéries, le processus de fabrication de matière organique à partir de l’eau et du dioxyde de carbone de l’atmosphère, utilisant la lumière solaire comme source d’énergie et qui produit un dégagement d’oxygène (par opposition à la chimiosynthèse).
Sur le parcours, croît l’espèce dénommée antiaristoxitaria. C’est à elle, selon l’adjudant-chef, que les scientifiques ont emprunté la faculté de résistance à l’air dans le cadre de la fabrication des trains à grande vitesse (Tgv) pour affronter les longs voyages. Ce qu’on appelle bio-mimétisme, précise l’adjudant-chef. Il s’agit d’une démarche d’innovation durable qui consiste à transférer et à adapter à l’espèce humaine les solutions déjà élaborées par la nature (flore et faune).
En matière de transfert, les oiseaux sont des ouvriers ou de potentiels acteurs. Ils ingèrent des fruits qu’ils éjectent par leurs fientes, se posant d’arbre en arbre. On assiste au transport de graines ingérées qui éjectées, poussent. Certaines espèces migrent par ce biais d’une région à une autre, d’où leur présence à certains endroits où ils ne sont pas censés se retrouver.

Autres curiosités

De même, il est curieux de voir le palétuvier qui se développe généralement dans un écosystème marin ou salé donc au bord de la mer, en pleine forêt. Ce qui fait dire à l’adjudant-chef que cette espèce « pousse avec des racines aériennes pour s’adapter au nouvel écosystème ». L’autre explication est que par suite d’inondation, la salinité et d’autres phénomènes biologiques ont permis à certaines espèces de pousser ailleurs.
On découvre les ignames sauvages non comestibles qui entourent leurs tubercules de protection. Elles sont utiles sur le plan médicinal, car elles permettent de disposer des corticoïdes utilisés en médecine.
Tout se renouvelle dans la nature, explique notre guide qui évoque les lâchers qui ont été prévus pour aider au repeuplement de certaines espèces qui tendent à disparaître. Des varans ont été lâchés en pleine forêt et d’autres au bord du lac Toho. Sur le parcours, des caméléons ont été aussi lâchés dans la zone où prolifèrent les insectes. Il y avait également des singes.
« La nature n’a pas de prix. La valeur monétaire de la nature en particulier les biens et services qu’elle nous offre, comme l’eau, la nourriture, l’énergie et l’air pur est énorme », soutient Yantibossi Kiansi, directeur de cabinet du ministère en charge du Tourisme, qui a participé à la randonnée. Pour lui, certains estiment cette valeur à plusieurs fois le total du produit intérieur brut mondial.
« Les bienfaits des écosystèmes qui contiennent la diversité biologique sont très largement répandus », révèle le directeur de cabinet, car ils recueillent et conservent l’eau, stabilisent les sols, favorisent la diversité génétique et constituent un puissant facteur de régulation du climat et des gaz à effet de serre.
Des bénéfices que procure l’espace éco-touristique de Pahou et qu’il faut dupliquer, préconise Séverin K. N’Sia, directeur général des Eaux, Forêts et Chasses¦

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