Comme chacun sait, la Coupe du monde est, après les Jeux olympiques, l’évènement sportif international le plus important, qui se tient tous les quatre ans et dont le déroulement ne laisse personne indifférent. Ainsi c’était au tour de la Fédération de Russie d’organiser cette grande fête du sport cette année. A l’heure du bilan et de tous les bilans, il convient d’abord de féliciter les autorités politiques et sportives de la Fédération de Russie pour avoir réussi une parfaite organisation de cette fête du football. En effet, lorsque l’on pense à l’insécurité ambiante qui règne dans le monde du fait des djihadistes et autres terroristes, l’on ne peut que féliciter la Russie d’avoir réussi un sans-faute parfait. L’on ne peut qu’être admiratif devant une organisation apparemment parfaite et irréprochable. Lorsque l’on se réfère au passé récent de ce pays-là que l’on appelait Union soviétique, ce n’est que justice rendue que de féliciter la Fédération de Russie déjà pour avoir réussi de façon magistrale à relever le défi de cette organisation.

Sur le plan proprement dit du ballon rond, je constate avec vous tous que les bookmakers se sont tous trompés.
En effet, tenant compte des classements Fifa (Fédération internationale de football association), ils avaient pronostiqué que le futur champion du monde de 2018 se trouvait entre : l’Allemagne fédérale de Hummels qui se succèderait ainsi à elle-même étant donné qu’elle était l’équipe championne du monde sortante.
L’Espagne de Iniesta, l’équipe qui pétait la forme en Europe ;
ou alors le Brésil de Neymar Junior qui avait une revanche à prendre sur l’édition 2014 de cette Coupe du monde qu’il avait organisée et à laquelle il avait été humilié en demi-finale face à l’Allemagne en subissant une cinglante défaite de 7 buts à 1 devant son public au Maracana Stadium de Rio de Janeiro !!!

Quelles erreurs et quelles horreurs ?!

L’Allemagne championne sortante a été éliminée avant les huitièmes de finale !!!
L’Espagne a connu le même sort au cours des huitièmes de finale. Quant au Brésil cinq fois champion du monde, il a été éliminé en quarts de finale par une solide équipe de Belgique qui montera sur le podium un peu plus tard pour occuper la troisième place et prendre la médaille de bronze. La Belgique, certes, aurait voulu pour cette fois gagner la coupe. Mais elle n’est pas mécontente d’occuper cette troisième place synonyme de sa meilleure prestation toute participation confondue !
L’autre surprise au cours du déroulement de ce championnat mondial, c’est le comportement de l’équipe de football de la Fédération de Russie. En effet, les bookmakers ne vendaient pas très cher sa peau. On lui prévoyait une élimination avant les huitièmes de finale. Mais l’équipe de Russie a tenu bon jusqu’en quarts de finale pour n’être éliminée qu’aux tirs au but face à la révélation du tournoi, c'est-à-dire la courageuse et brillante formation sportive de la ‘’petite’’ Croatie, République des Balkans issue de la désintégration de l’ancienne Yougoslavie.
Oui la révélation du tournoi aura été sans nul doute l’équipe de Croatie avec son maillot rouge et blanc en damiers !  Et ce n’est pas un hasard que le meilleur joueur du tournoi désigné par la FiFa soit Modric, capitaine de l’équipe des Vatreni. La Croatie, comme chacun le sait, a terminé deuxième ; ce qui correspond à la médaille d’argent du championnat mondial. Elle est vice-championne du monde de l’année 2018! Mais je demeure convaincu qu’on entendra parler encore de cette belle équipe de Croatie, dans les années à venir.

Et que dire du champion en titre ?

La France, après vingt ans, vient par sa victoire de 4 bus à 2 contre la Croatie d’accrocher une deuxième étoile à son maillot bleu, rejoignant ainsi l’Uruguay et l’Argentine qui, avant elles avaient deux étoiles sur leurs maillots, synonyme d’un second titre de champion du monde de football. Oui la France avec son armada de stars d’origine africaine, a remporté la 21e Coupe du monde organisée par la Russie 2018.
La France qui ne comptait pas parmi les pays dits favoris est arrivée sur la pointe des pieds. Mais elle s’est renforcée et a affiché ses ambitions au fil des matchs. Avec cette victoire célébrée à cor et à cri dans l’Hexagone et partout où se trouvent des Français, la bande à Didier Deschamps mérite nos félicitations.
Ainsi donc après le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Frantz Beckenbauer, le Français Didier Deschamps devient le troisième footballeur de l’histoire qui, pour l’instant, a remporté la Coupe du monde une fois en qualité de joueur et une seconde fois en qualité de sélectionneur. Bravo donc !
L’autre révélation demeure incontestablement le Français Kilian M’Bappé qui, à 19 ans, est désigné comme le meilleur jeune du tournoi. Il n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire.

Les leçons d’un championnat

Pour nous Africains dont les cinq représentants n’ont pas pu franchir la première étape, c'est-à-dire la phase de poules, il est important de mettre un terme au vedettariat.
En effet, la présence d’une vedette majeure a toujours fait du mal à toutes les équipes dans le cadre du football moderne. Cela a été le cas du Brésil avec Neymar, celui du Portugal avec Cristiano Ronaldo, l’Egypte avec Mohamed Salah, et le Sénégal avec Saadio Mané. L’équipe de France de cette année n’a pas de vedette confirmée. C’est la solidarité sur le terrain qu’il faut ajouter à l’amour de la patrie et au courage pour remporter la Coupe du monde. Ensuite, l’armada de joueurs d’origine africaine se trouvant au sein de l’équipe de France, nous rappelle qu’unis, nous Africains, nous serons toujours forts. Nos poussières d’Etat, comme dirait Jean Ziegler, et nos Etats hérités de la colonisation ne nous mèneront nulle part. L’Afrique doit s’unir ou périr, a dit le président Kwame Nkrumah ! Et ça s’adresse à nos responsables politiques !
Enfin, nous avons vu l’arbitrage électronique. Cela fera couler beaucoup d’encre et de salive, longtemps encore. Mais il va falloir s’y habituer !
Et pour nous Béninois, ce tournoi colle à l’actualité et à l’air du temps. En effet, c’est pendant le tournoi, heureuse coïncidence, que notre jeune ministre des Sports, Oswald Homeky, a visité dans la commune de Ouidah l’espace réservé pour construire un stade de 3000 places et les travaux pour cette constriction démarrent dans quelques jours ; et au même moment, selon le Pag (Programme d’action du gouvernement), vingt-et-une autres communes auront simultanément droit à ce type de stade !
Le gouvernement est donc au travail. Il appartient à présent à la jeunesse de notre pays de jouer pleinement sa partition. Je peux donc crier : vive le sport, pourvoyeur d’emplois pour la jeunesse ! Vive le sport promoteur d’un esprit sain dans un corps sain (men sanis in corpore sano)! Dans le domaine de la diplomatie du sport, je peux dire également, vive le sport ambassadeur populaire ! En effet, aujourd’hui grâce au sport , et à son équipe de football, le monde entier connaît ce petit pays de quatre millions d’habitants qu’est la Croatie.
Vive la coupe du monde et rendez-vous au Qatar pour 2022 !?

Par Albert KIKI*

*Ministre plénipotentiaire
à la retraite

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