Après la délibération effectuée à Porto-Novo, l’heure était à la proclamation des résultats d’admissibilité à l’examen du Bepc, session de juillet 2018, samedi 4 août dernier dans les directions départementales des enseignements secondaires. Dans l’Alibori et le Borgou, c’est la soupe à la grimace. Sur le plan national, ces deux départements occupent respectivement l’avant-dernière et la dernière place du classement.

Pour les candidats à l’examen du Bepc, session de juillet 2018, de l’Alibori et du Borgou, les nouvelles ne sont pas du tout bonnes. Sur 6 834 qu’ils étaient à être inscrits dans l’Alibori, seulement 1 334 ont été déclarés admissibles. Soit un taux de 20,69 % qui confine le département à la 11e et avant-dernière place du classement sur le plan national. 

Le Borgou, quant à lui, tient la lanterne rouge avec 3 171 admissibles sur un total de 16 882 inscrits, soit un taux d’admissibilité de 20 %. Du 6e rang auquel il s’est retrouvé, l’année dernière, le département a donc pris la 12e et dernière place cette année.
Plus d’échecs que de réussites constatés dans ces deux départements où c’est la consternation dans les rangs des différents acteurs de l’éducation.
Pour le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle du Borgou, Ayouba Garba, ces résultats sont catastrophiques. Comme Napoléon à Waterloo, c’est avec une tristesse incommensurable, une déception sans commune mesure, une amertume et une douleur sans borne, qu’il s’est adressé à l’assistance rassemblée, samedi 4 août dernier dans l’enceinte de sa direction, pour la proclamation des résultats sur le plan départemental.
Selon lui, les raisons de cette débâcle sont multiples. La cause essentielle, a-t-il souligné, demeure la grève perlée. Au lieu de céder au désespoir, il invite plutôt les acteurs à une prise de conscience. « Il faut que chacun de nous fasse sans complaisance un examen de conscience face à ses responsabilités passées, actuelles et futures, pour tirer des leçons en faveur de la renaissance du système éducatif dans le Borgou », a conseillé le directeur Ayouba Garba.
Selon son homologue de l’Alibori, Amadou Tomon, les causes de ces rendements sont connues et les divers acteurs en sont conscients. Cette année, a-t-il rappelé, a été sauvée de justesse. « Il y a moins de trois mois, personne ne pouvait prédire la couleur qu’allait prendre l’année», explique-t-il. Son département, poursuit-il, souffre d’un déficit criard d’enseignants.
Selon le secrétaire général adjoint du Syndicat national des enseignants et personnels administratifs de l’Alibori, Serges Suanon, cet échec massif est la résultante des nombreuses perturbations que l’année a connues. Le porte-parole du Front d’actions des syndicats de l’Education dans le Borgou, Maurice Fadégnon, abondera également dans le même sens. « Les trois mois de grève perlée ont eu un impact négatif sur ces résultats », a-t-il admis. Entre autres raisons de cette contre-performance, il évoque les Travaux dirigés qui ont été supprimés, sans oublier le nombre de professeurs qualifiés qui laisse à désirer dans le système éducatif, ainsi que le manque de suivi au niveau des parents d’élèves. Pour Maurice Fadégnon, aucun enseignant du Borgou ne peut se réjouir de ces résultats. Aussi invite-t-il ses collègues à assumer convenablement la mission qui leur a été assignée.
Toutefois, la grève à elle seule ne saurait justifier ces taux de réussite, dans la mesure où les établissements privés n’avaient pas été concernés et ont vaqué normalement. Encore que dans les départements de l’Alibori et du Borgou, ils ne sont pas si nombreux.

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