Les périodes de vacances riment d’ordinaire avec diverses activités génératrices de revenus pour les élèves qui aident leurs parents à préparer la rentrée scolaire. Cette année, peu d’élèves se consacrent à ces jobs de vacances à Cotonou.

Plusieurs activités génératrices de revenu occupent les élèves pendant la période des vacances. Par ces jobs de vacances, les élèves qui s’emploient à ces activités tirent le maximum de leur revenu, de quoi préparer la rentrée scolaire. En dehors de la vente d’objets divers dans les boutiques ou à la sauvette, ils aident aussi les maçons sur des chantiers de construction…
Mais cette année, l’engouement pour ces activités a sensiblement diminué dans la ville de Cotonou. Par le passé, par centaines, on pouvait les remarquer à longueur de journée, ces élèves vendeurs qui prennent d’assaut les bureaux des administrations aux heures de pause, les bars, les carrefours et les feux tricolores, pour proposer différents articles. Cette année, ils sont peu nombreux ces vacanciers qui vendent des bouquins, des CD, des objets d’art ou de décoration ou divers produits destinés à la consommation, notamment ceux venus de la Chine utilisés contre les courbatures, les maux de hanche, la fatigue...
Ce manque d’engouement de jeunes vacanciers pour les jobs de vacances cette année peut s’expliquer par le fait que la période des vacances a été écourtée à cause des mouvements de grève enregistrés courant l'année scolaire passée. Cela peut être aussi lié, selon dame Virginie, propriétaire de boutique de vente de CD à quelques encablures du Hall des arts, au fait que les autorités ont mis fin à la vente à la sauvette dans les feux tricolores. Beaucoup de jeunes vacanciers l’aidaient à vendre des CD et prenaient leur commission. Mais depuis que les forces de sécurité, sur instruction de l’autorité préfectorale, renvoient systématiquement les vendeurs des feux tricolores, il n’y a plus d’affluence, a-t-elle expliqué.

Diverses fortunes

Sur les esplanades intérieure et extérieure du stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou qui grouillent de monde surtout les week-ends, on remarque néanmoins quelques vacanciers, devenus le temps du repos scolaire des vendeurs ambulants.
Michel A., élève en classe de première, rencontré au stade de l’Amitié, quelques ouvrages en main, explique qu’il fait son job de vacances avec plaisir, même si la plupart des clients lui confient que les temps sont durs. « Je fais le job de vacances sans complexe, pour aider mes parents à préparer la rentrée scolaire », a confié Michel A., l’air fatigué. Il indique que la vente de livres l’oblige à parcourir plusieurs endroits : des quartiers de Cotonou, des bars restaurants, des buvettes, les ateliers, quelques services... Depuis environ un mois qu’il a commencé à vendre des livres dont les romans et les livres scolaires, il réussit à faire un bénéfice de 1000 francs Cfa par jour, où parfois 1500 francs. Pour en arriver à ce résultat, il lui faut s’abstenir quelques fois de manger afin de faire assez d’économies. « Je suis venu d’Abomey pour pouvoir travailler pendant ces moments de vacances. Les matins, mon tuteur m’amène prendre les livres et le soir, je le suis pour rentrer à la maison », a détaillé Michel A.
A l’instar de ce dernier, Ulrich A. confie, quant à lui, qu’il est venu pour la même activité, à la différence que c’est ‘’son patron’’ qui l’a fait voyager sur Cotonou et c’est à la fin de son séjour qu’il entrera en possession des bénéfices de ses ventes. Confiant, il affirme qu’il n’y aura pas de difficulté à prendre son argent pour retourner à Abomey où il fréquente. «J’ai fait cette option pour me faire un peu d’argent afin de supporter les charges de ma scolarité. Si je garde l’argent par devers moi, je risque de tout dépenser… », a-t-il affirmé. Outre ces activités diverses, d’autres écoliers par contre ont choisi d’aider leurs parents dans les petits commerces : vente de condiments, des torchons, de pain sucré… comme Guillaume A. et Elysée A. qui s’apprêtent à commencer le collège après l’obtention du Certificat d’études primaires (Cep) cette année.

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