L’usage de l’énergie est exclusivement traditionnel dans la commune de Matéri. La coupe de bois accentue la déforestation et pose un sérieux problème environnemental, reconnaissent les autorités politico-administratives.

« La coupe de bois dans la commune de Matéri devient inquiétante », s’alarme le maire Sorikoua Sambiéni, face aux dégâts de cette activité. Quoique l’exercice des exploitants forestiers semble battre en retraite avec les mesures restrictives du Gouvernement, force est de constater que la coupe de bois par les femmes pour les besoins de la cuisine n’est pas sans incident sur l’écosystème.
L’usage de l’énergie exclusivement traditionnel est réduit à la consommation du bois et du charbon de bois. Ce qui accentue la déforestation et pose un problème environnemental.
L’effet jadis amoindri par un usage purement familial s’est accentué avec le commerce dans lequel se lancent ces femmes en proie à la pauvreté.
Outre la déforestation poussée notée dans les localités de Gouandé, Doga, Tantéga, Tchahoun-Cossi et Dassari, les forêts des villages de Kouforpissiga, Féhoun et de Samahoun subissent ces jours la pression anthropique. Partout dans les villages de la commune, l’activité monte en flèche et l’on constate des points de vente tout au long des voies secondaires. Chaque ménage a son tas de fagots de bois exposé devant la concession. La charrette d’âne est cédée à 5 000 F Cfa, les jours de marché et la taxe d’un montant de 1000 F Cfa imposée par la mairie ne semble pas contraindre les pratiquantes à l’abandon. A défaut d’activités aussi rentables, elles résistent à toute mesure de l’administration communale.
L’essentiel du fourrage consommé par les bovins en saison sèche provenant essentiellement des espèces fourragères ligneuses des forêts et la commune étant à majorité rurale, il est également déploré les effets de l’élevage sur le couvert végétal avec les effectifs de cheptel augmentant régulièrement.
Face aux effets de la coupe, le commandant Robert Missikpodé, chef de l’Inspection forestière de l’Atacora, préconise un usage temporaire ou accessoire et fortement réglementédu bois et du charbon de bois. Seule option possible pour une véritable protection de l’environnement, à son avis.
Les pressions anthropiques sur les forêts sont très fortes au Bénin et on estime que chaque année, environ 50 000 ha de forêts disparaissent du fait de l'agriculture itinérante, d’exploitation forestière et des feux de brousse.

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