La levée de motion de grève prononcée par quelques organisations syndicales n’a pas produit un grand effet quant au retour des enseignants grévistes dans les salles de classe. C’est du moins le constat effectué dans l’après-midi de ce mardi dans quelques établissements scolaires du primaire et du secondaire de Lokossa.

A l’Ecole primaire publique Zongo II de Lokossa, ce mardi 10 avril, quelques écoliers sarclaient la devanture de leur salle de classe, sous la supervision de deux instituteurs. « Quand les pluies commencent, les herbes envahissent notre école et nous sommes obligés de solliciter les apprenants pour les déblayer », justifie Ida Davo-Bossou, la directrice de l’établissement. Elle ajoutera que les écoliers avaient au préalable exécuté les activités pédagogiques de la soirée avant d’être conviés aux travaux de nettoyage. La directrice de l’école animait, quant à elle, une classe de Cm 2 et le reste de ses collaborateurs présents étaient, eux aussi, occupés dans leurs salles de classe. « Au temps fort de la grève, nous étions deux enseignants à animer l’école. Mais depuis la semaine dernière, trois autres collègues nous ont rejoints en portant l’effectif des enseignants effectivement présents à cinq sur six », détaille Ida Davo-Bossou. 

« Pour reconstituer l’effectif des apprenants, indique-t-elle, nous-mêmes instituteurs, nous nous chargeons d’envoyer des messages aux parents d’écoliers. » Mais le gros obstacle à cette approche, mentionne-t-elle, reste l’attitude de certains parents d’élèves qui, bien qu’étant des enseignants, refusent à leurs progénitures de retourner dans les salles de classe tant que les grèves n’auront pas définitivement pris fin. « Une dizaine de ces cas sont enregistrés à l’Ecole primaire publique Zongo II », signale Ida Davo-Bossou.
Dans le sous-secteur de l’enseignement secondaire, on observe également un timide retour de quelques enseignants permanents. « Au Ceg 1 Lokossa, huit enseignants permanents ont repris les activités, depuis lundi dernier, sur une quarantaine de permanents attendus », indique Maurice Viho, le censeur de l’établissement. Mais ces retours, explique-t-il, se justifient plutôt par l’usure de la grève que par la levée partielle des motions. Car, nombreux sont, selon lui, les grévistes qui cherchaient un prétexte pour revenir dans les classes. « L’enseignant est à l’image d’un footballeur professionnel. Il a parfois soif du contact avec son monde après un long moment de cessation d’activités », souligne le censeur.
En revanche, dans son établissement qui a le plus gros effectif d’apprenants à Lokossa, se développe un autre phénomène. « Les élèves fuient les cours », se plaint-il pour dire que les trois mois de grève leur ont donné le goût de la paresse. A titre illustratif, indique-t-il, la cinquantaine d’élèves de la Terminale A2 ont du mal à se regrouper entièrement pour les cours depuis le déclenchement des grèves alors que leurs enseignants sont presque tous des vacataires. « Seulement une douzaine d’apprenants répondent à l’appel », se désole Maurice Viho.
L’ambiance est pareille au Ceg2 Lokossa où, en dehors de quelques rares classes qui s’animaient grâce à la présence de certains vacataires, l’école avait l’air endormie, comme pendant les congés. Presque tous les responsables de l’établissement étaient annoncés être en mission. Des apprenants sans la tenue kaki réglémentaire occupaient quelques salles.
Quelques enseignants ont également effectué leur retour au Lycée de jeunes filles de Lokossa et dans des collèges de la commune d’Athiémé. L’effectivité de la reprise des cours ne peut être constatée qu’après le retour des congés de Pâques qui commencent vendredi 13 avril prochain.

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