En plus d’assurer aux jeunes et aux adultes un accès équitable aux programmes d’apprentissage pour acquérir des connaissances nécessaires dans la vie courante, le Cadre de Dakar portant sur l’Education pour tous (EPT) vise aussi à leur donner la possibilité des savoirs, valeurs, attitudes et compétences techniques. Ces valeurs doivent leur permettre de développer leurs capacités pour non seulement leur propre bien-être mais aussi pour participer à la vie sociale.

Les compétences et connaissances acquises par les jeunes et les adultes sont capitales pour le progrès social.

Le Rapport de suivi de l’Education pour tous (EPT) 2015 de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) parle des compétences transférables comme des compétences et valeurs cruciales pour le progrès social. Ces dernières sont extrascolaires et portent sur quatre types de capacités liés à des éléments d’une éducation visant à promouvoir une citoyenneté mondiale.
La première catégorie de capacités prend en compte la connaissance et la compréhension des questions et des tendances globales spécifiques et la connaissance et le respect de valeurs universelles fondamentales. Il s’agit des notions de paix, de droits de l’Homme, de la diversité, de la justice, de la non-discrimination, de la démocratie, de la tolérance, du respect. La deuxième concerne les capacités cognitives indispensables à la pensée, à la résolution des problèmes et à la prise de décisions critiques, créatrices et innovantes. Quant au troisième type, il renvoie aux capacités non-cognitives telles que l’empathie, l’ouverture aux expériences et à d’autres points de vue, les compétences interpersonnelles et de communication et l’aptitude à travailler en réseau et à interagir avec des gens d’autres horizons. Enfin, le quatrième type est relatif aux capacités comportementales nécessaires pour lancer et participer à des mesures proactives. Selon les experts, cette typologie des capacités est le fruit d’une première tentative rapportée par l’Unesco en 2013.
Une deuxième tentative publiée en 2014 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) étend «la notion de compétences au-delà des seules compétences cognitives ou compétences nécessaires à la subsistance ». Les analyses de l’OCDE l’ont conduit à la conclusion que « les compétences sociales et émotives telles que la persévérance, la sociabilité et la confiance en soi déterminent de nombreux indicateurs du progrès social, notamment les compétences cognitives, la santé et le bien-être.

Les connaissances sur le VIH

Au nombre des compétences définies à Dakar lors du forum sur l’EPT en 2000, figurent les « aptitudes pour un comportement positif et adaptable permettant à des individus de gérer efficacement les exigences et les défis de la vie quotidienne». Ce fut une suggestion de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Celle-ci n’a pas manqué de souligner aussi l’importance des compétences qui permettent aux jeunes de prendre «des décisions éclairées», à communiquer de manière efficace et à adopter un mode de vie sain.
Selon le rapport de l’EPT 2015, à l’occasion de la tenue des travaux du Forum de Dakar en 2000, le Sida constituait une grave menace grandissante pour la communauté internationale. Dès lors, il a été intégré dans les situations d’apprentissage relatives au VIH au niveau des programmes de préparation à la vie active en milieu scolaire. Cette initiative a pour objectif de faire en sorte que, sur la période 2000-2010, « au moins 95% des hommes et des femmes âgés de 15 à 24 ans » disposent de l’information et de l’éducation sur cette maladie. De même, elle vise à donner aux jeunes la possibilité d’accéder aux services nécessaires leur permettant d’acquérir les aptitudes de la vie courante requises pour réduire leur vulnérabilité à l’infection à VIH. Des enquêtes auprès des ménages de 17 pays ayant pour cible les jeunes pour tester leurs connaissances sur les moyens de prévention et sur leur opinion concernant certaines idées fausses ont été effectuées. Elles révèlent qu’il y a une amélioration du niveau de connaissance sur le VIH et le Sida chez les jeunes hommes dans 9 pays et les jeunes femmes dans 13 pays. Ce progrès indique l’ampleur des efforts déployés par ces pays. Mieux, selon les rédacteurs du Rapport, cela montre que ces pays sont ceux ayant une prévalence du VIH plus élevée. Ce qui, selon eux, laisse penser également que les établissements scolaires se sont plus fortement investis dans l’éducation sur le VIH et que l’enseignement des compétences de la vie courante y a joué un grand rôle. Mieux encore, au-delà du VIH, les experts ont noté que les efforts se sont concentrés également sur l’éducation sexuelle complète.

Egalité des genres

Dans ces conditions, l’on met plutôt l’accent sur une sexualité saine.
Genre et corrélation entre éducation et efficacité politique
Sur ce chantier de l’égalité des genres, les attitudes n’ont pas tellement connu d’évolution. Pourtant, en dehors des compétences, l’objectif numéro 3 porte également sur les valeurs et attitudes qui améliorent non seulement la vie de l’individu mais aussi sur la cohésion sociale. Si certains pays affichent une bonne performance en matière de l’égalité des genres, d’autres par contre n’ont pas varié ; dans le premier cas, le Rapport de l’EPT 2015 mentionne l’Ukraine à titre d’exemple. Dans ce pays, le taux des personnes manifestant une attitude positive vis-à-vis de l’égalité des genres a connu un accroissement. Seulement de 64% en 1996, ce taux est passé à 83% en 2011. Par contre, dans d’autres pays, l’attitude à l’égard de l’égalité des genres s’est plutôt dégradée. C’est de cette catégorie que relève le Pakistan dont le taux a considérablement chuté de 77% en 2001 à 48% en 2012.
En outre, une analyse de l’attitude du public indique que les personnes ayant suivi l’enseignement secondaire sont plus favorables à l’accès des femmes à l’enseignement supérieur que celles n’ayant pas eu la chance d’atteindre le niveau du secondaire.
Quant à l’éducation et l’efficacité politique, le Rapport constate l’existence d’une corrélation entre elles. La contribution de l’enseignement secondaire à certaines attitudes et valeurs importantes telles que la tolérance à l’égard de la diversité et le soutien des institutions démocratiques. Les experts relèvent l’influence de l’alphabétisation et du niveau d’éducation atteint sur l’efficacité politique et l’engagement civique. Dans certains pays, les individus ayant au moins achevé l’enseignement secondaire sont plus nombreux à se rendre disponibles pour participer à des activités bénévoles dans leur communauté. « …un niveau de compétence plus élevé et une durée d’études plus longue ont l’un et l’autre des effets positifs indépendants sur la propension des adultes à prendre part au processus politique », concluent les experts¦

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